Le gouvernement de la Nouvelle-Zélande fait la promotion
de deux programmes pour encourager la venue de nouveaux
immigrants. Le premier s’adresse aux investisseurs étrangers
et est dénommé Business Migration and Investment Categories,
et le deuxième vise la main-d’oeuvre qualifiée
et est présenté sous l’appellation de Skilled Migrant Category.
Sur les pas de sa voisine l’Australie,
dont elle est séparée par
les 2.000 km de la mer de Tasmanie,
la Nouvelle-Zélande - ou Aotearoa
dans la langue autochtone
des Maoris - est devenue ces dix
dernières années la deuxième porte
de l’immigration vers l’Océanie.
Ce pays, qui s’étend principalement
sur deux grandes îles et dont
la superficie avoisine les 269 mille
km2 (soit 11,3% de l’Algérie),
ne compte que 4,3 millions d’habitants.
Son confinement dans le
Pacifique Sud lui a valu l’appellation
de terre du bout du monde.
Bout du monde certes, car Il
faut parcourir une distance de
20.585 km (24 heures de vol
avec au moins 2 escales) pour
aller d’Oran à Auckland, la grande
ville de cet archipel.
Membre influent du Commonwealth,
la Nouvelle-Zélande
garde toujours un système de gouvernance
conservateur, c’est-àdire
une monarchie parlementaire,
genre de résidu colonial britannique
(à l’image de l’Australie et
du Canada) dans lequel Elizabeth
II d’Angleterre joue le rôle symbolique
de Chef de l’Etat. La reine
est représentée par un gouverneur
général résidant à Wellington,
la capitale, une communauté
urbaine de 200 mille habitants.
La situation politique dans le
pays demeure marquée par l’éveil
d’un mouvement républicain, similaire
à celui de l’Australie, et
voulant faire de la terre des Maoris
(la première nation), une république
de Tasmanie.
Sur le plan économique, il est
utile de mentionner que la Nouvelle-
Zélande se caractérise elle
aussi par un niveau de vie élevé,
soit un PIB réel de l’ordre de 135
milliards de dollars (source FMI /
avril 2010), avec un ratio de
29.220 dollars par habitant, équivalent
à celui de l’Espagne et 7,5
fois supérieur à celui de l’Algérie.
Le magazine The Economist
classe la ville d’Auckland (1 million
d’habitants) parmi les 5
meilleures villes du monde, alors
que l’indice de développement
humain (IDH-PNUD) accorde à ce
pays la 20e place mondiale.
La réussite économique dans
le secteur industriel et des services
(années 2000-2004), mais surtout
ses performances dans la production
animale (24 moutons par
personne dans les années 80) ont
fait en sorte qu’elle demeure confrontée
depuis 15 ans à une vague
d’immigration asiatique et indienne
constante. Pays connu
durant les années 60 pour ses pratiques
racistes comme sa cousine
l’Australie, dont la gestion de la
population indigène était confiée
au ministère de la Faune et de la
Flore, la Nouvelle-Zélande se
trouva, dès 1973, contrainte par
un courant émancipateur, puis forcée
par les pressions de la nation mère (la Grande-Bretagne),
d’abandonner sa doctrine White
New-Zetland Policy élaborée en
1921. Mais après 25 ans d’expérience
d’ouverture migratoire, le
constat ne fut pas reluisant à cause
de l’analphabétisme de beaucoup
de nouveaux arrivants.
Le gouvernement de Wellington
s’attelle donc à diminuer l’accès
aux populations venant des
régions du Sud-Est asiatique,
surtout des Philippines, en se
tournant vers une diversification
ethnique (nord-africaine incluse)
afin de porter à 1% par année
sa croissance démographique. Le
recul de la fécondité chez les populations
« fondatrices », c’est-àdire
irlandaise et britannique, demeure
le véritable casse-tête de la
Nouvelle-Zélande.
Mais les problèmes démographiques
ne sont pas l’unique cause
de la nouvelle politique d’immigration.
Le marché du travail y
trouve son compte. Le pays connaît
un problème crucial de maind’oeuvre
qualifiée, surtout dans
les secteurs de l’engineering, des
technologies de l’information, de
l’éducation (professeurs de matières
techniques), de la formation
professionnelle et des métiers
et de la santé.
