Le Premier ministre présentera
aujourd’hui la déclaration de politique
générale du gouvernement devant
les membres du Conseil de la nation
en séances plénières.
Ahmed Ouyahia se conformera
ainsi à l’article 84 de
la Constitution qui stipule
que « le gouvernement peut
également présenter au Conseil
de la nation une déclaration de
politique générale du gouvernement
». Le Premier ministre
dressera un bilan de dix-huit
mois (janvier 2009 à juin
2010) et présentera les grands
axes du programme du chef de
l’Etat. La déclaration de politique
générale du gouvernement
avait été déjà approuvée,
fin octobre dernier, par la
chambre basse du Parlement.
Le Premier ministre avait été
alors interpellé par 193 députés
sur de nombreuses questions
ayant trait notamment à la corruption,
aux retards dans la réalisation
des projets et les surcoûts
qui en découlent, le métro d’Alger,
l’affaire Djezzy et bien
d’autres sujets d’actualité économique
et sociale. Le plan d’action
du gouvernement est articulé
autour de deux données
majeures : stabilité politique et
restauration des grands équilibres
macro-économiques et financiers.
La déclaration de politique
générale évoque « l’amélioration
de l’environnement du
citoyen et du développement à
travers la lutte contre le terrorisme,
l’amélioration de la sécurité
publique, le renfoncement de la
transparence dans le champ économique,
la réforme de la justice,
l’amélioration du service public
et du développement local
et la sauvegarde de l’environnement
». Le bilan évoque également
l’éducation nationale, la
santé publique et les transports.
Un autre volet concerne le « renforcement
des infrastructures de
base et la poursuite du développement
économique ».
Le Premier ministre a promis
aux députés de mettre le cap désormais
sur la diversification de
l’économie. Selon le rapport de
conjoncture pour l’année 2009
et le premier semestre 2010, la
part des secteurs hors hydrocarbures
dans la croissance a atteint
son plus haut niveau de la décennie
en 2009. Une grosse inquiétude
toutefois : l’inflation est
de retour. Elle a atteint son plus
haut niveau de la décennie en
2009. Le rapport du Premier
ministre admet un retour de l’inflation
qui, après avoir été maîtrisée
autour des 3,5 % ces dernières
années, a atteint le seuil
de 5,7% en 2009.
Apportant de facto un soutien
aux politiques publiques qui essayent
de contenir l’explosion
des importations, le rapport du
gouvernement met en cause
l’absence de garde-fous dans le
domaine commercial. La dépendance
de l’économie algérienne
à l’égard des hydrocarbures et des importations est montrée du
doigt par les députés comme
« une carence durable ». Le produit
intérieur brut (PIB) a été de
l’ordre de 10 017,5 milliards de
dinars en 2009, en léger recul
(0,6%) par rapport à 2007. Selon
le rapport du Premier ministre,
les secteurs hors hydrocarbures
ont représenté 9,3% dans le
PIB en 2009, soit la « meilleure
performance de la décennie ».
L’agriculture y participe pour
20%, les services pour, 8,8%,
l’habitat et les travaux publics
pour 8,7%. Le tout dans un contexte
marqué par une amélioration
de l’activité industrielle et
« un recul du taux de chômage à
10,2% ». La situation financière
de l’Etat demeure solide et permet
la poursuite de la politique
publique d’investissement. Le
Fonds de régulation des recettes
(FRR) est passé à 4 316,5 milliards
de dinars en 2009. Les dépenses
publiques ont atteint un
taux record de 13% du produit
intérieur en 2009. L’équivalent
de 36 mois d’importation des
besoins en produits et services.
La dette extérieure à moyen et
long terme, se situe, quant à elle,
à 3,92 milliards de dollars.
Les IDE ont baissé à 2,54 milliards
de dollars en 2009. A fin
juin 2010, les réserves de changes
de l’Algérie se sont établies
à 146,229 milliards de dollars.
La dette extérieure équivaut à 4
milliards de dollars. Les crédits
à l’économie ont atteint 208,56
milliards de dinars, soit une
hausse de 9,35% par rapport au
premier semestre 2009. Le secteur
public a bénéficié de la majorité
des crédits accordés avec
55,71% contre 44, 29 % pour le
secteur privé. On enregistre une
plus grande participation des
banques privées dans les prêts.
Sur le plan sécuritaire, le rapport
du Premier ministre indique
que « la menace terroriste a fortement
régressé mais la vigilance est
toujours requise ». Toutefois, le
gouvernement réitère que « la
main de l’Etat demeure tendue à
tous les égarés ». Il est réaffirmé,
en outre, que « la lutte contre les
derniers résidus du terrorisme
sera poursuivie avec la même détermination
et aboutira à la disparition
totale de ce fléau ».
Par ailleurs, il est à signaler que
la présentation de la politique générale
du gouvernement sera
suivie, le 23 décembre, par les
questions orales. Ces questions
porteront sur les secteurs de l’industrie,
la justice, la solidarité nationale,
la santé et les affaires religieuses.
Deux projets de loi seront
également présentés et débattus
les 27et 28 décembre. Le
premier portera sur les espaces
protégés et sur le cadre du développement
durable et le second
concernera le secteur du cinéma.
Des projets de lois qui ont
déjà été adoptés par l’APN.
Amine L.
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Ahmed Ouyahia
Assemblée Populaire Nationale
Source : Le Quotidien d'Oran