A l’approche de rendez-vous électoral législatif en Egypte, la rue égyptienne ne jure que pas la réussite des Rères musulmans qui, d’après les sondages, ne peuvent que l’emporter
Principale opposition au
régime Moubarak, la
mouvance des Frères
musulmans, réelle menace au
régime en place, a vécu, ces derniers
jours, une répression
caractérisée : intimidations,
arrestations abusives de certains
de ses militants, menace d’arrêt
du processus électoral...
Selon les témoignages et les
informations reliés ici et là par les
organes de la presse internationale,
qui suit de très près l’évolution
de la situation, le parti des Frères
musulmans dénonce l’arrestation
et l’interpellation de plus de 1
200 de ses membres et sympathisants.
A ce propos, Saâd El-
Katatni, chef du groupe parlementaire
du parti des Frères
musulmans, a estimé, lors d’une
conférence de presse au siège du
groupe parlementaire égyptien,
que « le régime envoie le message
qu’il n’y aura pas d’élection. Ce
qui se passe actuellement est le
trucage du vote ».
Selon les témoignages recueillis
sur place, le régime égyptien
n’hésite pas à interdire toutes les
manifestations de campagne pour
les candidats du groupe parlementaire
des Frères musulmans.
Plusieurs formations dénoncent
également la fraude et le trucage
planifiés par le régime de Moubarak.
Certaines de ces organisations
appellent au boycott.
Selon El-Katatni, les Frères
musulmans poursuivront, quoi
qu’il en soit, leur campagne et
feraient honte au régime. « C’est
une lutte politique et constitutionnelle,
la rue est avec les Frères
musulmans », a-t-il lancé.
Pour rappel, les Frères musulmans
ont obtenu un 5e des sièges
au Parlement lors des élections de
2005, ce qui constitue la principale
force d’opposition. A l’issue
des élections du 28 novembre, ils
devraient obtenir un score moins
fort en raison de la forte pression
gouvernementale.
Par ailleurs, plus de 120 ONG
égyptiennes, censées assurer
l’observation des élections législatives
de dimanche prochain,
menacent de rendre le tablier.
Selon elles, le gouvernement
refuse la supervision internationale
et celle de la société civile,
déclare Hafez Abou Seada, directeur
de l’Organisation égyptienne
des droits de l’homme. « Lors des
précédentes législatives, déclare
le même responsable, l’Egypte a
compté 14 morts. Nous nous
attendons cette année à un
nombre de victimes beaucoup
plus important. » Vendredi dernier,
des violences ont eu lieu
entre des Frères musulmans et
des policiers à Alexandrie (Nord)
et dans plusieurs localités du
delta du Nil, et près de 250
d’entre eux ont été arrêtés.
De son côté, le parti libéral El-
Wafd déplore, lui aussi, un climat
de violence et de pressions.
« Nous sommes soumis à de nombreuses
violences de la part de
sbires du Parti national démocrate
d’Assouan à Alexandrie »,
affirme, au Daily New Egypt,
Wafiq El-Ghitani, un haut responsable
de la première formation
de l’opposition laïque.
A 82 ans, Hosni Moubarak doit
gagner ces législatives pour entamer,
l’an prochain, la fameuse
présidentielle où, logiquement, il
projette de léguer la « couronne »
à l’un de ses fils.
Synthèse Samir Méhalla
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Source : Le Jeune Independant