M. Henderson quittera l’Algérie en novembre prochain. Il y aura passé trois ans. Mercredi soir,
il était l’invité de la circonscription d’Islington, au nord de Londres, dont le nouveau maire est Mouna
Hamitouche, une élue d’origine algérienne. Son séjour dans la capitale britannique coïncide
avec la tenue de la conférence des ambassadeurs britanniques à l’étranger.
Andrew Henderson regrette de ne pas
avoir visité Timgad mais il s’est rendu à
Djemila, un autre musée romain à ciel ouvert
dont il décrit la beauté. Il a également fait
une virée à l’ancienne Hippone et une autre
dans la ville de la citadelle de Santa-Cruz.
En revenant d’un voyage par route de
Hassi-Messaoud, l’ambassadeur du
Royaume-Uni à Alger a été particulièrement
ébloui par la splendeur des gorges de la
Chiffa, plus connues pour avoir été le repère
des terroristes il y a quelques années.
“L’Algérie n’est pas un territoire dangereux”, précise
le diplomate. Il accuse une certaine presse
d’altérer l’image du pays en distillant des
informations alarmistes sur sa situation
sécuritaire. “Encore aujourd’hui, beaucoup de
Britanniques ne connaissent pas l’Algérie ou ont
une perception négative à son propos”, déplore
M. Henderson.
Exalté, il exhorte ses compatriotes à s’y
rendre pour constater de leurs propres yeux
qu’elle n’est pas une destination périlleuse.
Curieusement, ses encouragements tranchent
avec les conseils à la prudence du
Foreign Office, sa tutelle, qui persiste à classer
notre pays parmi les plus risqués de la
planète. “Nous devons informer nos ressortissants”,
se contente de dire l’ambassadeur,
précisant par ailleurs que ses déplacements
en Algérie se sont déroulés sous forte escorte
des services de sécurité. M. Henderson
quittera l’Algérie en novembre prochain. Il y
aura passé trois ans. Mercredi soir, il était
l’invité de la circonscription d’Islington, au
nord de Londres, dont le nouveau maire est
Mouna Hamitouche, une élue d’origine algérienne.
Son séjour dans la capitale britannique
coïncide avec la tenue de la conférence des
ambassadeurs britanniques à l’étranger.
M. Henderson révèle avoir eu des entretiens
avec ses collègues en poste à Rabat, Tunis et
Tripoli, sur l’intention de renforcer la présence
britannique dans le Maghreb. La consolidation
des relations entre l’Algérie et le
Royaume-Uni lui inspire une grande satisfaction.
Modeste, il refuse d’endosser toute la
responsabilité dans le resserrement des liens
bilatéraux.
Selon lui, le partenariat algéro-britannique
se traduit dans la réalisation de plusieurs
projets et à travers une activité diplomatique
dense. “En l’espace de quelques
semaines, trois ministres algériens se sont déplacés à
Londres ce printemps”, précise le diplomate, faisant
référence aux visites d’Abdelkader
Messahel, ministre délégué aux Affaires
maghrébines et africaines et de ses ex-collègues
du gouvernement, Chakib Khelil
(Énergie) et Abdelhamid Temmar (Industrie et
Investissements).
Le séjour de M. Messahel était motivé par
la tenue de la quatrième session de la haute
commission mixte de la coopération bilatérale,
installée en 2006, au cours de la visite
d’État de Abdelaziz Bouteflika au Royaume-
Uni. Cette fois, les deux parties ont convenu
de mettre en place un groupe d’experts dans
le domaine de la sécurité et la lutte contre le
terrorisme. En déplacement en Algérie en
octobre 2009, Bob Ainsworth, ancien
ministre de la Défense dans le gouvernement
de Gordon Brown, avait révélé l’intention de
son pays de vendre des équipements militaires
à l’ANP. Depuis, des informations persistantes
ont circulé autour de la signature
d’un contrat sur la livraison d’hélicoptères.
La transaction impliquerait l’équipementier
italien Augusta Westland, dont les usines
se trouvent à Somerset, au sud de
l’Angleterre. Interrogé à ce propos,
M. Henderson affirme qu’il n’est au courant
de rien. De même, il n’a pas grand-chose à
dire sur le dossier d’extradition de l’ex-milliardaire,
Abdelmoumene Rafik Khelifa.
“L’affaire est en appel à la Haute-Cour”, se
contente-t-il d’affirmer. L’ambassadeur préfère
s’épancher sur les investissements britanniques
en Algérie. Il évoque l’implantation
dans le pays de British-American Tobacco,
d’Unilever et de Glakso-Smith Kline dans le
domaine pharmaceutique. Selon lui, l’absence
d’informations est le principal frein à
l’investissement étranger dans le pays.
“Les hommes d’affaires aiment que les situations
soient claires”, observe le diplomate, se référant
au cafouillage créé par la promulgation
de la dernière loi de finances.
S’exprimant sur le dossier des visas, l’ambassadeur
a nié l’existence de blocages. En
témoigne, selon lui, la réduction à 10 jours
maximum du délai de traitement des
demandes.
S. L.-K.
Tags:
Algérie
Royaume-Uni
Andrew Henderson
Source : Liberté