Le commerce de la location de robes de mariage et de tenues
de fête progresse rapidement et s’étend au fur à mesure que
cette nouvelle tendance s’impose comme une nécessité
économique absolue après avoir été la représentation
festive d’un simple effet de mode.
Elles sont de plus en plus nom
breuses, en effet, ces invitées
d’un jour pour célébrer
l’union d’amis ou de proches, à
opter volontiers pour la formule de
location d’une ou plusieurs robes
de soirée, tandis que la mariée ellemême
défilera, le plus souvent,
avec des robes fraîchement louées
y compris la fameuse et si convoitée
robe blanche. « Le côté pratique
et économique de la chose n’est pas
à démontrer tant il est superflu de
s’encombrer de tenues que l’on utilise
que rarement et, surtout, parce
que le prix de la location est souvent
sans commune mesure avec ce
que doit débourser celui ou celle qui
choisit d’acheter ces indispensables
tenues d’apparat », commente
Achour, 27 ans, nouvellement versé
dans ce genre de business et content
de l’être.
Fériel, qui se prépare à marier son
petit dernier, approuve et confirme :
« contrairement à ce qui a toujours
prévalu lorsque seule la robe blanche
était éventuellement louée, toutes
sortes de boutiques exposent à
la location toutes les tenues de parade
possibles et imaginables, sans
oublier les bijoux et autres accessoires
de fête ».
Les prix ? Cela varie d’une ville à
l’autre, d’un quartier à l’autre, d’un
commerçant à l’autre mais aussi
selon la qualité du tissu et de la
confection, ainsi que l’origine et la
nature (traditionnelle ou moderne)
de la marchandise, mais les tarifs
demeurent « raisonnables » surtout
lorsqu’ils sont comparés à la redoutable
perspective de devoir acheter
ces accessoires, de l’avis d’une majorité
de consommateurs.
TOUT POUR LE PLAISIR
DE L’HEUREUSE ÉLUE
Fatima, une ménagère approchée
dans un des magasins spécialisés
dans la location de robes de mariage à El Biar, sur les hauteurs d’Alger,
pense cependant que ces tenues,
même louées, reviennent
cher quand on sait que toute mariée
digne de ce statut « se doit,
pour être dans la tradition, de
parader avec une multitude de
robes et tout ce qui va avec ».
« Et puis il n’y a pas que les vêtements
dans une fête, il y a une foule
d’autres besoins qui demande
du temps, de l’effort et de l’argent.
Les anciens n’ont-ils pas averti
qu’une cérémonie de mariage ne
dure qu’un jour mais sa préparation
prend toute une année », soupire
Fatima. Sur ce, elle avoue avoir
réalisé de « sacrées économies » en
louant cinq robes de soirée pour
les besoins de sa fille aînée, qui doit
convoler en justes noces cet été,
au tarif de 60.000 DA au lieu de
40.000 DA/pièce au minimum, s’il
fallait les acquérir.
Les formalités de location sont
plutôt simples et Amal, commerçante
ayant pignon sur rue... Larbi
Ben M’hidi (Alger) et nouvellement
engagée dans ce créneau
porteur, s’en félicite et se prête
volontiers au jeu : contre présentation
d’une pièce d’identité, soit
on verse une avance en attendant
de prendre possession de tel ou
tel objet de son choix, soit on règle
la totalité de la somme due si
l’on préfère emporter immédiatement
la tenue de ses rêves.
Le « règlement » n’omet cependant
pas de prévoir de véritables pénalités,
financières s’entend, en cas de
non-restitution de la marchandise
dans les délais prévus, généralement
24 à 48 heures, le temps de
la fête. Assia, jeune fonctionnaire
toujours dans l’attente du « prince
charmant », regrette seulement que
la mariée, en procédant à la location
de ses parures nuptiales, ne
puisse plus garder, comme jadis,
des souvenirs importants du plus
beau jour de sa vie. « La robe de
mariée et les autres effets de la nuit
de noces ne font plus partie de l’arsenal
vestimentaire que les femmes
gardent en souvenir toute
leur vie. Ce n’est pas normal et
c’est bien dommage. Personnellement,
je préfèrerais me confectionner
une seule robe au lieu d’en
louer trois ou quatre », dit-elle avec
dans les yeux une lueur d’amertume
mêlée d’espoir.
ET LA LIMOUSINE ENTRE
EN SCÈNE
En attendant, la recherche de
l’originalité à tout prix gagne les cortèges
nuptiaux avec des voitures
de plus en plus cossues entraînées
des fois par... une limousine dont
la location dépasse allègrement les
40.000 DA pour un seul parcours.
Là aussi, un commerce, celui de
la location de véhicules de luxe,
s’organise et prend de l’ampleur
dès lors que malgré la cherté de la
prestation, la demande ne manque
pas, à en croire certains agents versés
dans ce commerce, qui se nourrit,
selon les psychologues, du « snobisme
ambiant » puisqu’il toucherait
aussi les bas revenus.
« Beaucoup de nos clients n’ont
pas, dans l’absolu, les moyens de
se payer une Limousine pour conduire
leur cortège mais le font
quand même, souvent par snobisme,
parfois par amour authentique
pour la fille ou le garçon qui s’en
va pour une nouvelle vie », confirme
F. Talbi, propriétaire d’une agence
de location de voitures de luxe
à Hydra, sur les hauteurs d’Alger.
Avant de négocier le prix de location
de la Limousine qui l’emmènera
dans son nouveau foyer, Chahinez
l’apostrophe par ces mots : « je
sais bien que c’est du gaspillage
d’argent dont on a si besoin en ces
circonstances, mais on ne se marie
qu’une une fois et on veut en garder
le meilleur souvenir possible... »
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Source : El-annabi.com