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à la rencontre de Rimbaud

 
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Joséfa
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Inscrit le: 10 Avr 2006
Messages: 3229
Localisation: région parisienne

MessagePosté le: Ven Nov 10, 2006 11:50 am    Sujet du message: à la rencontre de Rimbaud Répondre en citant

Rimbaud est mort un 10 novembre. Triste saison pour un poète qui n’aimait pas l’hiver. Mais faut-il dire poète ? Il avait entre seize et vingt ans lorsqu’il a écrit ses vers – quatre toutes petites années dans une vie de trente-sept ans, consacrée à tout autre chose, sans regret. Il est, écrit Mauriac, celui « qui ne se retourne même pas pour regarder la trace que ses pas d’enfants ont laissé sur le monde ».

**Déceptions d’admirateurs ?**

Nous étions plusieurs lycéens à admirer Rimbaud, à s’échanger ses recueils et à lire ses meilleurs vers. Lorsque notre professeur nous apprit que Rimbaud avait abandonné la plume pour devenir négociant en Afrique, quelle déception ! Et de savoir qu’il ne s’était plus jamais soucié de ses écrits de jeunesse nous semblait un chagrin supplémentaire, une trahison posthume. Un poète se devait d’être entièrement voué à la littérature – et pauvre bien sûr, cela allait de soi !

**Et pourtant ?**

Et pourtant ? Rimbaud n’a peut-être pas été davantage poète que vous et moi, dans le sens où il ne s’est pas pensé poète : il voulait simplement « partir ailleurs » et tous les moyens étaient bons : fuguer, partir dans l’imaginaire et la rime, partir dans l’inexploré, partir dans l’action et le rêve d’or, vivre comme dans un conte et surtout ne pas souffrir au jour le jour un quotidien sans surprise.

**Fuir le quotidien**

Arthur Rimbaud est né en 1854 dans les Ardennes, petit-fils d’agriculteurs, fils d’un officier qui abandonna sa famille alors qu’Arthur avait dix ans. Dès le collège, il témoigne d’une intelligence exceptionnelle (il remporte de nombreux prix) et d’un caractère hors du commun (« Rien de banal ne germera dans cette tête », affirme le proviseur).
En 1870, à seize ans, il fait deux fugues, une à Paris, qui lui vaut la prison, une en Belgique, et il écrit ses premiers vers. Une photo prise l’année suivante le montre les yeux plissés, le regard appliqué, comme s’il tentait de voir au loin, bien au-delà du photographe. Nouvelle fugue en 1871 vers Paris (pourtant assiégé), où il mène quelques mois une vie de bohème au quartier latin et se lie avec Verlaine. Le voilà loin des Ardennes, loin de la prose quotidienne, loin des amours classiques aussi.

**Une quête au-delà des rimes**

En 1872, ramené de force dans les Ardennes, il ne veut que fuir à nouveau. Envol vers un autre monde à travers les poèmes qu’il écrit en grand nombre, départ répétés vers d’autres pays (Belgique, Angleterre)… Finalement, sans doute parce que ni Verlaine ni la poésie ne le tirent « hors du monde », c’est dans l’aventure et le voyage qu’il se jette. Il devient précepteur en Allemagne, en Italie, se fait expulser d’Autriche, s’engage dans l’armée coloniale hollandaise avec laquelle il fait quasiment un tour du monde, travaille comme marin en Suède, comme employé de cirque au Danemark, joue les touristes en Norvège, en Italie, en Suisse, se fait tailleur de pierre à Chypre… Un dernier hiver en France (1878-1879) lui semble insupportable : il part définitivement pour le soleil et les pays des mille et une nuits.

**Aller plus loin**

Après avoir parcouru Chypre et l’Égypte, il se fixe en 1880 en Abyssinie, à Aden, comme négociant en café. Mais il veut toujours aller « plus loin » : il explore le Harar, traverse la mer Rouge en boutre, le désert somali à cheval… Il est le premier Européen à s’aventurer sur des pistes réputées mortelles et à atteindre Boubassa (dont il revient à pied, son cheval ayant été dévoré par un lion)… En 1882, il se fait chasseur d’éléphants, en 1885 trafiquant d’armes dans des conditions périlleuses. En 1887, il part se reposer au Caire, portant huit kilos d’or à sa ceinture, comme un personnage de légende. Il remonte le Nil jusqu’au Soudan. En 1889, après six cents kilomètres en onze jours de cheval, il gagne le Harar pour y devenir négociant, importateur exportateur. Il se jette dans l’action comme dans un autre monde.

