Le rétablissement de la sécurité constitue
la réalisation fondamentale du pays
durant la dernière décennie, a affirmé
hier M. Ahmed Ouyahia devant les membres
du Conseil de la nation.
Lors de la présentation
de la déclaration de politique générale du
gouvernement, le Premier ministre a déclaré
que « le rétablissement de la sécurité et l’instauration
de la concorde civile, puis de la réconciliation
nationale, constituent les réalisations
fondamentales de notre pays durant cette
décennie ». Il a souligné que « le terrorisme
a été vaincu grâce à l’engagement exemplaire
de l’Armée nationale populaire, des forces de
sécurité et des citoyens volontaires », un engagement
qui, a-t-il dit, a été « conforté par le
choix du peuple pour la paix et la réconciliation
nationale que le gouvernement s’est attelé
à mettre en oeuvre fidèlement ». Le Premier
ministre a réitéré, dans ce cadre, « la solidarité
et l’engagement » du gouvernement avec les
familles des victimes du terrorisme, ajoutant
que « la République assumera toujours son
devoir de reconnaissance et de soutien » à leur
égard. M. Ouyahia a, également, souligné que
le terrorisme « fait désormais l’objet d’une condamnation
unanime dans notre pays », tout en
appelant la population à la vigilance et ceux
qui persistent dans le terrorisme à « renoncer à
la violence contre leur peuple et leur pays et à
bénéficier de la clémence de la République ».
Abordant la question de la criminalité,
Ouyahia dira que le doublement des effectifs
de la Police et de la Gendarmerie
nationale et la densification de leur déploiement
complémentaire à travers le
pays « ont permis de faire reculer la criminalité
de plus de 30% en quatre années ».
Le Premier ministre a mis en exergue la
réforme de la justice, avec comme objectifs le
renforcement de la protection des droits et libertés
et le raffermissement de la protection
du patrimoine public et de l’intérêt général,
citant, dans ce contexte, un accroissement du
nombre des magistrats et une nette amélioration
de leur formation. « Ce sont là, a-t-il dit,
des atouts majeurs que le pouvoir politique a
mobilisés à travers la Directive présidentielle
n° 3 de décembre, pour l’intensification de la
prévention et de la lutte contre la corruption ».
Il a relevé, à ce propos, que cette directive,
ainsi que les confortements législatifs profonds
qui l’ont suivie, mais, aussi et surtout, les dossiers présentés au juge par la police judiciaire
pour présomption de corruption ou d’atteinte
au patrimoine public « ont retenu l’attention de
l’opinion ces derniers temps et même fait l’objet
de quelques tentatives de récupération politicienne
». Sur un autre registre, le Premier
ministre a déclaré que « notre croissance économique
hors hydrocarbures a été substantielle
et constante tout au long de ces dernières années.
Mais elle demeure fragile, car elle est
alimentée par une forte dépense publique d’investissement
qui ne sera pas toujours récurrente.
Dès lors, nous devons tout faire pour
démultiplier la participation de l’activité économique
à une croissance solide et continue »,
a-t-il affirmé devant le Conseil de la nation lors
de la présentation de la Déclaration de politique
générale du gouvernement.
Il a rappelé, dans ce contexte, que l’Etat a
consenti beaucoup d’efforts pour tirer la croissance
économique hors hydrocarbures vers le
haut, soutenant toutefois que l’Algérie « ne peut
pas continuer à investir 3.000 à 4.000 milliards
de dinars » dans des programmes d’investissements
publics pluriannuels. Il a fait remarquer
dans le même sens que cette dépense publique
et l’augmentation des revenus qu’elle a
générée « ont été fortement partagées avec les
économies du reste du monde ». Le Premier
ministre en veut pour preuve « le poids des importations
de biens et de services qui avaient
atteint près de 50 milliards de dollars en 2008 ».
Il a mis l’accent, à ce titre, sur l’importance
de tout faire pour « recycler davantage localement
l’importante dépense publique d’investissement
», en créant des emplois et des
salaires, mais aussi « procurer au Trésor plus
de recettes pour que l’Etat puisse soutenir le
poids de ses dépenses ».
L’économie nationale, a encore déclaré
Ouyahia, constitue une « source de souveraineté
» et sa protection est un « devoir collectif »
et non pas une simple question de lois. « C’est
une bataille d’arrière-garde que nous sommes
en train de mener », a qualifié le Premier ministre
les procédures visant la protection de
l’économie algérienne, en assurant que cette
« bataille » était menée dans la plupart des pays
du monde, même les plus industrialisés.
M. Ouyahia a également assuré que même
des accords comme ceux de la Zone arabe de
libre échange, d’association avec l’Union européenne
ou l’adhésion attendue à l’OMC « n’ont
pour objectif que la défense des capacités de
production nationale ».
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Source : Le Quotidien d'Oran