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bedria23
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MessagePosté le: Jeu Oct 05, 2006 3:08 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Les harkis sont les algériens qui étaient pour l 'Algérie Française , rien à voir la guerre de 39/45 !


ah oui ELISA, tu es entrain de remettre les pendules à l'heures Smile , les harkis datent de l'indépendance, c'est bien cela ? ouf j'y vois plus clair Wink
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Rosy
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MessagePosté le: Jeu Oct 05, 2006 4:38 pm    Sujet du message: Répondre en citant

bedria23 a écrit:
Citation:
Les harkis sont les algériens qui étaient pour l 'Algérie Française , rien à voir la guerre de 39/45 !


ah oui ELISA, tu es entrain de remettre les pendules à l'heures Smile , les harkis datent de l'indépendance, c'est bien cela ? ouf j'y vois plus clair Wink


ben voilà, j'avoue que je ne savais plus bien où j'en étais là ...

Maintenant pour ce qui est des Harkis et du conflit Algérie / France, mes connaissances sont trop vagues pour entamer ce sujet...

tout ce que je peux dire, c'est que ça me désole que 44 ans plus tard, il puisse encore y avoir tant de rancoeur, mais comme je le disais plus haut, ne connaissant pas suffisamment les faits, je ne peux pas comprendre...
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Joséfa
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MessagePosté le: Jeu Oct 05, 2006 5:06 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Tu sais rosy , même ceux qui connaissent les faits ne comprennent pas encore tout ce qui c 'est passé ! Sans oublier le mal fait car hélàs, ce fut une guerre Crying or Very sad Il faut voir l 'avenir et les gens de coeur et intelligents le font , c 'est ce qui compte ! :D
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bedria23
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MessagePosté le: Dim Oct 08, 2006 2:34 am    Sujet du message: Répondre en citant




Bouchareb : «Le cinéma est mon univers»

Le réalisateur du film « Indigènes » sorti le 5 octobre au Mégarama à Casablanca s’exprime sur l’impact de ce long-métrage et sur ses projets.


A l’instar de vos autres longs-métrages, «Indigènes» est un film fidèle à l’histoire. Peut-on vous qualifiez de réalisateur ethnologue ?

Rachid Bouchareb :

Tout au long de ma carrière de réalisateur, je me suis toujours intéressé à l’histoire des peuples. La colonisation, l’esclavage, l’immigration sont des sujets qui ont souvent attiré mon attention.

Pour cette raison, j’use de tous les moyens pour étudier en profondeur tous ces thèmes. Ce fut le cas également pour « Indigènes ». Ce film traite de l’histoire des goumiers et des tirailleurs maghrébins et africains qui se sont portés volontaires pour combattre auprès de l’armée française pendant la Seconde Guerre mondiale. J’ai fait ce film pour rendre hommage à toutes ces braves gens.

C’est une manière de mettre en lumière les années qu’ils ont passées à défendre le drapeau français. Faire ce film a été pour moi un défi pour revaloriser ces anciens combattants.

Est-ce la véritable vocation du cinéma ?

Je suis persuadé qu’il n’y a pas un seul cinéma, mais des cinémas. Chacun choisit le genre de cinéma qu’il veut offrir au spectateur et dans lequel il se retrouve le plus. Pour ma part, j’ai choisi mon créneau et je compte évoluer dans ce style. Maintenant, on n’impose rien au spectateur, c’est à lui de choisir son type de films.

Ce film a fait réagir le gouvernement français sur l’affaire de la « décristallisation » des pensions de ces anciens combattants. Pensez-vous que le problème a été réellement résolu ?

C’est résolu, il n’y a pas de doute là-dessus. Le jour même de la sortie en salles noires en France du film « Indigènes », le président Jacques Chirac a annoncé des mesures importantes concernant les pensions des anciens combattants des ex-colonies françaises.

Le gouvernement a donc décidé de revaloriser les pensions des anciens combattants en les alignant sur ceux de leurs frères d’armes français. Quelque 80.000 personnes de plus de 65 ans, originaires de 23 pays (Maghreb, Afrique noire francophone, Madagascar et ancienne Indochine), pourraient bénéficier d'une telle "décristallisation». Aujourd’hui, les budgets ont été débloqués pour indemniser tous les concernés.

Dans l’une de vos déclarations, vous avez affirmé avoir voulu tourner ce film en noir et blanc. Pourquoi avez-vous changé d’avis ?

Il n’a jamais été question de tourner « Indigènes » en noir et blanc. Pour le film, j’ai utilisé uniquement des «virgules» en noir et blanc pour mentionner les différentes étapes historiques. Ce film se base sur les faits réels, mais il demeure un film de fiction et non pas un documentaire.

Pour ce film, vous avez campé plusieurs rôles. Vous êtes à la fois scénariste, producteur et réalisateur. Mais dans quel rôle vous sentez-vous le mieux ?

Le cinéma, c’est mon univers. Et faire du cinéma, ce n’est pas se contenter d’une seule mission. Je n’aime pas me cantonner dans un seul métier du cinéma. Je préfère élargir mes champs d’action. C’est mon dada. Pour réaliser un film, il faut trouver de l’argent, et le réalisateur a un grand rôle à jouer dans ce sens. Chercher du financement pour mon film n’a pas été une corvée, au contraire, j’adore faire ça. A partir du moment où l’on aime le cinéma, s’occuper de la production d’un film devient une véritable partie de plaisir.

