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Banales xénophobies et intolérances

13 août 2010

On ne peut avoir la moindre sympathie pour les gredins d’Egyptiens qui ont traité l’Algérie et les Algériens de tous les noms d’oiseaux durant l’autonome 2009 et après.

Encore moins vis-àvis de ces pseudo-avocats du bâtonnat du Caire qui ont brûlé le drapeau algérien devant des photographes et des caméras. Ils appartiennent à une espèce d’Egyptiens qu’on ne connaissait pas et avec qui on ne veut pas avoir de relations. Mais, ces gens-là ne sont pas tous les Egyptiens, ni l’Egypte. Alors, on peine à comprendre pourquoi leur interdirait-on de participer au salon du livre « Sila ». On ne sait pas si les organisateurs ont sérieusement débattu du sujet ou bien s’il s’agit d’une décision du patron du « Sila ». Dans tous les cas de figure, ce n’est pas une décision culturelle. Au premier degré, c’est de la xénophobie même si on l’habillait d’un costume politique.

Sur ce registre, l’Algérie n’échappe pas au phénomène. Notre confrère El Watan a réalisé dernièrement un petit dossier (parce qu’il y aurait à dire sur des dizaines de pages) sur le sujet à travers le vécu des « Africains » qui partagent leur quotidien avec nous. A ce propos, la sociologue Nassera Merah relevait, pertinemment, que « nous les désignons par « Africains » comme si nous n’en étions pas ! ». N’a-t-on pas, ponctuellement, baptisé le square Port Saïd, square « Mamadou » car nos voisins de l’extrême sud, immigrants clandestins au demeurant, l’avait transformé en bourse de la main-d’oeuvre et venaient y offrir leurs bras pour une poignée de dinars ? Non seulement ils travaillaient au noir et en plus ils subissaient tous les quolibets à caractère raciste.

Sur un autre registre algéro-algérien, mais aussi lié au rapport à l’étranger : la fermeture à midi des restaurants et cafés durant le mois de Ramadhan. On se demande si les centaines de milliers de diabétiques, d’hypertendus et autres malades chroniques ont le droit de sustenter sans autorisation administrative préalable, ni fetwa ?! Où vivons-nous ? Il y a environ 100.000 étrangers qui résident en Algérie. Tous ne sont pas de confession musulmane. Ont-ils droit au chapitre ? Non. S’ils n’ont pas les moyens d’aller déjeuner dans un hôtel quatre étoiles, ils sont obligés de jeûner. Et la liberté de culte pour tous ? On est en plein dans l’intolérance. On n’accepte pas, on ne tolère pas, que des gens - concitoyens ou autres
- soient différents, même dans le respect de l’autre ! La tendance est lourde. Madame la Ministre de la Culture, Monsieur le Ministre des Affaires religieuses et des Habous : elle est très inquiétante.

Tags: Algérie Égypte

Source : Le Quotidien d'Oran

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1 commentaire

  • Banales xénophobies et intolérances par nassera merah 3 novembre 2010 07:45

    il y a même eu des réactions me traitant d’ignorante et dénuée de sens de l’humour, car j’aurais confondu, ’humour et racisme" !
    toute la route reste à tracer afin de lutter contre l’intolérance, la xénophobie et et les discriminations
    l’affaire des condamanations pour non jeûne concerne aussi des couples, j’essaie de faire bouger les esprits rien à faire, c’est aussi tabou pour les défenseurs de la liberté, on ne parle pas des libertés sexuelles !?

    Répondre à ce message


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