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WikiLeaks

Djezzy, affaire américaine

17 février 2011
Djezzy, affaire américaine

L’affaire Djezzy aurait donc une dimension américaine. C’est ce que tend à confirmer la dépêche émanant de l’ambassade américaine au Caire, mise en ligne mardi 15 février par le site WikiLeaks et qui signale que des « investisseurs américains détiennent une participation significative dans Orascom ».

Ces associés américains de Naguib Sawiris sont les fonds d’investissements Weather Capital, Madison Dearborn Capital Partners et TA Associates ainsi que d’autres investisseurs institutionnels américains. C’est donc au titre de société multinationale à capitaux partiellement américains, qu’Alex Shalaby président de Mobinil, la filiale égyptienne d’Orascom, a rencontré le 4 décembre 2009, des diplomates de l’ambassade au Caire et leur a fait un rapport sur la situation d’OTA, filiale algérienne du groupe dirigé par le magnat Sawiris, proche du Raïs déchu Hosni Moubarak.

Alex Shalaby a estimé à environ 62 millions de dollars, les dommages causés à OTA Djezzy par les incidents qui ont suivi le match de qualification au Mondial. Mais le groupe Orascom est davantage alarmé par le redressement fiscal de 596,6 millions infligé par le fisc algérien à Djezzy, au titre d’arriérés d’impôts à OTA, couvrant les années 2005, 2006 et 2007. OTA, la filiale algérienne détenue à 96 % par Orascom Telecom, représente 60 % du chiffre d’affaires et des bénéfices du groupe. Le redressement algérien affecte directement les équilibres financiers d’Orascom Telecom. Alex Shalaby informe ses interlocuteurs américains qu’OTA et le gouvernement algérien avaient conclu un accord d’exonération fiscale entre 2005 et 2007. Un avantage obtenu à une époque où l’investissement en Algérie était considéré comme risqué selon le dirigeant égyptien. Selon Shalaby, les comptes d’OTA auraient audité par des experts internationaux et locaux. Mais le gouvernement algérien a décidé de réclamer des arriérés d’impôts correspondant à la période censée être couverte par l’accord d’exonération. Alex Shalaby a indiqué que le gouvernement algérien bloquait également le rapatriement des dividendes d’OTA. Il souligne que la demande fiscale algérienne n’a pas de rapport avec le match de football Algérie/Égypte, marqué par de graves incidents.

La raison principale qui expliquerait, selon lui, l’attitude algérienne est la volonté du gouvernement algérien d’affaiblir OTA pour favoriser Mobilis, son concurrent direct sur le marché local. Mais ce serait la vente d’Orascom Cement au Français Lafarge qui serait la cause première de la vindicte du gouvernement algérien qui se serait « alors tourné vers OTA en la prenant comme cible pour se venger ». Le patron égyptien a cité un discours du président Bouteflika, en juillet 2009, dans lequel le chef de l’Etat algérien évoquait la vente d’Orascom Cement à Lafarge. Alex Shalaby a expliqué qu’Orascom Telecom pourrait contester le redressement fiscal via un arbitrage international. Mais, « ce processus prend généralement un temps très long pour aboutir à un règlement », a-t-il noté.

UNE DÉMARCHE SURPRENANTE

Cette mesure de rétorsion serait unique en son genre, Shalaby n’ayant pas connaissance de redressements fiscaux en Algérie ayant touché d’autres compagnies internationales, a décrit les initiatives prises par Naguib Sawiris pour faire face aux difficultés rencontrées en Algérie. C’est ainsi que les diplomates américains informent leur centrale qu’Orascom Telecom avait déjà approché le gouvernement égyptien mais qu’Alex Shalaby se pose des questions quant aux capacités d’influence du Caire sur Alger.

L’objet des confidences d’Alex Shalaby apparaît clairement quand il informe ses interlocuteurs de son intention de consulter ses associés américains et, qu’éventuellement, il solliciterait l’intervention du gouvernement américain. Cette intervention se justifierait car les « représailles » du gouvernement algérien, redressement fiscal, interdiction de transférer les dividendes par OTA, seraient susceptibles de porter préjudice aux intérêts des investisseurs américains qui détiennent des parts dans le groupe égyptien. La démarche est surprenante, on voit mal le gouvernement des Etats- Unis intervenir à ce stade dans un différend opposant une société commerciale et une administration fiscale.

Salem Ferdi

Tags: Algérie Égypte Djezzy Etats-Unis Mobile

Source : Le Quotidien d'Oran

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