La situation en Tunisie
devait dominer
un sommet économique
des dirigeants des
pays de la Ligue arabe,
aujourd’hui mercredi, à
Charm el-Cheikh (Egypte),
sur fond de craintes d’instabilité
persistante dans ce
pays et de contagion de la
contestation à l’extérieur.
Ce sommet constitue la
première réunion des chefs
d’Etat arabes depuis le départ
vendredi, sous la pression
populaire, du président
tunisien Zine El Abidine
Ben Ali, après 23 ans de règne.
« Le monde arabe est
témoin aujourd’hui de développements
et de défis
qui touchent à la sécurité
nationale », a affirmé mardi,
lors des travaux préparatoires,
le chef de la diplomatie
koweïtienne Mohammad
Al-Sabah. « Des peuples
mènent des insurrections
(...) et les citoyens arabes
se demandent : est-ce
que les régimes arabes actuels
peuvent répondre à
ces défis de manière dynamique
? », a-t-il dit dans une
allusion à la situation tunisienne.
« Les régimes peuvent-
ils répondre aux souffrances
du citoyen arabe ? »,
s’est-il encore demandé.
Le ministre des Affaires
étrangères tunisien, Kamel
Morjane, est arrivé lundi
soir, à la station balnéaire
de la mer Rouge, pour informer
ses homologues, de
la situation dans son pays.
Il s’agit du premier voyage
officiel d’un membre du
cabinet tunisien, depuis la
chute du gouvernement de
l’ancien président Zine El
Abidine Ben Ali qui a fui
en Arabie Saoudite. M.
Morjane a indiqué mardi,
que le peuple tunisien avait
« dit son mot » et que, désormais,
l’unique ambition
du gouvernement tunisien
de transition était de préparer
des élections libres et
des réformes. « Le peuple
tunisien a dit son mot et est
sorti vainqueur de ce soulèvement populaire », a-t-il
dit à la presse. « Nous voudrions
confirmer qu’il s’agit
d’un gouvernement de
transition : son but est clair
et son mandat limité par la
loi (...) Son but est de mettre
en place une élection
présidentielle libre (...), à
laquelle participeront des
observateurs étrangers
(...) », a-t-il poursuivi. Il a
ajouté que des réformes
porteraient notamment sur
les questions économiques
et sociales. « Il y aura des
réformes politiques mais
aussi (des réformes) sur
(...) le plan social », a dit M.
Morjane, déjà membre du
gouvernement en place
sous le président Ben Ali.
Les gouvernements arabes
ont multiplié, ces derniers
jours, les appels à l’union
et à la restauration de la
stabilité en Tunisie, laissant
poindre leur inquiétude de
voir les événements de Tunis
faire tache d’huile. La
« révolution du jasmin » tunisienne
est fréquemment
citée en exemple par l’opposition
ou dans les milieux
syndicaux de nombreux
pays arabes, dominés
par des régimes autoritaires
et eux aussi en proie
à un profond malaise social.
Au Soudan, l’opposition
a plaidé pour la « fin du
régime totalitaire » à Khartoum
et appelle à un soulèvement
populaire similaire
à celui survenu en Tunisie.
Au Yémen, les forces
anti-émeutes ont dispersé,
mardi à Sanaa, en tirant en
l’air, une manifestation
d’étudiants qui scandaient
des slogans en faveur du
soulèvement populaire en
Tunisie, appelant les « peuples
arabes à se révolter
contre leurs dirigeants ».
L’opposant égyptien et ancien
haut responsable international
Mohamed El Baradei
a, quant à lui, jugé
mardi « inévitable » un
changement de régime en
Egypte, après le soulèvement
populaire tunisien.
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Tunisie
Source : Le Quotidien d'Oran