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A l’initiative de Mechaâl Echahid, un hommage lui a été rendu hier à Alger

Algérie : La réhabilitation officielle de Ferhat Abbas revendiquée

26 décembre 2010

Un appel solennel est lancé à l’Etat algérien afin de réhabiliter par un discours officiel la mémoire du défunt Ferhat Abbas, premier président du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), en donnant son nom à un édifice prestigieux à Alger.

Les participants à l’hommage rendu hier à Ferhat Abbas au centre de presse du journal El Moudjahid, en commémoration du 25 anniversaire de son décès, ont été unanimes à regretter le sort réservé à ce grand homme après l’indépendance de l’Algérie à laquelle il a tout donné. Une assistance nombreuse, parmi laquelle les membres de la famille du défunt, des universitaires et quelques personnalités politiques telles que Benbitour Ahmed et Boudjemaâ Haïchour, a assisté à cet hommage organisé à l’initiative de l’association Mechaâl Echahid.

Toutefois, des personnalités historiques nationales conviées à cet hommage ont préféré ne pas y assister. C’est le cas de MM. Abdelhamid Mehri, de Réda Malek et d’Abderrahmane Chibane qui se sont excusés de ne pouvoir y participer, « chacun pour des raisons qui lui sont propres », a expliqué M. Abbad, président de Mechaâl Echahid. Premier à intervenir, l’universitaire Ammar Belkhodja a retracé le parcours militant de Ferhat Abbas depuis les années 1930 jusqu’à la période postindépendance où il tomba en disgrâce et fut interné au Sahara à deux fois.

M. Belkhodja a mis l’accent sur « l’ouverture d’esprit » du défunt, qui a su et pu, a-t-il dit, « mobiliser plusieurs intellectuels français et les convaincre de rallier la cause du peuple algérien ». Il a cité entre autres personnalités françaises, « Francis Jeanson qui a adhéré aux Amis du Manifeste en 1949 et le philosophe Jean-Paul Sartre ».

De son côté, l’universitaire et chercheur en histoire de la révolution algérienne et du mouvement national, Mohamed Corso, est revenu longuement sur la polémique qui a opposé Ferhat Abbas au cheikh Abdelhamid Benbadis suite à la publication de Abbas de son célèbre article « La France c’est moi », en 1936. Le Pr Corso a mis l’accent sur le débat entre les deux hommes qui fut un débat d’idées, mais n’a pas influé sur les bonnes relations entre les deux hommes. « Malgré leurs différences politiques et idéologiques et en dépit de la polémique qui avait éclaté entre les deux hommes, Ferhat Abbas et cheikh Benbadis étaient très proches », a dit M. Corso, regrettant que cette politique soit « travestie et dénaturée » par certain milieux du mouvement national qui ont continué à la reprocher à Ferhat Abbas même après l’indépendance du pays.

Pour illustrer les « liens étroits » qu’entretenaient Benbadis et Ferhat Abbas, le Pr Corso a rappelé que celui-ci avait accompagné Benbadis lors de son déplacement à Paris après le Congrès musulman de 1937. Le chercheur a souligné, en outre, l’attachement de Ferhat Abbas à la culture et à l’identité algérienne, contrairement à ce qui a pu être dit parfois, ajoutant qu’ »il était un fervent défenseur de l’islam ». En outre, M. Corso a révélé que « Ferhat Abbas n’a jamais été français », se référant à des fiches de la police française qu’il a lui-même consultées en 1979.

Toutefois, regrette M. Corso, « la réponse de Benbadis à Abbas a habité nos plumes jusqu’à aujourd’hui », appelant au passage « à comprendre le vrai message de cette lettre ainsi que celle de Ferhat Abbas ». De son côté, l’écrivaine Leila Benmansour, qui a coordonné le livre post mortem de Ferhat Abbas, Demain se lèvera le jour, publié récemment, a axé son intervention sur le combat de Ferhat Abbas pour la liberté et le progrès. « L’essentiel de la lutte de Ferhat Abbas était canalisé sur l’éducation et l’instruction des masses qui étaient au cœur de sa réflexion », a-t-elle dit, expliquant que « sa pensée était structurée autour de trois volets indissociables, à savoir l’éducation des masses, l’instruction scientifique et la défense du respect et de la liberté ». Mme Benmansour n’a pas été tendre à l’égard de ceux qui ont persécuté Ferhat Abbas. « Un si grand et si généreux personnage a subi l’insupportable à la libération de son pays », a-t-elle regretté, accusant « les ennemis de la liberté et du progrès qui ont enterré son histoire ».

« Nous espérons de l’Etat qu’il corrige l’histoire par un discours officiel ainsi qu’en baptisant du nom de Ferhat Abbas un édifice prestigieux à la capitale », a conclu Mme Benmansour. Le fils du défunt Hakim et son neveu Nassim ont assuré être restés fidèles à la mémoire de leur ascendant, soulignant que Ferhat Abbas « cherchait simplement à éclairer son peuple ».

H. Mouhou

Tags: Algérie FLN

Source : Le Jeune Independant

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