**Ne pas être là où on l’attend**

En février 1891, il se met à souffrir de la jambe droite. En avril, son état est tel qu’on le rapatrie vers l’hôpital de Marseille. Il y est amputé en mai, apprend avec ténacité à marcher avec des béquilles, pour mieux repartir. « Dites-moi à quelle heure je dois être transporté à bord », demande-t-il au capitaine d’un bateau qui va quitter le port pour l’Afrique. C’était le 9 novembre. Il est mort le 10.
Rimbaud ne s’est jamais trouvé là où on l’attendait. Bien sûr pas dans un cénacle de poètes. Mais pas même dans le pays où on le croyait installé. Lorsqu’il se mourait dans l’hôpital de Marseille, on assurait à Paul Valéry qu’il était « colon en Algérie après avoir vendu des bœufs en Inde ». Il n’était plus dans le monde des vivants qu’on l’y croyait encore : un ami qui partait pour Aden écrit « Je serais heureux d’avoir de tes nouvelles », alors qu’il était mort depuis deux ans…
Finalement, au bout de sa longue quête, il est resté vivant parmi nous.




Texte : Marie-Odile Mergnac
_________________
" Cette roue sous laquelle nous tournons est pareille à une lanterne magique. Le soleil est la lampe ; le monde l'écran ; Nous sommes les images qui passent. "
(Omar Khayyâm )
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tipoucet
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Inscrit le: 12 Mai 2006
Messages: 936

MessagePosté le: Ven Nov 17, 2006 12:08 am    Sujet du message: Répondre en citant

mmerci Josefa, j'aime bien ses écrits
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bedria23
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Messages: 7112
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MessagePosté le: Ven Nov 17, 2006 1:46 am    Sujet du message: Répondre en citant

merci pour ce rappel josefa, interessant
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La bônoise me colle à la peau.

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Jacprevert
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Messages: 138
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MessagePosté le: Mer Avr 04, 2007 12:47 pm    Sujet du message: Re: à la rencontre de Rimbaud Répondre en citant

[quote="Joséfa"]Rimbaud est mort un 10 novembre. Triste saison pour un poète qui n’aimait pas l’hiver. Mais faut-il dire poète ? Il avait entre seize et vingt ans lorsqu’il a écrit ses vers – quatre toutes petites années dans une vie de trente-sept ans, consacrée à tout autre chose, sans regret. Il est, écrit Mauriac, celui « qui ne se retourne même pas pour regarder la trace que ses pas d’enfants ont laissé sur le monde ».

**Déceptions d’admirateurs ?**

Nous étions plusieurs lycéens à admirer Rimbaud, à s’échanger ses recueils et à lire ses meilleurs vers. Lorsque notre professeur nous apprit que Rimbaud avait abandonné la plume pour devenir négociant en Afrique, quelle déception ! Et de savoir qu’il ne s’était plus jamais soucié de ses écrits de jeunesse nous semblait un chagrin supplémentaire, une trahison posthume. Un poète se devait d’être entièrement voué à la littérature – et pauvre bien sûr, cela allait de soi !

**Et pourtant ?**

Et pourtant ? Rimbaud n’a peut-être pas été davantage poète que vous et moi, dans le sens où il ne s’est pas pensé poète : il voulait simplement « partir ailleurs » et tous les moyens étaient bons : fuguer, partir dans l’imaginaire et la rime, partir dans l’inexploré, partir dans l’action et le rêve d’or, vivre comme dans un conte et surtout ne pas souffrir au jour le jour un quotidien sans surprise.

**Fuir le quotidien**

Arthur Rimbaud est né en 1854 dans les Ardennes, petit-fils d’agriculteurs, fils d’un officier qui abandonna sa famille alors qu’Arthur avait dix ans. Dès le collège, il témoigne d’une intelligence exceptionnelle (il remporte de nombreux prix) et d’un caractère hors du commun (« Rien de banal ne germera dans cette tête », affirme le proviseur).
En 1870, à seize ans, il fait deux fugues, une à Paris, qui lui vaut la prison, une en Belgique, et il écrit ses premiers vers. Une photo prise l’année suivante le montre les yeux plissés, le regard appliqué, comme s’il tentait de voir au loin, bien au-delà du photographe. Nouvelle fugue en 1871 vers Paris (pourtant assiégé), où il mène quelques mois une vie de bohème au quartier latin et se lie avec Verlaine. Le voilà loin des Ardennes, loin de la prose quotidienne, loin des amours classiques aussi.

