Remis de leurs émotions après le succès face au Maroc, les Verts sont plus que jamais optimistes. Trois raisons permettent à Benchikha et sa bande de se pencher sur l’avenir de l’équipe avec beaucoup d’ambition.
Il y a cette victoire qui met un terme à plus d’une année de contre-performances ; le sélectionneur national dispose désormais d’un banc de touche royal ; l’équipe aura le soutien indéfectible de ses inconditionnels.
Les Verts renouent avec la victoire
La victoire des Verts sur le Maroc, dimanche soir à Annaba, constitue un événement important, non seulement elle relance notre sélection nationale dans la course aux éliminatoires de la CAN-2012 puisque à mi-chemin les compteurs sont remis de nouveau à zéro pour les quatre équipes du groupe, mais elle met fin à quatorze mois de disette. En effet, durant toute l’année 2010, les Verts n’ont enregistré qu’une seule victoire en match officiel, c’était face à la Côte d’Ivoire en quart de finale de la CAN-2010 en Angola (3 à 2). Un match référence, resté gravé dans les mémoires, tellement les Verts avaient subjugué les observateurs en alliant l’art et la manière pour venir à bout des coéquipiers de Didier Drogba.
Malheureusement, et incompréhensiblement, l’équipe algérienne a par la suite sombré, perdant à la fois son football et son efficacité. Après le match de la Côte d’Ivoire, l’équipe nationale a aligné douze rencontres, dont sept officielles, avec un bilan plus qu’inquiétant : huit défaites (Egypte, Nigeria, Serbie, Eire, Slovénie, USA, Gabon et Centrafrique), trois nuls (Angleterre, Tanzanie et Luxembourg) et un seul succès, en amical (Emirats arabes unis). C’est dire l’importance de ce match face au Maroc, le premier de l’année 2011, et qui devrait redonner confiance à une sélection qui a longtemps douté, même si beaucoup de choses restent à faire. Pour Abdelhak Benchikha, l’essentiel est que son équipe a redressé une situation compromise et que les cartes sont redistribuées dans ce groupe D, tout en reconnaissant que la manière n’y était pas durant cette rencontre et qu’un gros travail l’attend. Le prochain match face au Maroc, sera un autre test pour les Algériens qui nous doivent bien une revanche sur le plan de la qualité de jeu et de l’efficacité offensive (en 2010, les Verts ont marqué seulement six buts en quinze matchs pour 24 encaissés !).
Le banc de touche : La deuxième équipe de Benchikha
Le moins que l’on puisse dire, c’est que le staff technique national n’a pas eu la partie facile lors de ce match face au Maroc en perdant trois joueurs clés, trois cadres qui ont, jusqu’à maintenant, fait partie de l’échiquier de tous les sélectionneurs depuis au moins cinq ans. Madjid Bougherra, out avant même le début du stage en raison d’une blessure à l’ischio-jambier contracté en finale de la coupe de la Ligue écossaise, Karim Ziani, déclarant forfait durant l’échauffement, et le capitaine Anthar Yahia, durant le match, laissant sa place à Carl Medjani qui formera avec le revenant Ismaël Bouzid, un duo inédit dans l’axe de la défense. Du coup, la victoire devient plus significative pour l’équipe nationale et pour le sélectionneur qui a réussi sa mission sur le plan tactique et sur le choix des joueurs qui, pour la plupart, ont donné satisfaction, à un ou deux éléments près. Toutefois, aujourd’hui Benchikha peut dormir tranquille car il aura encore l’embarras du choix sur le plan de l’effectif si l’on se réfère au potentiel dont il dispose.
C’est simple, Benchikha dispose carrément d’une deuxième équipe nationale avec les éléments qui n’ont pas joué face au Maroc, et en plus elle a fière allure avec les Fawzi Chaouchi, Madjid Bougherra, Karim Ziani, Karim Matmour, Fouad Kadir, Adnène Guedioura, Mourad Meghni, Rafik Halliche, Chadli Amri, Hocine Metref, Abdelmalek Ziaya, Abdelmoumen Djabou et autre Rabie Meftah. Comme on dit : trop de bien ne nuit jamais, faut-il juste savoir faire monter la mayonnaise pour avoir la meilleure équipe du moment.
Le soutien : Quel douzième homme !
On ne cessera jamais de le répéter : les supporters de l’équipe nationale sont formidables, pour ne pas dire exceptionnels. A l’occasion de cette rencontre face au Maroc, ils ont prouvé, une fois encore, qu’ils peuvent être présents en mettant toute une ville en branle, semant une ambiance qui a complètement métamorphosé la vie des Annabis. Malgré tous les excès, tout le délire et les violences qui ont été relevés ici et là, notamment lors de la vente des billets, mercredi dernier, ou bien à l’entrée du stade, le jour du match, les fans des Verts ont été à la hauteur de l’événement, ce qui leur a valu les hommages de tous les joueurs et de tous les observateurs présents. Le sélectionneur national, Abdelhak Benchikha, qui avait réclamé 60 000 supporters, en a eu bien plus.
Les organisateurs, qui appréhendaient cette sortie à haut risque, ont soufflé un bon coup, malgré quelques fumigènes – naturellement – allumés et des coups de laser lancé des tribunes. Pour le reste, les Marocains, joueurs et supporters, ont été bien accueillis et aucun écart n’a été constaté. Les supporters algériens n’ont pas oublié que leurs voisins de l’Ouest avaient soutenu les Verts lors de la confrontation contre l’Egypte sur la route du Mondial en Afrique du Sud. Les supporters algériens, toujours débordant de passion pour leur équipe, ont bravé tous les obstacles pour se frayer une place dans l’enceinte du 19-Mai-1956, en passant même la nuit devant les portes du stade. Ils sont venus de partout, de toutes les régions du pays, pour donner de la voix et soutenir leurs favoris. Pour une simple séance d’entraînement, au stade Chabou, ils ont été plus de quinze mille, jeunes et moins jeunes, femmes et enfants, à venir applaudir les coéquipiers de Ziani, ce qui les a boostés et leur a redonné confiance pour relever le défi de ce choc maghrébin et entrevoir l’avenir avec plus de certitudes.
Le prochain match, face à la République centrafricaine, dont on ne connaît pas encore la domiciliation, sera de nouveau l’occasion pour le douzième homme de se distinguer et au pays de vivre des moments de joie qui trancheront avec la grogne et la protestation sociale du moment.
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Source : InfoSoir