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Affaire DSK : La gauche s’émeut, la droite ricane

18 mai 2011

Au lendemain de l’incarcération de Dominique Strauss-Kahn, le désormais ex-directeur général du FMI, pour agression sexuelle contre une femme de chambre d’un hôtel de luxe new-yorkais, la presse française étalait sa stupeur, alors que la classe politique française, la gauche surtout, s’offusquait de la manière dont a été traité celui qui devait emmener les socialistes vers la présidence française, en 2012.

Ainsi, le quotidien de la droite libérale, « Le Figaro », estime que « le destin tragique de Dominique Strauss-Kahn va planer au-dessus des primaires PS ». Une opinion que ne partage pas l’ « Humanité  » car « quelles que soient les suites de cette affaire, le PS aura un candidat au printemps prochain », d’autant, souligne « Ouest-France » que « DSK n’est pas le PS à lui tout seul ! ». Pour « La Voix du Nord », « Martine Aubry se retrouve subitement au pied du mur de la candidature  ». Quant à « imaginer un réflexe d’union sacrée derrière la première secrétaire investie comme la candidate légitime », le quotidien estime que « ce n’est pas le scénario retenu à ce jour ». Enfin de nombreux journaux s’interrogent sur les manquements de la presse française concernant le traitement qui est fait des élites dirigeantes françaises au nom d’une bien commode « protection de la vie privée ». Les « Dernières Nouvelles d’Alsace » remarque que « le petit monde politicomédiatique parisien pourrait s’interroger sur sa fâcheuse tendance à minimiser ou à tolérer, les comportements limites (fric ou sexe ou les deux) de ses élites. Depuis des années, le personnel politique et nombre de journalistes étaient parfaitement au courant des +petites faiblesses+ de DSK ».

Quant au pouvoir français, il est sorti de sa réserve mardi, évoquant pour la première fois une éventuelle culpabilité de Dominique Strauss-Kahn, dont la présomption d’innocence reste défendue par ses amis socialistes qui ont vivement critiqué le système judiciaire américain. Très austère dans sa déclaration, le président français Nicolas Sarkozy a appelé mardi au « travail, au sang-froid, au courage, à l’unité » et aussi à « la dignité » au moment où l’inculpation du patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, secoue la classe politique. « Le sangfroid, le courage, l’unité et j’ajouterais la dignité, c’est la ligne de conduite de la majorité », a déclaré, sans citer le nom de DSK, M. Sarkozy, lors d’un petit-déjeuner des responsables de la majorité UMP (droite). Quant au Premier ministre, François Fillon, il a déclaré que si les faits reprochés à Dominique Strauss-Kahn étaient « avérés », il s’agirait « d’un acte très grave qui n’appelle aucune excuse ». A Gauche, tout le monde est « KO » debout. Encore sous le choc de l’incarcération de leur champion pour la présidentielle de 2012, les principaux dirigeants socialistes se sont retrouvés, mardi matin, pour une réunion de crise. « Nous avions besoin de nous retrouver dans un moment douloureux, pour l’un d’entre nous et pour nous tous », a déclaré la patronne du PS Martine Aubry. « Unité, responsabilité, combativité : voilà les trois mots qui sont venus le plus, ce matin  », a-t-elle ajouté. Martine Aubry a estimé que ce n’était « pas le moment  » d’évoquer sa candidature aux primaires du PS pour désigner le candidat pour 2012, dont DSK était jusque-là, le grand favori. Les socialistes ont préféré mardi défendre la présomption d’innocence de leur camarade et s’en prendre à la justice américaine qui permet la publication d’images jugées dégradantes, comme celles de DSK menotté dans le dos, ou encore épuisé et réduit au silence face à sa juge dans la salle d’audience. « Je suis bouleversée et j’ai trouvé les images écoeurantes », a déclaré l’ancienne ministre socialiste de la Justice Elizabeth Guigou. « On a assisté à une mise à mort médiatique, à une exhibition organisée par la police américaine, de Dominique Strauss- Kahn comme s’il était je ne sais quel ennemi public numéro un », a dénoncé l’ancien ministre de la Justice Robert Badinter, alors que l’ancien ministre de la Culture Jack Lang a, lui, dénoncé « un lynchage ».

Selon lui, « il n’est pas impensable, quand on connaît le système américain » qui est « très politisé, qu’il y ait de la part de la juge une attitude  » visant à « se payer un Français ». Les socialistes déplorent également une procédure accusatoire, dans laquelle DSK n’a pas encore pu s’exprimer. Martine Aubry, tout comme le chef des députés Jean-Marc Ayrault, ont cependant appelé à « attendre les faits » et à « respecter » la plaignante, alors que des voix se font entendre pour critiquer le manque d’attention accordée à la victime présumée. Un petit groupe de députés de droite s’en est ainsi pris « à la solidarité de caste » de certains socialistes, à l’égard de DSK. « La notoriété de DSK ne peut servir à banaliser le viol », a également jugé le Parti communiste. Des associations féministes ont déploré que l’on ne parle pas « de ce qu’a pu ressentir » la jeune femme, y voyant le signe de la difficile reconnaissance des violences sexuelles contre les femmes.

SUCCESSION AU FMI

Par ailleurs, la succession de Strauss-Kahn à la tête du FMI se prépare activement. Le Fonds a annoncé lundi à l’issue d’une réunion de son conseil d’administration, consacrée au sort de son directeur général Dominique Strauss- Kahn, qu’il allait « suivre les événements  », et qu’il n’avait pris aucune décision pour le moment. « Le FMI et son conseil d’administration vont continuer à suivre les événements  », a indiqué l’institution de Washington, dans un communiqué signé de sa directrice des Relations extérieures, Caroline Atkinson. Le Fonds a indiqué que les 24 représentants de pays et groupes de pays qui composent l’instance, avaient été informés de la situation, lors d’une « réunion informelle ». Pour autant, en Europe, on s’active à préparer le successeur ou celle qui prendra la relève de « ’DSK »’. La ministre française des Finances Christine Lagarde, dont le nom circule avec insistance, est « certainement une candidate crédible  » pour remplacer DSK, le directeur général, mais « on attend de voir si (le président français Nicolas Sarkozy) la présente », a estimé mardi un diplomate européen. Interrogée lundi soir à Bruxelles, la principale intéressée n’a pas voulu faire de commentaires, jugeant le débat prématuré. Mais dans son entourage on n’exclut pas une candidature. Mme Lagarde évoque régulièrement son attrait pour les Etats-Unis où elle a longtemps travaillé, comme possible terre de reconversion. « Si nous nous mettons rapidement d’accord sur Lagarde, nous avons une chance », lui a également indiqué une source européenne au Fonds monétaire international. Néanmoins, sur les 11 patrons du FMI depuis 1946, quatre à commencer par Dominique Strauss-Kahn étaient français, ce qui pourrait s’avérer un handicap.

Tags: Etats-Unis Prison New-York Dominique Strauss-Kahn

Source : Le Quotidien d'Oran

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