La mise en place d’une zone
maghrébine de libre-échange cafouille.
Beaucoup plus sur des questions
politiques que techniques.
A la réunion, début décembre
à Alger, des ministres maghrébins
du Commerce, le
SG de l’UMA Lahbib Benyahia a
bien voulu faire accélérer le processus,
en mettant cependant l’Algérie
dans l’embarras, sinon devant
le fait accompli en annonçant la
mise en place de cette ZLEM dès le
début de 2011. Pour autant, beaucoup
de points restent encore en
suspens pour le démarrage de ce
projet. « On imagine mal comment
une zone de libre-échange peut
fonctionner sans mécanismes propres,
comme une banque commune,
un code douanier spécifique
aux échanges des pays de la région
», estiment des économistes.
Pour le moment, la zone de libreéchange
maghrébine bloque sur
plusieurs points, et que la prochaine
session des ministres du Commerce
devrait plus ou moins résoudre,
à défaut de les lever. Mais « les
pays de l’UMA ont-ils mis la charrue
devant les boeufs », s’interrogent
les mêmes milieux spécialisés. En
fait, la Banque maghrébine d’investissements
et de commerce extérieur
(BMICE), qui devait être opérationnelle
en 2010, n’a pas elle
aussi encore vu le jour. Et pourtant,
c’était au mois d’avril dernier à Alger
que l’annonce de sa mise en
place, avant la fin de l’année 2010,
avait été faite. C’est le ministre algérien
des Finances Karim Djoudi
qui avait annoncé, lors des travaux
de la 7ème session du Conseil maghrébin
des ministres des Finances
tenue à Alger, que la BMICE sera
opérationnelle durant l’année
2010. Et, apparemment, tous les
obstacles qui se dressaient devant
sa mise en place n’ont pas été levés.
Plus concrètement, 500 millions
de dollars ont été affectés à la
création de cette Banque, une dotation
budgétaire équitablement
répartie entre les cinq pays membres
de l’UMA, dont 150 millions
de dollars représentant un capital
libéré et 25% du capital de la Banque
devront être libérés la veille de
la tenue de l’assemblée constitutive
de la Banque. Son siège sera établi à Tunis. Mais, si un certain
nombre de questions techniques
ont été réglées, comme la répartition
équitable des financements
pour le fonctionnement de la Banque,
la définition des mécanismes
internes et externes de contrôle,
l’aboutissement à un accord sur le
principe d’alternance (rotation)
sur les postes de directeur général
et de président, la définition
de la politique d’investissement
propre à la Banque et l’étude de
la faisabilité et de la rentabilité des
projets prioritaires, les questions
de fonds restent en suspens. Notamment,
celle politique et celle-là
dévolue aux Chefs d’Etat de faire
démarrer la BMICE.
UNION DOUANIÈRE,
ÊTRE OU NE PAS ÊTRE
L’autre motif de contrariété pour
la mise en place de cette zone de
libre-échange est l’absence de mécanismes
douaniers propres aux
cinq pays de l’UMA. En fait, c’est
tout le projet de Conseil maghrébin
de coopération douanière qui
somnole. La relance de ce projet
bute également sur plusieurs obstacles,
pas encore levés, malgré les
bonnes intentions affichées lors de
la réunion d’avril dernier à Rabat
des patrons des Douanes des pays
maghrébins. La machine maghrébine
est, là encore, en panne et
patine sur un tas de PV de réunions
d’officiels maghrébins qui donnent
l’impression que tout « marche
bien ». Sauf que la création de
l’Union douanière maghrébine, en
prélude à la mise en place d’une
zone de libre-échange, reste dans
les cartons ou à l’état de simples
projets. En attendant des jours
meilleurs pour l’Union du Maghreb
Arabe, seul regroupement politique
régional dans le monde qui n’a
pas encore sa zone de libre-échange.
Les politiques d’aujourd’hui
ont-ils à ce point oublié que les
médinas maghrébines de Marrakech,
Fès à Tlemcen, Alger, Constantine,
Tunis ou Tripoli, étaient
réputées dans le moyen-âge européen
pour avoir été des villes de
lumière et de grand négoce ?
Yazid Alilat
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Source : Le Quotidien d'Oran