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Après 17 jours de manifestations populaires et des pressions étrangères

Hosni Moubarak démissionne et confie les rênes de l’Egypte à l’armée

11 février 2011
Hosni Moubarak démissionne et confie les rênes de (...)

Moubarak a enfin jeté l’éponge. Après trois semaines de manifestations monstres revendiquant son départ, ainsi que la fin de son régime – après 30 ans à la tête du pouvoir en Egypte depuis 30 ans –, voilà que le désormais ex-raïs s’est résolu à démissionner.

L’annonce a été faite hier, vers 18h04 (heure égyptienne), 17h04 (heure algérienne), par son vice-président Omar souleïmane à la télévision d’Etat. Pliant face aux pressions de son peuple et de l’étranger, Hosni Moubarak a confié la direction du pays au Conseil militaire suprême. Tian An Men du monde arabe, la place Ettahrir est entrée dans l’histoire par la grande porte.

C’est la fin d’une époque en Egypte. La page Moubarak a été tournée hier avec l’annonce de sa démission de la présidence de la République. La révolution des jeunes a eu gain de cause, ses sacrifices n’ont pas été vains ! Le pays est en liesse après l’annonce de cette nouvelle. La victoire du peuple égyptien est ainsi quasi totale avec la désignation du Conseil militaire suprême pour diriger l’Egypte. Ce n’est même pas le vice-président Omar Souleïmane qui prendra en charge les destinées du pays, bien qu’il soit constitutionnellement habilité à le faire. Le rôle qu’il a tenu au sein du système l’a discrédité auprès du peuple. La mine défaite, d’un ton laconique, le vice-président Souleïmane a annoncé la démission de Moubarak. « Le Président a décidé de renoncer à ses fonctions de président de la République, et a chargé le Conseil militaire suprême de prendre en charge les affaires publiques dans les circonstances difficiles que traverse le pays. »

Peu auparavant, des informations avaient fait état du départ de Moubarak de son palais présidentiel du Caire vers sa résidence à Charm el-Cheikh, dans le Sinaï. C’était la première étape en direction de la porte de sortie. La journée d’hier était très particulière : des millions d’Egyptiens, déçus par les mesures annoncées par l’ancien président, consistant à transférer ses prérogatives à son vice-président, et le ralliement prudent de l’armée aux mesures de Moubarak, étaient survoltés. Tout le monde exigeait le départ du Président et de son régime. Dans son communiqué numéro 2, le Conseil suprême des forces armées reconnaissait le transfert de pouvoir du président Hosni Moubarak à son vice-président, annoncé jeudi soir, et l’organisation d’élections libres et justes, soutenant ainsi la transition pacifique prônée par le raïs. De plus, l’armée appelait les services publics à reprendre, exhortant au « retour à la vie normale afin de préserver les réalisations de notre glorieux peuple ». Une position bizarre après le ralliement du même Conseil, quelques heures auparavant, aux revendications populaires, tel qu’exprimé par le communiqué numéro 1.

Le départ de Moubarak du pouvoir, aux premières heures de vendredi, était une question d’heures seulement. En effet, des indices probants faisaient état d’une probable démission du chef de l’Etat. Paradoxalement, l’indice est venu d’Israël. Le député travailliste israélien Benyamin Ben Eliezer a affirmé hier matin qu’Hosni Moubarak lui a dit, au cours d’une conversation téléphonique, jeudi soir peu avant son allocution télévisée, qu’« il cherchait une porte de sortie honorable ». « Il sait que c’est fini, que c’est la fin de la route. Il ne m’a dit qu’une seule chose peu avant son discours, c’est qu’il cherchait une voie de sortie », a affirmé Ben Eliezer à la radio militaire. Qu’adviendra-t-il désormais de l’Egypte et de la région ? « C’est le plus beau jour de ma vie », a réagi Mohamed El-Baradeï. « Le pays a été libéré », a-t-il ajouté. Et c’est un sentiment largement partagé par les politiques en Egypte, avec la fin d’une époque, celle de Moubarak. Reste que la désignation par l’ex-raïs du Conseil militaire suprême pour lui succéder est révélatrice d’une volonté d’opérer la transition dans le système et non pas à l’extérieur du système. Car l’armée égyptienne est au cœur du pouvoir depuis la révolution des Officiers libres en 1952.

C’est une sorte de continuité qui est voulue au sein de l’oligarchie militaire en Egypte ; et pour cause, les enjeux sont grands. Le pays, considéré comme un pilier de l’alliance pro-américaine au Proche-Orient est un partenaire incontournable pour Washington – et par voie de conséquence un allié stratégique pour Israël. Et c’est ce voisinage délicat qui a déterminé les atermoiements américains et les lentes négociations au sein du pouvoir égyptien pour trouver la parade à l’après-Moubarak. Une chose est certaine, l’armée égyptienne, qui tient les rênes du pouvoir, respectera les engagements internationaux du pays, et à leur tête les accords de Camp David. Le maréchal Tantaoui, ministre de la Défense et chef du Conseil militaire suprême, est réputé être très apprécié par les Américains. Le 28 janvier dernier, Tantaoui était au Pentagone, et jeudi soir, il a longuement discuté au téléphone avec le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates. Le changement dans la continuité est en marche !

M. K.

Tags: Égypte Hosni Moubarek Armée Gouvernement

Source : Le Jeune Independant

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