Des militaires français
auraient mené, hier, une
opération pour tenter de
libérer l’otage français Michel
Germaneau qui a été capturé par
Al-Qaïda au Maghreb islamique
(Aqmi), selon l’AFP qui cite une
source militaire étrangère au
Mali.
Cette information n’a toutefois
pas été confirmée
officiellement. L’Aqmi a menacé
d’exécuter celui qui est présenté
comme un militant humanitaire
de 78 ans capturé depuis
avril, si à compter de lundi des
terroristes de cette organisation,
prisonniers dans la région,
n’étaient pas libérés. « Les Français
sont en train de tout faire
pour obtenir la libération
de Germaneau », a déclaré cette
source militaire qui soutient
qu’une « opération est en cours »
actuellement au Mali. Un raid
militaire mauritanien mené jeudi
avec « un appui technique » de
la France contre des terroristes
d’Aqmi, n’aurait été qu’un
« écran de fumée », estime cette
source militaire.
« Les Américains et les Français
ont soutenu cette opération
d’une manière ou d’une autre,
alors qu’au même moment,
ailleurs dans le grand désert,
avait lieu un autre raid qui se
poursuit actuellement », a-t-elle
révélé, soutenant que des forces
d’autres pays de la région y participeraient
également. Six
membres de la branche maghrébine
d’Al-Qaïda ont été abattus
lors de l’opération mauritanienne,
qui visait à libérer l’otage. M.
Germaneau, victime d’un rapt le
19 avril, au Niger avant d’être
transféré au Mali, est otage d’une
cellule d’Aqmi qui avait déjà exécuté,
il y a 13 mois, un otage
britannique, Edwin Dyer, enlevé
6 mois plutôt.
Londres s’était, à l’époque, opposé
à toute idée de libérer plusieurs
de ses prisonniers dans la
région du Sahel, tel que demandé
par l’Aqmi, qui a formulé cette
fois-ci la même demande pour
libérer l’otage français. Dix jours
avant l’opération mauritanienne,
le président français Nicolas
Sarkozy s’était dit « fortement inquiet » pour le sort de M. Germaneau.
La dernière preuve de vie
de l’otage remonte à la mi-mai :
Aqmi avait alors diffusé un enregistrement
sonore et une photo
de lui, souhaitant une réaction
du chef de l’Etat français.
Depuis, plus aucun signe de vie,
selon Paris, qui qualifie cette situation
de « préoccupante ».
« Nous avons essayé de nouer
avec les ravisseurs un contact
auquel ils se sont toujours dérobés
jusqu’à présent », a affirmé
vendredi dernier Valero, porteparole
du ministère français des
Affaires étrangères. « Il n’y a pas
eu non plus de présentation de
revendications », a-t-il précisé.
Aqmi détient également deux
otages espagnols, Albert Vilalta,
35 ans, et Roque Pascual, 50
ans, enlevés, fin novembre, avec
une de leur compatriote, Alicia
Gomez, libérée en mars.
Un source au ministère français
de la Défense a reconnu hier que
le raid mauritanien, mené jeudi
au Mali, contre une unité d’Aqmi
avec le soutien de la France,
visait à libérer l’otage Michel
Germaneau, affirmant n’avoir
« aucune preuve de vie » du Français.
La même source a affirmé
qu’un nouveau raid mauritanien
anti-Al Qaïda, le deuxième en
l’espace de trois jours, toujours
au Mali mais cette fois sans le
soutien de la France, a eu lieu et
pris fin. Selon la source au ministère
français de la Défense,
cette deuxième opération qui
s’est poursuivie sur la journée de
samedi est désormais terminée
et « là ils sont en train de revenir
». De leur côté, les Etats-
Unis, par la voix du porte-parole
du département d’Etat
Philip Crowley, ont déclaré
qu’ils n’ont pas participé à cette
opération militaire qui s’est
déroulée, jeudi, mais qu’ils ont
partagé des renseignements
avec la France et la Mauritanie.
M. Crowley a estimé que
le groupe constituait une menace
« avant tout dans la région
». « Nous avons vu au fil
du temps que la menace visait
certaines parties de l’Europe.
Bien sûr, cela peut potentiellement
menacer les Etats-Unis
aussi », a-t-il affirmé.
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Source : Le Quotidien d'Oran