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Une trentaine d’Algériens en Nouvelle-Zélande

13 septembre 2010
Une trentaine d'Algériens en Nouvelle-Zélande

Le gouvernement de la Nouvelle-Zélande fait la promotion de deux programmes pour encourager la venue de nouveaux immigrants. Le premier s’adresse aux investisseurs étrangers et est dénommé Business Migration and Investment Categories, et le deuxième vise la main-d’oeuvre qualifiée et est présenté sous l’appellation de Skilled Migrant Category.

Sur les pas de sa voisine l’Australie, dont elle est séparée par les 2.000 km de la mer de Tasmanie, la Nouvelle-Zélande - ou Aotearoa dans la langue autochtone des Maoris - est devenue ces dix dernières années la deuxième porte de l’immigration vers l’Océanie.

Ce pays, qui s’étend principalement sur deux grandes îles et dont la superficie avoisine les 269 mille km2 (soit 11,3% de l’Algérie), ne compte que 4,3 millions d’habitants. Son confinement dans le Pacifique Sud lui a valu l’appellation de terre du bout du monde. Bout du monde certes, car Il faut parcourir une distance de 20.585 km (24 heures de vol avec au moins 2 escales) pour aller d’Oran à Auckland, la grande ville de cet archipel.

Membre influent du Commonwealth, la Nouvelle-Zélande garde toujours un système de gouvernance conservateur, c’est-àdire une monarchie parlementaire, genre de résidu colonial britannique (à l’image de l’Australie et du Canada) dans lequel Elizabeth II d’Angleterre joue le rôle symbolique de Chef de l’Etat. La reine est représentée par un gouverneur général résidant à Wellington, la capitale, une communauté urbaine de 200 mille habitants.

La situation politique dans le pays demeure marquée par l’éveil d’un mouvement républicain, similaire à celui de l’Australie, et voulant faire de la terre des Maoris (la première nation), une république de Tasmanie.
Sur le plan économique, il est utile de mentionner que la Nouvelle- Zélande se caractérise elle aussi par un niveau de vie élevé, soit un PIB réel de l’ordre de 135 milliards de dollars (source FMI / avril 2010), avec un ratio de 29.220 dollars par habitant, équivalent à celui de l’Espagne et 7,5 fois supérieur à celui de l’Algérie.

Le magazine The Economist classe la ville d’Auckland (1 million d’habitants) parmi les 5 meilleures villes du monde, alors que l’indice de développement humain (IDH-PNUD) accorde à ce pays la 20e place mondiale.
La réussite économique dans le secteur industriel et des services (années 2000-2004), mais surtout ses performances dans la production animale (24 moutons par personne dans les années 80) ont fait en sorte qu’elle demeure confrontée depuis 15 ans à une vague d’immigration asiatique et indienne constante. Pays connu durant les années 60 pour ses pratiques racistes comme sa cousine l’Australie, dont la gestion de la population indigène était confiée au ministère de la Faune et de la Flore, la Nouvelle-Zélande se trouva, dès 1973, contrainte par un courant émancipateur, puis forcée par les pressions de la nation mère (la Grande-Bretagne), d’abandonner sa doctrine White New-Zetland Policy élaborée en 1921. Mais après 25 ans d’expérience d’ouverture migratoire, le constat ne fut pas reluisant à cause de l’analphabétisme de beaucoup de nouveaux arrivants.

Le gouvernement de Wellington s’attelle donc à diminuer l’accès aux populations venant des régions du Sud-Est asiatique, surtout des Philippines, en se tournant vers une diversification ethnique (nord-africaine incluse) afin de porter à 1% par année sa croissance démographique. Le recul de la fécondité chez les populations « fondatrices », c’est-àdire irlandaise et britannique, demeure le véritable casse-tête de la Nouvelle-Zélande. Mais les problèmes démographiques ne sont pas l’unique cause de la nouvelle politique d’immigration. Le marché du travail y trouve son compte. Le pays connaît un problème crucial de maind’oeuvre qualifiée, surtout dans les secteurs de l’engineering, des technologies de l’information, de l’éducation (professeurs de matières techniques), de la formation professionnelle et des métiers et de la santé.

