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Sahel : La France refuse d’être prise en otage

21 novembre 2010
Sahel : La France refuse d'être prise en otage

L’affaire des cinq otages français et deux africains détenus depuis septembre dernier quelque part dans le Sahel par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) se complique pour la France, qui aurait voulu négocier directement avec les ravisseurs.

Le chef d’Aqmi, Abdelmalek Droukdel, en exigeant que les négociations pour la libération de ces otages se fassent directement avec le chef d’Al-Qaïda, a compliqué les choses pour le président français Nicolas Sarkozy, comme il met la barre très haut pour les négociateurs français, dès lors obligés de traiter beaucoup plus sur le plan politique les exigences d’Al-Qaïda. Depuis Lisbonne où il assistait au sommet de l’OTAN, dont le menu des travaux porte notamment sur l’allégement du dispositif militaire mis en place en Afghanistan, Nicolas Sarkozy a déclaré hier que la France ne se laisserait « dicter sa politique par personne ». Le président français confirme en fait que l’Elysée a bien reçu le message d’Aqmi, et que pour le moment le ton est à la « réprobation ».

La veille vendredi, Michèle Alliot- Marie, la nouvelle ministre des Affaires étrangères, a également repoussé toute idée de négociations avec Al- Qaïda pour la libération des sept otages, cinq Français, un Malgache et un Togolais. « La France fait tout ce qui est en son pouvoir pour que tous les otages, où qu’ils soient, soient libérés sains et saufs », a-t-elle déclaré, ajoutant que la France « ne peut accepter que sa politique soit dictée à l’extérieur par qui que ce soit ».

Dans un message audio officiellement toujours en cours d’authentification, le chef d’Aqmi, Abdelmalek Droukdel, avait annoncé jeudi que les négociations pour la libération de ces otages ne seront dorénavant menées qu’avec Oussama Ben Laden, et averti la France que ce sera avec lui qu’elle doit discuter si elle veut libérer ses otages. « Toute forme de négociation sur ce sujet à l’avenir sera conduite avec personne d’autre que notre Cheikh Oussama Ben Laden (...) et selon ses conditions », a-t-il dit. Il a ajouté que « si vous voulez que vos citoyens qui sont prisonniers chez nous soient sains et saufs, alors vous devez vous dépêcher et retirer vos soldats d’Afghanistan selon un calendrier précis que vous rendrez public ». Sarkozy, qui a conforté Michèle Alliot- Marie dans ses déclarations de la veille, a précisé que « la ministre des Affaires étrangères (Michèle Alliot- Marie) a pris la parole et elle a parlé en notre nom à tous. Je fais miens ses propos, la France ne se laissera dicter sa politique internationale et nationale par personne ». Il poursuit : « la France est un pays indépendant, la France est un pays souverain, la France est un pays qui ne veut la guerre à personne, la France est un pays qui ne veut imposer ses valeurs, ses idées, ses idéaux à personne. Mais la France ne se laissera pas dicter sa politique par personne.

C’est une position qui ne bougera pas ». « Par ailleurs, nous ferons tous nos efforts pour ramener à la maison les otages qui sont des victimes civiles, qui n’y sont absolument pour rien, qu’on retient dans des conditions parfois extrêmement difficiles, compte tenu de la topographie, du climat et de la réalité géographique et qui n’ont pas à se retrouver pris dans ces conditions », a ajouté Nicolas Sarkozy dans une conférence de presse en marge du sommet de l’OTAN à Lisbonne.

Mais, le message d’Aqmi a en fait ébranlé l’assurance de l’équipe de Sarkozy, au moment même de la tenue du sommet de l’OTAN. Pour le moment, les réactions françaises restent, comparativement à l’événement, timides, probablement du fait de la tenue du sommet de l’OTAN. Sur le sort proprement dit des otages, le président malien Amadou Toumani Touré se dit « certain » qu’Aqmi a dispersé ses sept otages « en plusieurs groupes  », dans un entretien publié hier dans Le Parisien. « Nous ne sommes jamais parvenus à savoir exactement où se trouvent les otages », a-t-il affirmé, estimant que « les conditions ne sont pas réunies pour une action militaire en vue de libérer les otages ».

Pour le président malien, « Aqmi est un péril de plus en plus grand même si sur le plan militaire, la réputation d’Aqmi est surfaite ». Les sept otages d’Aqmi, dont cinq Français, ont été enlevés dans la nuit du 15 au 16 septembre sur le site d’une mine d’uranium du groupe nucléaire français Areva à Arlit, dans le nord du Niger. Selon plusieurs sources, les otages sont détenus dans des collines désertiques du Timétrine, dans le nord-est du Mali. Mais, au delà des déclarations conjoncturelles, les tractations devraient prendre une forme ou une autre, mais elles auront lieu, selon des spécialistes de ce type d’affaires liées au terrorisme international.

Yazid Alilat

Tags: France Nicolas Sarkozy Sahel Sahara Occidental

Source : Le Quotidien d'Oran

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