Le vent du changement, qui a soufflé le 14 janvier 2011 sur la Tunisie, a créé, par ricochet, une situation de crise dans le secteur
vital du tourisme. Un secteur qui représente 7 % du PIB tunisien et fait vivre pratiquement 30 % de la population, estimée
à plus de dix millions d’habitants.
ette situation a incité les
autorités tunisiennes à multiplier les actions pour rassurer les touristes, qui étaient plus
de sept millions à visiter ce pays
l’année dernière. Malheureusement, les chiffres enregistrés au
début de l’année frôlent le rouge
avec une baisse sensible de ses
entrées de plus de 40 %. Cette
situation a mis en péril tout le secteur du tourisme, d’où l’urgence de
mettre sur pied un plan d’action
pour, notamment, sauver la saison
estivale.
A LA CONQUÊTE DU MARCHÉ
ALGÉRIEN
Face à la défection très remarquée
des touristes étrangers, les professionnels du tourisme tunisien
misent beaucoup sur les Algériens
afin de pouvoir donner un nouveau
souffle à ce secteur vital. En effet,
avec une moyenne de plus de 1 million d’Algériens qui visitent chaque
année la Tunisie, l’Algérie est ainsi
le troisième client, après la Libye,
avec ses deux millions de visiteurs
et la France 1,4 million de touristes.
Mais avec le conflit libyen, qui a
pris de graves proportions, les
Tunisiens souhaitent ne pas perdre
le marché algérien, qui a enregistré
un recul de 35 % depuis le début de
l’année. Ainsi, le ministre du Commerce et du Tourisme M. Mehdi
Houas, a lancé une campagne promotionnelle sur le marché algérien
qui a ciblé les différents médias
algériens. Les professionnels du
tourisme tunisien prendront également part aux différentes manifestations liées au tourisme en Algérie.
Ainsi, ces derniers seront, dès
aujourd’hui, présents à Oran, à
l’occasion du Salon Siaha 2011. Ils
se déplaceront aussi le 18 mai prochain à Alger, afin de rassurer les
touristes algériens, mais aussi de
proposer leurs produits et de nouveaux prix plus attractifs. Sur les 60
millions de dinars tunisiens consacrés à la promotion du tourisme, un
budget conséquent a été alloué à la
promotion en Algérie, avec des
spots publicitaires dans les médias
audiovisuels algériens. Parmi les
autres mesures prises, le ministre
du Commerce et du Tourisme, M.
Mehdi Houas, a évoqué la possibilité d’organiser des liaisons maritimes entre l’Algérie et la Tunisie
afin que les Algériens puissent s’é-
pargner le long trajet par route. Le
ministre tunisien devrait rencontrer
ses homologues algériens du Commerce et du Tourisme en Algérie
avant une seconde entrevue, prévue
avec les mêmes interlocuteurs, à
Tunis. Ils devront, à l’issue de ces
entrevues, prendre une série de
mesures allant dans ce sens.
LES ASSURANCES
DES TUNISIENS QUANT
À L’ASPECT SÉCURITAIRE
La défection des touristes depuis le
début de l’année s’explique surtout
par la peur de la dégradation de la
situation sécuritaire dans le pays.
Un avis que ne partage pas le
ministre du Commerce et du Tourisme, M. Mehdi Houas. Il a même
affirmé que la situation s’est beaucoup améliorée. Il a avoué que de
nombreux ambassadeurs, qu’il
avait invités à se rendre dans le sud
du pays afin d’y passer un weekend, ont fini, pour la plupart, par
lever leurs restrictions et ont incité
leurs concitoyens à se rendre en
Tunisie afin de pouvoir passer leurs
vacances. Le président-directeur
général de l’hôtel Thalassa de
Monastir, M. Slim Zghal, abonde
dans le même sens en déclarant,
notamment, que le vent du changement a apporté de nouvelles
mœurs, mais qu’il ne pouvait, par
exemple, empêcher les gens de
faire des sit-in. Celui-ci nous a
même raconté une anecdote : des
manifestants ont bloqué le 4 avril
l’autoroute d’Endifha, non loin du
point de péage Hergla, pour deux
heures, et ce afin d’exiger la fermeture d’une usine de traitement du
cuir à Chguarnia. Toutefois, M.
Zeghal a tenu à nous faire comprendre que les Tunisiens ont l’esprit citoyen et sont conscients
de l’importance que représente le
tourisme pour le pays, avant
d’ajouter : « C’est ce qui explique
que seuls les biens appartenant à la
famille du président déchu Zine ElAbidine Benali ont été saccagés. » Il
est vrai que les sites touristiques
ont été épargnés par les émeutes de
janvier dernier. Mais le souci premier pour les autorités, comme
pour les professionnels du secteur
du tourisme tunisien actuellement,
reste comment remplir les hôtels et
éviter une année blanche.
Et c’est là tout le défi de la Tunisie
d’aujourd’hui.
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Source : El-annabi.com