Mais le point d’orgue de la problématique reste le secteur agricole et l’élevage. Aujourd’hui (à titre d’exemple), le pays compte environ 35 millions de ruminants, marquant une chute considérable par rapport aux performances des années 80, lorsque le pays était leader en la matière. La participation de l’agriculture dans le PIB n’est que de l’ordre de 5 %, alors que l’industrie manufacturière ne fournit que 23 % puisqu’elle n’arrive pas, elle non plus, à faire face aux grands concurrents de l’Asie (Singapour, Taïwan, Chine et Japon). Cette situation a fait en sorte que le secteur des services comble à lui seul les 71% du PIB, ce qui a influé négativement sur le taux de croissance économique pour la 3e année consécutive. Pour trouver l’équilibre, la Nouvelle-Zélande veut encore une fois promouvoir son agriculture et son industrie en faisant appel à une maind’oeuvre étrangère qualifiée.

Pour arriver à cet objectif, elle a mis en place deux programmes très souples pour encourager la venue d’immigrants. Le portail gouvernemental (http://www.immigration.govt.nz) donne une bonne explication sur l’évaluation et la procédure : et là, il est important de souligner que grâce à ce même programme, une trentaine d’Algériens ont pu bénéficier, en 2009, du droit à l’immigration dans le cadre du SMC (Skilled Migrant Category).

En revanche, il est judicieux de mentionner que le volet pratique traitant des procédures d’octroi du droit à l’immigration est scrupuleusement étudié en Nouvelle- Zélande. Ainsi, il serait vraisemblablement moins long lorsqu’on fait affaire avec une grande boîte spécialisée dans le domaine. Or, cela veut dire qu’en parallèle, et afin de ne pas tomber dans les mauvaises expériences canadienne et américaine, où beaucoup de candidats furent arnaqués par des consultants (majoritairement algériens) agissant souvent en intermédiaires, il serait primordial de se référer a la liste des experts publiée par le gouvernement de la Nouvelle- Zélande (Immigration Advisers Authority) au http://www.iaa.govt.nz/.

Un grand ménage opéré par les autorités depuis mai 2010 a balisé la profession, obligeant tout consultant en matière d’immigration à détenir une licence gouvernementale pour exercer. L’argument est simple : la mafia internationale n’a pas épargné même ce pays du bout du monde, où des moyen-orientaux, surtout libanais, ont filé du mauvais coton pour tisser un réseau et verser dans l’arnaque à partir de Sydney (Australie ). Bien que nous nous abstenions de donner des formules gagnantes aux candidats, une chose est certaine : c’est que les ressortissants algériens désirant postuler à l’immigration en Australie ou en Nouvelle-Zélande peuvent le faire sans recourir au service de quiconque. L‘internet est devenu le moyen le plus efficace pour s‘informer, bien entendu tout en se méfiant des sites non authentifiés.

Le cheminement de la candidature ne peut être positif que lorsque les intéressés suivent scrupuleusement les directives émises par le département néozélandais de l’Immigration. On peut d’ores et déjà se référer au portail international du gouvernement néo-zélandais http://www.immigration.govt.nz/ pour faire une première évaluation. Ce site, qui permet une notation en ligne, est gratuit. Il est pris comme exemple de référence, car il sert actuellement à recevoir les candidatures de beaucoup d’immigrants.

En conclusion, il est à souligner que l’immigration vers ce pays nécessite aussi une information supplémentaire sur les qualifications et sur les équivalences. La Nouvelle-Zélande est un pays qui a des normes professionnelles régies par de puissantes corporations des métiers. Cela ne veut pas dire que si on est mécanicien à Alger, il sera facile d’allait à Auckland réparer le tracteur d’une ferme, ou si on est infirmière à Sétif, il sera aussi simple d’aller travailler dans un hôpital à Wellington. Attention, ce n’est pas comme cela que ça se passe !

Tags: Algérie Immigration Nouvelle-Zélande

Source : Le Quotidien d'Oran

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