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Etats-Unis

La CIA, la zaouia et la mosquée Ground Zero

4 octobre 2010

Il existe aux Etats-Unis environ 3.100 lieux de culte appartenant à la communauté musulmane. La plus grande proportion se trouve dans l’Etat du Michigan (Détroit et environs). On entend parler par lieu de culte : les mosquées, les salles de prière, les écoles ou les centres communautaires.

Dans ce sillage, les chiffres donnés pour l’Etat de New York sont de l’ordre de 200 bâtisses, quant à la ville de New York métropolitaine (c’est-àdire Brooklyn, Bronx, Queens, etc. inclus), le nombre d’établissements appartenant à la communauté musulmane est de 122.

Reste le cas de la presqu’île de Manhattan, zone de controverse où les estimations exactes tournent autour de 16 lieux, entre mosquées, salles de prière et centres. Maintenant, quand des versions parlent d’harcèlement de musulmans ou d’islamophobie à cause de comportements d’individus, pour ensuite porter un jugement fallacieux à l’encontre de tout un pays, principalement en matière de pratique de la foi, là on risque de se retrouver en pleine contre- vérité. Pourtant, il n’y a rien de similaire avec un pays comme la France où il existe une islamophobie institutionnelle surtout lorsqu’on voit un ministère de l’Intérieur lutter inlassablement pour pouvoir porter haut et fort sa symbolique préférée, celle qui consiste à former des imams... Où ? A l’Institut catholique de Paris. Ici, il faut bien le souligner que, comparativement à l’Europe, les musulmans aux Etats-Unis sont les plus heureux de la planète. La raison est simple. La laïcité qui donne à toutes les religions un droit de cité est rigoureusement appliquée. La Cour suprême américaine, depuis maintenant 49 ans, avait mis fin à la dernière loi anticonstitutionnelle (celle du Maryland 1961) et qui stipulait que quiconque voulait appartenir à la fonction publique de l’Etat devrait être chrétien (version article 120 Algériens). Cette intransigeance dans l’application de la laïcité et la liberté du culte a pu créer dans le pays d’Abraham Lincoln une certaine éthique, un respect des croyances des gens et de leurs symboles religieux. Avez-vous vu ou entendu une publication américaine écrite ou sonore porter atteinte au prophète (QSSL) comme ce qui se passe dans des pays nordiques. Bien sûr, eu égard à beaucoup de turbulences, les Américains ne sont pas immunisés contre de telles maladies surtout lorsqu’on on constate que la Hollande commence, ces derniers jours, à exporter son virus Geert Wilder vers la ville de New York (anciennement nouvelle Amsterdam). Ce leader de l’extrême droite était présent lors des manifestations organisées par les opposants à la construction de la mosquée Ground Zero de l’Egyptien Fayçal Abdel Raouf et derrière lui, Hisham Al Zenaty et Sharif Al Gamal.

Mais bon Dieu, par logique ou par entendement, essayons calmement de nous nous interroger au fond de nous-mêmes. Qui a donné l’occasion à Geert Wilders pour qu’il entame le programme d’ensemencement de sa doctrine raciste et xénophobe ? Qui a commencé à fabriquer la « Chaouchara » ? Qui télécommande ces « Moutahajibate al Mouchaghibate  » pour qu’elles défendent un projet sous le vocable de Conquest (Conquête), un projet initié par une bande de trabendistes dans lequel vont être mixée le naïf, le wahhabite, le salafiste et le futur terroriste. Est-ce que sont les non musulmans qui causent du tort à notre religion ? à cause de toutes sortes d’amalgames et à cause de touristes innocents kidnappés par Abou Sayaf aux Philippines ou encore à cause de la mort cruelle du Français Germaneau, un vieux de 79 ans parti au Niger aider les gens malheureux  ? Qui discrédite l’Islam ? Si ce n’est ces commerçants qui sont en train de l’exposer dans le marché de l’encan, là où l’Egyptien Abdul Raouf joue le rôle d’adjudicateur.

L’ARGENT DU GOLFE ET LES ABDUL RAOUF

Lorsque le maire de New York Bloomberg, une des plus grandes figures de la communauté juive américaine, a pris position pour la construction de la Mosquée Ground Zero, ses défenseurs avaient parlé d’une affaire de principe.

