L’affaire du Karachigate secoue l’Elysée. Une bataille est engagée par les familles des victimes et portée par les chiraquiens. Il y a De Villepin qui ne rate pas une occasion, ces dernières semaines, pour dédouaner Jacques Chirac et enfoncer Edouard Balladur, candidat aux présidentilles en 1995, et, par ricochet, son directeur de campagne, l’actuel locataire de l’Elysée.
Les médias, avides de scandales,
vont dans tous les
sens et relient l’information.
Ligotées par maints obstacles
administratifs, les familles
des victimes avaient enfin trouvé
sur quoi s’appuyer pour faire
aboutir leur requête après le
« veto « du procureur du parquet
du tribunal de Paris pour étouffer
l’affaire : porter plainte contre les
protagonistes cités dans les dossiers.
Dominique de Villepin va
jusqu’à lancer le défi en demandant
à être entendu par le juge
d’instruction tout en se confessant
publiquement sur les chaînes
de télévision française, publiques
et privées. L’état-major chiraquien
va en guerre.
Le déclic est l’entretien paru sur
le quotidien le Parisien relatif aux
déclarations de Charles Millon,
l’ancien ministre de la Défense
de Jacques Chirac en 1995. Chirac,
affirme l’ancien ministre,
nouvellement installé à l’Elysée
et convaincu de l’existence de
rétrocommissions dont auraient
bénéficié certaines personnalités
politiques, chargea son ministre
de procéder à des enquêtes avec
écoutes téléphoniques puis
d’arrêter les versements des commissions
aux intermédiaires qui
en rétrocédaient une partie à certains
hommes politiques français.
Les déclarations que Charles Millon
a faites au juge Renaud Van
Ruymbeke, révèlent un nom qui
revient régulièrement dans cette
affaire de rétrocommissions.
C’est celui de l’un des membres
du cabinet du ministre de la
Défense, Marwan Lahoud. C’est
l’un des deux hommes chargés
par Charles Millon d’enquêter sur
les contrats d’armement susceptibles
de donner lieu à des versements
occultes, les fameuses
rétrocommissions.
Comme par hasard, Marwan
Lahoud est aussi le frère d’Imad
Lahoud, « l’informaticien » qui
aurait falsifié les listings Clearstream
pour le compte de Jean-
Louis Gergorin, vice-président
d’EADS à l’époque.
Les observateurs jugent particulièrement
troublant le fait que les
deux frères aient été cités respectivement
dans le Karachigate et
l’affaire Clearstream. L’un sur
instruction de son ministre et sans
sortir de la légalité, l’autre dans
une affaire particulièrement
opaque.
Les deux frères fréquentaient
tous deux les plus hautes sphères
du complexe politico-militaroindustriel
français. Par exemple,
c’est Marwan Lahoud qui a présenté
Imad Lahoud à Jean-Louis
Gergorin, celui que l’on qualifie
de « corbeau » dans l’affaire
Clearstream.
Toutes ces données incitent les
familles des victimes de Karachi,
telle Magali Drouet, à crier à la
crise de confiance envers la justice
française. Ces familles vont
jusqu’à qualifier les récentes
déclarations de Nicolas Sarkozy
d’ »aveu » du fait que le président
français reconnaît l’existence de
documents fort intéressants qui
n’ont pas encore été transmis à la
justice, tout en ignorant la séparation
des pouvoirs.
Synthèse Samir Méhalla
Tags:
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Source : Le Jeune Independant