**Une quête au-delà des rimes**

En 1872, ramené de force dans les Ardennes, il ne veut que fuir à nouveau. Envol vers un autre monde à travers les poèmes qu’il écrit en grand nombre, départ répétés vers d’autres pays (Belgique, Angleterre)… Finalement, sans doute parce que ni Verlaine ni la poésie ne le tirent « hors du monde », c’est dans l’aventure et le voyage qu’il se jette. Il devient précepteur en Allemagne, en Italie, se fait expulser d’Autriche, s’engage dans l’armée coloniale hollandaise avec laquelle il fait quasiment un tour du monde, travaille comme marin en Suède, comme employé de cirque au Danemark, joue les touristes en Norvège, en Italie, en Suisse, se fait tailleur de pierre à Chypre… Un dernier hiver en France (1878-1879) lui semble insupportable : il part définitivement pour le soleil et les pays des mille et une nuits.

**Aller plus loin**

Après avoir parcouru Chypre et l’Égypte, il se fixe en 1880 en Abyssinie, à Aden, comme négociant en café. Mais il veut toujours aller « plus loin » : il explore le Harar, traverse la mer Rouge en boutre, le désert somali à cheval… Il est le premier Européen à s’aventurer sur des pistes réputées mortelles et à atteindre Boubassa (dont il revient à pied, son cheval ayant été dévoré par un lion)… En 1882, il se fait chasseur d’éléphants, en 1885 trafiquant d’armes dans des conditions périlleuses. En 1887, il part se reposer au Caire, portant huit kilos d’or à sa ceinture, comme un personnage de légende. Il remonte le Nil jusqu’au Soudan. En 1889, après six cents kilomètres en onze jours de cheval, il gagne le Harar pour y devenir négociant, importateur exportateur. Il se jette dans l’action comme dans un autre monde.

**Ne pas être là où on l’attend**

En février 1891, il se met à souffrir de la jambe droite. En avril, son état est tel qu’on le rapatrie vers l’hôpital de Marseille. Il y est amputé en mai, apprend avec ténacité à marcher avec des béquilles, pour mieux repartir. « Dites-moi à quelle heure je dois être transporté à bord », demande-t-il au capitaine d’un bateau qui va quitter le port pour l’Afrique. C’était le 9 novembre. Il est mort le 10.
Rimbaud ne s’est jamais trouvé là où on l’attendait. Bien sûr pas dans un cénacle de poètes. Mais pas même dans le pays où on le croyait installé. Lorsqu’il se mourait dans l’hôpital de Marseille, on assurait à Paul Valéry qu’il était « colon en Algérie après avoir vendu des bœufs en Inde ». Il n’était plus dans le monde des vivants qu’on l’y croyait encore : un ami qui partait pour Aden écrit « Je serais heureux d’avoir de tes nouvelles », alors qu’il était mort depuis deux ans…
Finalement, au bout de sa longue quête, il est resté vivant parmi nous.




Texte : Marie-Odile Mergnac[/quote]

Pleurez,bonnes gens,je suis mort...cette nuit!
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Joséfa
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MessagePosté le: Mer Avr 04, 2007 1:25 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Tu veux quoi comme fleurs ? Crying or Very sad
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Jacprevert
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MessagePosté le: Jeu Avr 05, 2007 10:44 am    Sujet du message: Répondre en citant

[quote="Joséfa"]Tu veux quoi comme fleurs ? Crying or Very sad[/quote]

des fleurs du mâle,bien sourd§
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Joséfa
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MessagePosté le: Jeu Avr 05, 2007 6:03 pm    Sujet du message: Répondre en citant

des fleurs du mâles : tu aimes les hommes ? Wink
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polomnic
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Messages: 525

MessagePosté le: Jeu Avr 05, 2007 7:16 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Rimbaud était Hommosexuel mais ça empêche qu il à réel talents
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Joséfa
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Inscrit le: 10 Avr 2006
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Localisation: région parisienne

MessagePosté le: Ven Avr 06, 2007 10:40 am    Sujet du message: Répondre en citant

Ben oui , bien sûr !! en plus les homosexuels sont d 'excellents amis pour les femmes ! :D
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