Le Premier ministre tunisien
Mohammed Ghannouchi a
annoncé hier, sa démission à Tunis,
après des journées de contestations
et de violences dans
la capitale tunisienne, qui ont
fait au moins trois morts.
Parlant
devant la presse, M. Ghannouchi
a déclaré : « j’ai décidé
de démissionner de ma fonction
de Premier ministre », et il a ajouté
: « je ne serai pas le Premier
ministre de la répression ». « Je ne
suis pas le genre de personne
qui va prendre des décisions qui
pourraient provoquer des victimes
», a-t-il encore dit pour expliquer
sa décision. Il avait pris
les rênes d’un gouvernement de
transition après l’éviction, le 14
janvier, du président Zine El
Abidine Ben Ali, chassé par des
manifestations populaires dans
le pays, que l’armée avait refusées
de réprimer. Depuis samedi,
des affrontements qui ont fait
au moins trois morts et des dizaines
de blessés, ont opposé
des manifestants et la police,
dans le centre de la capitale tunisienne.
Premier ministre de
Ben Ali de 1999 jusqu’à la chute
de ce dernier, M. Ghannouchi
avait formé, le 17 janvier, un
premier gouvernement dans lequel
l’équipe sortante conservait
les postes-clés.
Cinq ministres
avaient démissionné dans les
jours suivants. Dix jours plus
tard, il avait annoncé une nouvelle
équipe de transition épurée
des principaux caciques de
l’ancien régime. Le 25 février,
une manifestation de masse,
estimée à quelque 100.000 personnes,
avait envahi le centre de
Tunis pour réclamer le départ de
son gouvernement. Et l’annonce
de la tenue d’élections en
juillet n’avait pas calmé les protestataires,
dans un pays confronté
à une situation économique
difficile et à l’afflux de réfugiés
de la Libye voisine.
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Source : Le Quotidien d'Oran