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Le peuple égyptien déterminé à en découdre avec le régime

28 janvier 2011

L’Egypte est au bord du chaos. La journée du « vendredi de la colère » semble avoir sonné le glas du régime égyptien, du moins dans sa configuration actuelle.

Le cycle des manifestations répressions a débordé dans pratiquement toutes les villes du pays. Huit morts sont tombés sous les balles de la police. Le président Moubarak, chef suprême de l’armée, a décrété un couvre-feu qui concerne la grande agglomération du Caire, Alexandrie et Suez, de 18h à 6h. Les Etats-Unis se disent très préoccupés par la situation dans un pays allié des Américains.

Malgré un déploiement massif des forces de sécurité, les manifestations sont plus nombreuses que les précédents jours. Des dizaines de milliers de personnes ont envahi les rues du Caire, scandant « le peuple veut la chute du régime », alors que la police semblait totalement débordée. Parties de plusieurs quartiers de la rive est du Nil, où se trouvent la plupart des bâtiments gouvernementaux, les manifestations ont gagné plusieurs secteurs de la rive occidentale de la capitale. La police a fait usage de gaz lacrymogènes, de balles en caoutchouc tirées en l’air ainsi que de canons à eau pour disperser les manifestants. Des dizaines de personnes ont été blessées lors d’affrontements avec les forces de l’ordre, notamment près d’une des résidences du président Moubarak et sur les places Attahrir et Abdelmounaïm-Riyad.

La chaîne de télévision qatarienne Aljazeera a fait état d’au moins un mort et de dizaines de blessés sur une place du centre de la ville. La chaîne rapporte aussi que l’opposant Aymane Nour, arrivé en deuxième position lors de l’élection présidentielle de 2005 derrière Moubarak, a été blessé. Un journaliste a vu plusieurs personnes en sang, avec des blessures à la tête. A Alexandrie, la deuxième ville du pays, la police a tiré des gaz lacrymogènes et des balles caoutchoutées pour disperser plusieurs milliers de manifestants qui criaient « on ne veut pas de lui », en allusion au président égyptien. En fin de journée, la ville était complètement contrôlée par les manifestants, les forces de l’ordre ayant déserté les lieux.

A Mansoura, dans le delta du Nil, certains imams de la ville ont appelé dans leurs prêches à « sortir dans la rue et demander le changement ». Aljazeera a recensé environ 40 000 manifestants dans la ville. Des affiches du parti de Hosni Moubarak ont été arrachées. La chaîne a également constaté que le centre de la ville de Suez était occupé. Selon des agences de presse, les affrontements avec les forces de l’ordre dans cette ville ont provoqué la mort d’un manifestant. Des témoins ont également fait part de dizaines de personnes blessées dans la capitale. Un journaliste a aperçu plusieurs personnes ensanglantées blessées à la tête, d’autres s’effondrant à terre, sans que l’on sache exactement la cause de ces blessures compte tenu du chaos régnant sur place. Le mouvement a fait au moins huit morts en quatre jours, des dizaines de blessés, et entraîné plus d’un millier d’arrestations. L’organisation Human Rights Watch a dénoncé un usage de la force par la police « totalement disproportionné ».

Face à cette situation, le président Moubarak est resté mué, du moins jusqu’à hier 17h30. Seul Mustapha Al-Fekki, président de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée et membre du Parti national démocratique, s’est exprimé : « L’option sécuritaire seule n’est pas suffisante, et le Président est le seul à même de faire cesser ces événements », a-t-il déclaré, ajoutant que « des réformes sans précédent » sont nécessaires pour éviter une « révolution » en Egypte. La seule mesure décidée par Moubarak est l’instauration d’un couvre-feu au Caire, à Alexandrie et à Suez, les principales villes du pays, de 18h à 6h. Le Président a pris cette décision, en sa qualité de chef suprême de l’armée, a précisé la télévision officielle égyptienne. Des blindés de l’armée sont sortis pour protéger la radio et la télévision notamment. Cela n’a pas empêché les manifestants de saccager et de brûler le siège national du Parti national démocratique du président Moubarak.

A Washington, le département d’Etat a déclaré que seules les réformes démocratiques peuvent apaiser la situation en Egypte. « Le peuple est le partenaire du gouvernement et non son ennemi », a déclaré le porte-parole Phillip Crowley. A Londres, le Premier ministre David Cameron a indiqué que les événements d’Egypte sont une chance pour amortir des réformes démocratiques dans ce pays, tout en insistant sur la modération et la retenue face aux manifestations.

Par M’hamed Khodja

Tags: Égypte Émeute Manifestation

Source : Le Jeune Independant

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