Mais le point d’orgue de la problématique
reste le secteur agricole
et l’élevage. Aujourd’hui (à
titre d’exemple), le pays compte
environ 35 millions de ruminants,
marquant une chute considérable
par rapport aux performances des
années 80, lorsque le pays était
leader en la matière. La participation
de l’agriculture dans le PIB
n’est que de l’ordre de 5 %, alors
que l’industrie manufacturière ne
fournit que 23 % puisqu’elle
n’arrive pas, elle non plus, à faire
face aux grands concurrents
de l’Asie (Singapour, Taïwan,
Chine et Japon). Cette situation
a fait en sorte que le secteur des
services comble à lui seul les
71% du PIB, ce qui a influé négativement
sur le taux de croissance
économique pour la 3e
année consécutive. Pour trouver
l’équilibre, la Nouvelle-Zélande
veut encore une fois promouvoir
son agriculture et son industrie
en faisant appel à une maind’oeuvre
étrangère qualifiée.
Pour arriver à cet objectif,
elle a mis en place deux programmes
très souples pour encourager
la venue d’immigrants. Le portail
gouvernemental (http://www.immigration.govt.nz) donne
une bonne explication sur l’évaluation
et la procédure : et là, il
est important de souligner que
grâce à ce même programme,
une trentaine d’Algériens ont pu
bénéficier, en 2009, du droit à
l’immigration dans le cadre du
SMC (Skilled Migrant Category).
En revanche, il est judicieux
de mentionner que le volet pratique
traitant des procédures d’octroi
du droit à l’immigration est
scrupuleusement étudié en Nouvelle-
Zélande. Ainsi, il serait
vraisemblablement moins long
lorsqu’on fait affaire avec une
grande boîte spécialisée dans le
domaine. Or, cela veut dire
qu’en parallèle, et afin de ne pas
tomber dans les mauvaises expériences
canadienne et américaine,
où beaucoup de candidats
furent arnaqués par des consultants
(majoritairement algériens)
agissant souvent en intermédiaires,
il serait primordial de se référer
a la liste des experts publiée
par le gouvernement de la Nouvelle-
Zélande (Immigration Advisers
Authority) au http://www.iaa.govt.nz/.
Un grand ménage opéré par les
autorités depuis mai 2010 a balisé
la profession, obligeant tout
consultant en matière d’immigration
à détenir une licence
gouvernementale pour exercer.
L’argument est simple : la mafia
internationale n’a pas épargné
même ce pays du bout du monde,
où des moyen-orientaux,
surtout libanais, ont filé du mauvais
coton pour tisser un réseau
et verser dans l’arnaque à partir
de Sydney (Australie ).
Bien que nous nous abstenions
de donner des formules
gagnantes aux candidats, une
chose est certaine : c’est que les
ressortissants algériens désirant
postuler à l’immigration en Australie
ou en Nouvelle-Zélande
peuvent le faire sans recourir au
service de quiconque. L‘internet
est devenu le moyen le plus efficace
pour s‘informer, bien entendu
tout en se méfiant des sites
non authentifiés.
Le cheminement de la candidature
ne peut être positif que
lorsque les intéressés suivent
scrupuleusement les directives
émises par le département néozélandais
de l’Immigration. On
peut d’ores et déjà se référer au
portail international du gouvernement
néo-zélandais http://www.immigration.govt.nz/ pour
faire une première évaluation.
Ce site, qui permet une notation
en ligne, est gratuit. Il est pris
comme exemple de référence,
car il sert actuellement à recevoir
les candidatures de beaucoup
d’immigrants.
En conclusion, il est à souligner
que l’immigration vers ce
pays nécessite aussi une information
supplémentaire sur les
qualifications et sur les équivalences.
La Nouvelle-Zélande est
un pays qui a des normes
professionnelles régies par de
puissantes corporations des métiers.
Cela ne veut pas dire que
si on est mécanicien à Alger, il
sera facile d’allait à Auckland réparer
le tracteur d’une ferme, ou
si on est infirmière à Sétif, il sera
aussi simple d’aller travailler
dans un hôpital à Wellington. Attention,
ce n’est pas comme cela
que ça se passe !
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Source : Le Quotidien d'Oran