Ses détracteurs l’accusent de vouloir protéger ses intérêts aux Emirats Arabes Unis et en Arabie Saoudite. Or, ce n’est pas uniquement le maire de New York qui approuve. Même l’acteur Woody Allen, comme le président Bill Clinton ainsi que le cinéaste Michael Moor sont aussi pour le projet. Etrange. Faisaient-ils tous confiance à l’imposteur Fayçal Abdul Raouf ? Possible. En tout cas l’explication ne tardera pas à venir lorsque le « New York Observer » vient faire éclater une autre bombe médiatique disant que Fayçal Abdul Raouf est une fabrication pure et simple du gouvernement américain et plus précisément de la CIA. Sommes-nous devant un deuxième Ben Laden, conséquence de l’inadvertance de la Central Intelligence Agence et de l’administration de Jimmy Carter  ? La thèse n’est pas à écarter.

Pour rappel, Fayçal Abdul Raouf est un Egyptien né au Koweït en 1948. Son père Mohammed Abdul Raouf (1917- 2004) était une grande figure de la mouvance des Frères musulmans et proche de Hassan Al Banna. Les premiers contacts du père avec le wahhabisme (alliance plus large) commencèrent à l’université du Caire où il rencontre le Saoudien Abdul Hamid Abou Souleymane. C’est pour cela que sa fille Hijabi Mouna Abdülhamid Soleiman est un partenaire important d’ASMA (American Society for Muslim Advancement) gérée par Fayçal Abdul Raouf et sa femme Daisy Khan (voir notre article du 15 septembre).

Mouna dirige la fondation Kingdom Foundation de l’émir Saoudien Al Walid Ibn Tallal, le prince de Citi bank, celui qui a acheté des actions dans la corporation FOX news propriété de Ruper Murdoch. Revenant au père de Fayçal pour mentionner qu’en 1948, il se trouvait déjà au Koweït avant de partir en Malaisie puis en Angleterre dans les années 50. En 1965, le père de Raouf arrive aux Etats-Unis. En 1984, il révèle au fisc américain, qu’il possède la somme de 1.3 million de dollars, un montant faramineux qui provenait de ses « travaux » au Koweït, en Arabie Saoudite et en Libye et qu’il venait de le récupérer. En 1987, après une donation des pays du Golfe d’un montant de 17 millions de dollars, le Centre Culturel Islamique de New York est lancé sous sa supervision. Le projet selon les déclarations légales, avait coûté 13 millions de dollars. Il se trouve aujourd’hui sur la 3e avenue, à l’angle de la 97e rue et il est ouvert depuis 1992. Apres son ouverture, l’Egyptien Hisham Al Zenaty, un malheureux médecin, surgit de je ne sais où pour faire auprès des fidèles, la promotion de son cabinet du Bronx (nord de New York), il se spécialise dans les réclamations médicales. La multiplication de tests et des examens inutiles (liés aux accidents automobiles) était à l’origine, pour les compagnies d’assurance, une fraude de 1.8 million de dollars (1998- 2007). Une poursuite est toujours engagée par la State Farm Insurance contre cet individu. Revenant à la famille de Fayçal, pour dire qu’en 1988, le père nomme son fils le petit « douctour » de Columbia Université, comme responsable administratif et financier permanent du centre précité. Deux ans plus tard, soit en 1990, Fayçal Abdul Raouf fit son entrée à la congrégation (Zaouïa) Soufi Turque Helveti Jirrahi Tarriqat, située au niveau de la mosquée Farah du 245 Broadway et gérée par Lex Hixon, né Nour Al jirrahi (1941-1995). Opportuniste et activant sur plusieurs fronts, Faysal décroche le titre d’imam du vendredi.

1995 Lex Hixon décède. Le New York Times avait fait une petite erreur que nous avons reprise au sujet de la personne qui allait présider l’ordre après la mort de Lex. Il s’agit de Farriha Al Jirrahi qui n’est pas la fille de Lex Hixon, né lui aussi Nour ashak Al Jirrahi. Le vrai nom de Farriha est Filippa de Menil anthropologue de Harvard reconvertie à l’Islam en 1979 et épousant la tariqa soufie des Heleveti.
Fillipa de Menil actuellement Farriha Al Jirrahi qui préside l’ordre de la Zaouïa Soufie du 245 Broadway est née en 1947 à Houston Texas. De descendance française (elle parle français comme sa mère), elle appartient à l’une des 400 plus riches familles des Etats-Unis.

