On ne peut avoir la
moindre sympathie
pour les gredins
d’Egyptiens
qui ont traité l’Algérie et les
Algériens de tous les noms d’oiseaux durant
l’autonome 2009 et après.
Encore moins vis-àvis
de ces pseudo-avocats du bâtonnat du Caire
qui ont brûlé le drapeau algérien devant des
photographes et des caméras. Ils appartiennent
à une espèce d’Egyptiens qu’on ne connaissait
pas et avec qui on ne veut pas avoir de relations.
Mais, ces gens-là ne sont pas tous les
Egyptiens, ni l’Egypte. Alors, on peine à comprendre
pourquoi leur interdirait-on de participer
au salon du livre « Sila ». On ne sait pas si
les organisateurs ont sérieusement débattu du
sujet ou bien s’il s’agit d’une décision du patron
du « Sila ». Dans tous les cas de figure, ce
n’est pas une décision culturelle. Au premier
degré, c’est de la xénophobie même si on l’habillait
d’un costume politique.
Sur ce registre, l’Algérie n’échappe pas au
phénomène. Notre confrère El Watan a réalisé
dernièrement un petit dossier (parce qu’il y
aurait à dire sur des dizaines de pages) sur le
sujet à travers le vécu des « Africains » qui partagent
leur quotidien avec nous. A ce propos,
la sociologue Nassera Merah relevait, pertinemment,
que « nous les désignons par « Africains »
comme si nous n’en étions pas ! ». N’a-t-on pas, ponctuellement, baptisé le
square Port Saïd, square
« Mamadou » car nos voisins
de l’extrême sud, immigrants
clandestins au demeurant,
l’avait transformé en bourse de la
main-d’oeuvre et venaient y offrir leurs bras
pour une poignée de dinars ? Non seulement
ils travaillaient au noir et en plus ils subissaient
tous les quolibets à caractère raciste.
Sur un autre registre algéro-algérien, mais
aussi lié au rapport à l’étranger : la fermeture
à midi des restaurants et cafés durant le mois
de Ramadhan. On se demande si les centaines
de milliers de diabétiques, d’hypertendus et
autres malades chroniques ont le droit de sustenter
sans autorisation administrative préalable,
ni fetwa ?! Où vivons-nous ? Il y a environ
100.000 étrangers qui résident en Algérie.
Tous ne sont pas de confession musulmane.
Ont-ils droit au chapitre ? Non. S’ils n’ont
pas les moyens d’aller déjeuner dans un hôtel
quatre étoiles, ils sont obligés de jeûner. Et la
liberté de culte pour tous ? On est en plein
dans l’intolérance. On n’accepte pas, on ne tolère
pas, que des gens - concitoyens ou autres
soient différents, même dans le respect de
l’autre ! La tendance est lourde. Madame la
Ministre de la Culture, Monsieur le Ministre
des Affaires religieuses et des Habous : elle
est très inquiétante.
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Égypte
Source : Le Quotidien d'Oran