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Crise égyptienne : Faut-il brûler Le Caire ?

1er février 2011

L’issue pour Hosni Moubarak et son clan ne fait plus de doute. La question est de savoir jusqu’où ira l’autocrate du Caire pour se venger de la rue égyptienne.

La chute du président égyptien Hosni Moubarak et son régi me policier est, tout au plus, une question de jours, peut-être de semaines. Les déclarations des dirigeants occidentaux abondent dans ce sens, même si la bienséance diplomatique habille leurs discours et messages d’une apparente prudence politique, tant leurs intérêts sont en jeu dans la région proche et moyenorientale. Après tout la « langue de bois » est le langage par excellence du discours diplomatique, particulièrement celui destiné au public. Par la voix de leur président et celle de la secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, les USA ont appelé, dès le début des manifestations au Caire, Hosni Moubarak à mettre un terme à la répression des manifestants et à libérer le champ politique.

L’Union européenne n’a réagi que le samedi dernier. C’est le président du Conseil européen, Herman van Rompuy, qui a diffusé un communiqué par lequel il rejoignait la position américaine. A l’heure où nous mettons sous presse, les ministres des Affaires étrangères de l’UE sont réunis (lundi) à Bruxelles et examinent la question égyptienne. Le léger décalage dans le temps entre les déclarations américaine et européenne est normal. L’Egypte et le Proche- Orient sont d’abord le carré de prédilection stratégique des USA. Cependant, sachant la nature du régime politique de Hosni Moubarak, celle d’un autocrate issu, qui plus est, de l’armée égyptienne, les Occidentaux ne se font aucune illusion : Moubarak ne peut, ni ne sait, initier aucune réforme démocratique ou accepter l’idée même de la remise en cause de ses pouvoirs, tous ses pouvoirs.

Il ira à la confrontation avec la rue et usera de la répression la plus féroce contre le peuple égyptien. Et c’est ce qu’attendent les Occidentaux, américains en tête, pour lui « intimer » l’ordre express de « dégager  », si toutefois il ne sera pas arrêté par ses propres amis militaires. La seule inconnue pour les Occidentaux est l’ampleur du prix à payer par le peuple égyptien en victime expiatoire. L’issue de l’affrontement entre la rue et le pouvoir du clan Moubarak ne fait plus de doute chez les Occidentaux. Sinon, les Américains, installés dans des pays en guerre comme l’Afghanistan et l’Irak où ils sont particulièrement visés, ne feraient pas évacuer leurs représentants diplomatiques et autres délégations commerciales de la capitale égyptienne. La Turquie voisine a pris les mêmes dispositions samedi dernier. Et jusqu’aux voyagistes qui croyaient leurs clientèles touristiques installées dans les zones éloignées des villes égyptiennes, loin de tout risque sécuritaire, ont commencé, depuis samedi, à les évacuer. La perspective d’une gradation dans la violence est inévitable. Au Caire, l’opposant et prix Nobel de la paix, Mohamed El Baradeï, est remis au-devant de la scène, adoubé par l’opposition laïque et religieuse pour être leur interlocuteur vis-à-vis du pouvoir égyptien, entendez l’armée et les services de sécurité, car avec Moubarak, la messe est dite : aucune négociation n’est possible.

Le Raïs sait qu’il risque, lui, sa famille et son clan proche, les poursuites engagées contre son ami, le Tunisien Zine El Abidine Ben Ali. En se rendant au Caire dans ces circonstances de violence, El Baradeï n’avait aucun doute sur l’issue de l’affrontement. Lui aussi savait, à la veille de quitter la capitale autrichienne, Vienne, où il a sa résidence, que les jours de Moubarak étaient comptés. Quant à l’utilité du régime de Moubarak pour les USA dans la région, particulièrement dans le conflit israélo- palestinien, elle ne fait plus l’unanimité au Congrès américain depuis la fin du règne de George W. Bush. Il n’y a qu’à réécouter le discours de Barack Obama adressé, justement du Caire, le 4 juin 2009 au monde arabo-musulman. Enfin, les 30 années de règne du clan Moubarak n’ont pas fait avancer la paix israélo-arabe, ni contré l’influence grandissante de l’Iran dans la région. Périmé, le régime Moubarak met en danger les intérêts occidentaux. Ils ne peuvent plus s’en accommoder. Ils laissent le soin à la rue égyptienne, à qui ils manifestent leur soutien, le soin de le démettre.

M’hammedi Bouzina Med

Tags: Égypte Hosni Moubarek Gouvernement

Source : Le Quotidien d'Oran

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