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USA : La mosquée de la discorde

15 août 2010
USA : La mosquée de la discorde

Le projet de construction d’une mosquée à New- York, à deux pâtés de maisons de Ground Zero où se trouvaient les deux tours jumelles détruites le 11 septembre 2001, suscite un tollé instrumentalisé par tout ce que la métropole américaine et le pays comptent d’islamophobes actifs. Leur opposition à l’approbation d’une majorité de leurs concitoyens.

Ce qui n’a pas empêché Barack Obama d’exprimer son soutien à la réalisation du projet. Ce qui risque de lui coûter cher en terme de popularité à une courte encablure des élections de mimandat qui vont avoir lieu en Amérique et alors que sa cote est déjà sérieusement descendue pour cause de mécontentement populaire provoqué par d’autres prises de positions et actes de gouvernance qu’il a assumés depuis son installation à la Maison-Blanche.

Conscient du risque, Barack Obama s’est pendant un temps tenu à l’écart de la polémique qui a éclaté entre adversaires et partisans du projet. Il ne s’est décidé à opter qu’après que le maire de New York, pourtant républicain aux convictions néoconservatrices tranchées, eut officiellement approuvé la construction controversée de cette mosquée Comment alors lui Obama, qui prône la réconciliation de l’Amérique avec le monde musulman et rejette l’amalgame qui est fait entre Islam et terrorisme, pouvait- il continuer à se taire et à ne pas manifester son appui au projet, quand l’une des personnalités phares du courant néoconservateur, le maire de New York, s’est résolument déclaré en sa faveur. Son silence aurait incontestablement fait s’évaporer le reste de crédit dont Obama dispose encore dans le monde arabo-musulman. Entre le risque d’être en porte-à-faux avec une majorité de son opinion nationale et celui de décevoir irrévocablement le monde arabo-musulman, le président américain a considéré que c’est le second qui pourrait lui occasionner le dommage le plus préjudiciable.

Ce qui n’est pas mal vu de sa part, car il a conscience des limites de la toute- puissance des Etats-Unis s’agissant des conflits internationaux où ils sont impliqués. Ceux précisément où l’Amérique est le plus dangereusement empêtrée sont des conflits dans l’espace arabo- musulman. Pour s’en sortir à l’avantage de son pays, le président américain a besoin de l’appui des Etats de cette région du monde et de bénéficier de la confiance de ses populations. Ce qu’il a perdu en grande partie en ne mettant pas en concordance ses déclarations en faveur de la réconciliation entre l’Amérique et le monde musulman et les actes de la politique de Washington à l’égard des Etats de cet espace.

Ne pas se prononcer en faveur de la construction d’une mosquée proche de Ground Zero aurait été pour Obama la « solution » sur le plan purement électoraliste et l’on comprend que son camp, celui des démocrates, l’ait encouragé dans ce sens. Mais cette attitude lui aurait aliéné définitivement la sympathie des opinions du monde musulman et même une grande partie de celles d’autres régions de la planète. Quoi qu’on puisse penser des faits et actes d’Obama après deux années de mandat présidentiel, l’on ne peut que saluer celui qui consiste en son engagement en faveur du projet newyorkais controversé.

Tags: Etats-Unis Mosquée Ground Zero

Source : Le Quotidien d'Oran

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