Alger a retrouvé son calme hier,
après quatre jours d’émeutes
et d’affrontements dans plusieurs
quartiers populaires.
Depuis la nuit de samedi, mis à part
quelques incidents mineurs signalés
au niveau de Bab El Oued, le grand
Alger a retrouvé sa « sérénité ».
Les gens ont vaqué normalement
à leurs occupations et les écoliers ont
repris le chemin de l’école.
L’autoroute qui d’habitude était caractérisée
par des bouchons interminables
les débuts de semaine, était
hier très fluide. Les habitants de la capitale
n’ont trouvé aucune difficulté
pour se rendre à l’Est ou à l’Ouest,
malgré les différents barrages fixes
installés sur l’autoroute.
Il faut savoir par ailleurs que depuis
samedi dernier des comités de
vigilance ont été mis en place par les
habitants de plusieurs quartiers pour
« chasser » les casseurs.
C’est le cas notamment à Bordj El
Bahri, Ain Taya, Bordj El Kifan, Chérraga, Bab El Oued et Hydra. A Bordj
El Bahri, à titre d’exemple, ce sont les
citoyens qui ont assuré la sécurité des
édifices publics, y compris le commissariat.
Les quelques jeunes qui voulaient
obstruer les routes et planter le
décor pour déclencher des émeutes
ont vite rebroussé chemin face à l’intransigeance
des habitants des quartiers.
Une source sécuritaire nous a affirmé
hier qu’aucun incident notable
n’a été enregistré hier dans la capitale.
La même source a souligné que la
police et la gendarmerie ont travaillé
dans une parfaite coordination pour
faire face aux événements.
C’est ainsi que dans les zones urbaines
qui relèvent initialement des
prérogatives de la police, les gendarmes
sont intervenus plusieurs fois.
C’est le cas notamment à Bab
Ezzouar, devant l’hôtel Mercure, à
Réghaia, Rouïba, Baraki, la cité Faizi
et Dar El Beida. Dans ces quartiers
les unités de la police et de gendarmerie
sont intervenues côte à côte
pour faire face aux émeutiers.
Il faut noter par ailleurs que les marchandises
subtilisées lors des « casses
» opérées dans les magasins et
dépôts ces trois derniers jours dans
l’Algérois sont revendus sur le marché
à des prix dérisoires.
A Baraki, au sud-ouest d’Alger, le
bidon d’huile de 5 litres volé est revendu
entre 40 et 50 DA, avons-nous
appris d’une source dans cette région.
Aux Issers dans la wilaya de Boumerdès
des téléviseurs Plasma, des
climatiseurs, des ordinateurs portables
d’une marque connue sont cédés
entre 7000 et 10 000 DA alors
que les prix de certains produits dépassent
les 100 000 DA dans les
magasins. Par ailleurs, il faut signaler
que les produits alimentaires de base,
tels que la semoule, le sucre, le lait et
la farine, sont devenus rares à Alger.
En plus des routes qui étaient fermées
à la circulation empêchant
l’acheminement des produits alimentaires,
les commerçants attendent
semble-t-il l’application des
nouvelles mesures décidées par le
gouvernement pour s’approvisionner
à moindre coût.
Z. Mehdaoui
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Source : Le Quotidien d'Oran