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Crise du monde arabe : La cause

7 février 2011
Crise du monde arabe : La cause

Américains et Européens réunis, samedi à Munich, pour la 47ème Conférence sur la sécurité, ont saisi l’occasion pour prononcer la sentence pour le monde arabe : la démocratie et le marché libre.

« La démocratie et l’économie n’ont pas convergé dans le même sens », a déclaré la Secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, lors de son allocution à l’ouverture de la Conférence sur la sécurité, tenue samedi à Munich. Cette simple phrase sonne comme une sentence irréversible qui donne une explication au sens des révoltes populaires qui secouent actuellement le monde arabe. Les révoltes expriment l’incompatibilité définitive des régimes politiques arabes avec la modernité, avec le sens de l’Histoire.

La déferlante de la mondialisation, tous azimuts, n’épargnera pas le monde arabe. L’archaïsme, sous toutes ses formes, des régimes politiques arabes n’arrange plus les affaires du marché mondial occidental. Les investissements, les échanges commerciaux, les partenariats économiques, dans leurs formes actuelles, ne peuvent plus s’accommoder de la corruption, du chantage et de l’opacité de la gestion dans le monde arabe. C’est que la crise financière internationale n’a pas fini, depuis 2008, de mettre en difficulté les économies occidentales. Les comptes publics affichent des records d’endettement, l’inflation est endémique et les marchés occidentaux saturés. Les gouvernements s’étranglent dans des rigueurs budgétaires jusqu’à l’austérité.

Dans une telle situation, ils ne peuvent se contenter, comme au temps de la croissance à 2 chiffres, des « absurdités et anomalies » économiques des marchés avec lesquels ils réalisent une très large part de leur PIB : ceux de leurs voisins arabes. Détrompons-nous, ce n’est pas par pure solidarité à la soif de liberté de la jeunesse arabe que les occidentaux se solidarisent avec leur révolte, mais d’abord pour défendre leurs pré carré économique, auquel cas on l’aurait su depuis le temps de leurs amitiés et soutiens avec nos dirigeants.

Ceci dit, tant mieux, pourvu que tous, occidentaux et arabes trouvent leurs comptes. Combien de fois des investisseurs occidentaux venus au Maghreb, par exemple, avec de gros projets industriels, ont rebroussé chemin, face aux barrages administratifs, aux obligations de dessous de table et à la corruption ? En Algérie par exemple, on nous explique le raté par la voracité de l’investisseur étranger ou de la défense de l’intérêt national. Cela peut être vrai pour un, deux ou trois cas mais pas, systématiquement et comme par hasard, pour ce qui concerne les petites et moyennes entreprises. Toujours à Munich, lors de la Conférence sur la sécurité, la Chancelière allemande, Angéla Merkel, faisant le parallèle avec la révolution égyptienne, et évoquant la chute du mur de Berlin en 1989, a précisé « que nous ne pouvions pas attendre un jour de plus pour la réunification et la liberté.  » Que faudrait-il de plus pour que les dictateurs qui sévissent au sud de la Méditerranée comprennent que la bienveillance des occidentaux à leurs égards est bien finie ? Ni eux, ni leurs systèmes de gestion ne les arrangent, dorénavant plus. Parce que, seul un vrai système démocratique garantit l’expression libre de toutes les libertés de l’homme, ainsi qu’une gestion transparente et responsable de l’économie du pays.

Au-delà du gain économique que peuvent engranger arabes et occidentaux, dans un partenariat équitable, les problèmes de société tels les flux migratoires baisseront d’intensité. Les jeunes du Sud Méditerranée fuient aujourd’hui la misère et l’absence de libertés dans leurs pays. D’autres problèmes et conflits, tels ceux de la sphère culturelle ou religieuse s’atténueront. Car, il est incontestable que les extrémismes politiques et religieux ou les nationalismes meurtriers se nourrissent les uns, les autres, par des rejets réciproques. L’extrême droite européenne brandit la « menace » de l’immigration arabe et l’intégrisme lui répond, au nom de l’Islam, par la violence.

C’est pour dire que nous vivons, en ce début d’année 2011, un véritable bouleversement géopolitique dans la région. Le monde arabe ne sera plus, dans les mois à venir, ce qu’il a été à ce jour. Il se tord, hurle et saigne dans la douleur avant d’accoucher d’une nouvelle ère qui lui fera rejoindre le cours de l’histoire, celle façonnée par la mondialisation, tous azimuts. Les peuples arabes, particulièrement leurs jeunesses, ne se reconnaissent plus dans les systèmes politiques anachroniques qui les gouvernent. En cela, la jeunesse arabe démontre aujourd’hui sa hâte et son impatience à chevaucher, vite, le train de la modernité et ses attributs de liberté, de justice, de citoyenneté. Alors, vive la révolution…des jeunes.

M’hammedi Bouzina Med

Tags: Moyen-Orient Maghreb Manifestation

Source : Le Quotidien d'Oran

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