MOSHIRA, ASMA ET LA CIA

Filippa est donc la fille de John De Menil et de Dominique Schlumbergers. Une famille française arrivant aux Etats-Unis, en 1931. Dominique Schlumbergers (la mère) est la fille du physicien Conrad Schlumbergers inventeur, en 1920, des machines de prospections pétrolières. La société Schlumbergers Ltd est inscrite à la bourse de New York. Pour connaître ses capitalisations boursières on peut visiter le site (www.nyse.com).

Philippa a adhéré à l’ordre soufi car tout simplement sa mère faisait des dons à Heleveti Jirrahi Tarriqat. C’est une femme très riche, et c’est pour cela que Fayçal est venu à la mosquée Farah qui n’est pas loin de l’emplacement proposé pour accueillir, la Mosquée Ground Zero. Aujourd’hui Farriha n’est pas contre le projet mais, curieusement elle n’a donné aucun sou comparativement à Michael Moor qui veut donner 60.000 dollars et Walid Ibn Tallal 300.000 dollars. On va voir si les évolutions futures permettent de changer l’avis du cinéaste !!!

En 1997 Fayçal et sa femme Daisy Khan lancent ASMA (American Society for Muslim Advancement). En 1999 Fayçal se trouve déjà propriétaire de deux immeubles (des blocs appartements) au New Jersey. Aujourd’hui ils sont six immeubles. Après les événements de 2001, il a pu rallier à son projet Interfaith-movement qui appartenait en principe à Lex Hixon, un ensemble de donateurs et de parrains, des plus connus des Etats-Unis. La présente liste nous permet de voir d’où vient l’argent de cet homme habillé en personnalité pour le dialogue inter-religieux.

En 2002 Fayçal Abdul Raouf entre en contact avec le président américain Georges W.Bush. L’imam est vite pris par le bras droit du président, en l’occurrence Karen Hugues qui l’expédie pour des missions au Moyen-Orient et au Sud-Est asiatique puisqu’il parle aussi le malais (Malaisie). L’imam Abdul Raouf est venu au Maroc mais pas en Algérie, même si un parti islamiste algérien lui avait lancé des invitations, la dernière en juin 2009. Il va venir en Algérie nous faire comprendre ce qu’une référence comme Malek Chebel n’a pas su faire. En 2002 toujours, le, FBI le recrute en tant que consultant de premier ordre et le paye en grosses sommes pour ses travaux. L’administration américaine le qualifie alors de visionnaire… merveilleux. Entre 2006 et 2008, une donation étrange est rapportée par « The New York Observer ».

En effet Cordoba House l’organisme satellite d’ASMA et qui vient de donner naissance à Cordoba Initiative laquelle est en train de pondre la Mosquée Ground Zéro qui vient de donner naissance, à son tour, à Park 51, avait reçu la somme de 98.000 dollars. Le nom Leslie Deak apparaît dans le conseil dès 2004, l’année de lancement de Cordoba House. Né chrétien, puis devenu juif orthodoxe, Deak est actuellement musulman… Bizarre. Est-il affilié lui aussi à la bourse des religions comme Gamel ? Ce qui est étrange c’est qu’il s’agit d’une Egyptienne de nom de Moshira Soleiman qui lui saute dessus pour le retirer à sa femme juive.Une autre valse du feuilleton abrutissant de Raafat al Hajane. Selon les informations fournies, Deslie Deak vit six mois par an en Egypte. Il aurait la nationalité égyptienne dit-on. Mais le « New York Observer » le présente en tant que cadre de la CIA ou était cadre de la CIA. Le journaliste Mark Ames titrait : « Untangling the Bizarre CIA Links to the Ground Zero Mosque ». Je restais stupéfait devant de telles assertions et je reste plus stupéfait devant la relation qui lie Moshira Soleiman à Leila Moussa la femme de Amr Moussa. Tout ce que je peux livrer à la fin c’est que ma mère disait parfois de quelqu’un « sans foi ni religion ».

Tags: Etats-Unis Islam Mosquée Ground Zero Racisme Islamophobie

Source : Le Quotidien d'Oran

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