L’étiquette d’humoriste de Jamal Debbouze était presque inexistante dans ce film. Comment qualifiez-vous sa prestation ?

Le comique a un contexte déterminé. On ne peut pas rire de tout. Le rôle qu’a accepté de jouer Jamal Debbouze est sérieux. Cet humoriste est avant tout un acteur et il sait très bien être sérieux quand il le faut. L’étiquette d’humoriste ne lui colle pas à la peau.

Après « Indigènes », quel sont vos projets ?

J’ai travaillé sur « Indigènes » pendant cinq ans. Maintenant, j’aimerais me reposer. Je crois que c’est mérité.

source : aujourd'hui le Maroc
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bedria23
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MessagePosté le: Dim Oct 08, 2006 4:01 am    Sujet du message: Répondre en citant

La France révise son histoire avec l’Algérie à travers le cinéma

Au moment où le film Indigènes est projeté en avant-première à Alger, le tournage d’un film français, qui retrace un épisode douloureux de la guerre d’Algérie, vient de se terminer dans les montagnes rocheuses de l’Atlas au Maroc.

Après plusieurs années de censure et de blocage, la France autorise depuis quelques années une révision de son histoire à travers le cinéma. Mieux encore, elle autorise des cinéastes français à évoquer ouvertement dans leurs films la torture, les dépassements et surtout l’échec de la vision coloniale française en Algérie.

Une autocritique qui était presque inimaginable il y a 7 ans, puisque plusieurs cinéastes français, dont le plus prolifique René Vautier, avaient été bannis de l’environnement cinématographique français seulement parce qu’ils avaient donné leur point de vue historique sur la guerre d’Algérie.

Mais, depuis quelques années et après la reconnaissance officielle de la guerre d’Algérie au Parlement français, le sujet n’est plus tabou. Ainsi, après la réalisation du film de Philippe Faucon La trahison, qui retrace les rapports étroits entre un officier français et des supplétifs algériens, Mon colonel de Costa Gavras, qui va dans le même sens, un nouveau film français aussi poignant et aussi critique sur l'histoire de la présence coloniale française en Algérie vient d’être réalisé, il y a quelques mois. Il s’agit du film L’Ennemi intime de Florent Siri.

Ce réalisateur fait partie de la nouvelle génération des cinéastes, il est surtout connu pour avoir réalisé des chefs-d’œuvre, tels que Nids de Guêpes ou encore Otage avec Bruce Willis. Le film qui est tourné avec des moyens techniques importants est adapté d’un documentaire de Patrick Rotman, qui retrace les atrocités de l’armée française en Algérie, et qui a été largement vendu en DVD en Algérie.

L’histoire d’Ennemi intime se passe en Kabylie, en juin 1959. Le film se veut dur. L'histoire d'un officier pris dans la tourmente algérienne et qui va découvrir la guerre, les crimes les plus vils et la torture. Il va évoluer et découvrir que le pire ennemi dans ces conditions anormales, hors-la-loi des hommes, c'est peut-être soi-même...

Siri reprend un de ses acteurs fétiches, et il faut le dire un des meilleurs du cinéma (tant il a la capacité de jouer des rôles différents) Benoît Magimel, pour incarner son “héros tourmenté”. Benoît Magimel va nettement trancher avec l'univers algérien dans lequel son personnage baigne. Face à Magimel, on retrouve le troublant Bernard Dupontel aussi à l'aise dans les compositions humoristiques que dans les rôles les plus noirs, actuellement à l'affiche avec son film Le président.

Contrairement aux films La Trahison et Mon Colonel où les scènes ont été tournées entièrement en Algérie avec des techniciens et des comédiens algériens, L’Ennemi intime, dont le tournage vient de s’achever, a été filmé au Maroc, comme ce fut le cas pour le film de Rachid Bouchareb Indigènes, mais pas pour les mêmes considérations techniques et politiques. Le réalisateur explique dans la revue Ciné Live, qu’il aurait aimé tourner le film dans sa région d’origine : la Kabylie, mais la complexité du projet l’a dissuadé pour opter pour le Maroc. Cela n’a pas empêché le cinéaste de recruter et de faire venir d'Algérie des figurants et des comédiens originaires de la Kabylie, pour interpréter les rôles importants.

D’ailleurs, le réalisateur a été frappé par la disponibilité et l’engagement de ses comédiens amateurs qui ont accompli leur rôle comme de vrais professionnels. “Même s’ils n’ont pas vécu cette guerre, ils connaissent parfaitement ses contours. Pour eux, c’est un devoir de mémoire et ils sont très impliqués dans le film”, affirme Florence Siri qui accorde une importance capitale à la psychologie des personnages. Il a été également très marqué par l’interprétation de Mohamed Fellag : “J’ai un immense respect pour cet humoriste algérien qui a joué une scène-clé du film et qui dépeint l’horreur de la guerre d’Algérie, lorsque l’on emmenait un prisonnier, dont on ne savait plus quoi en faire pour la corvée de bois et qu’en fait pour l’abattre dans la forêt.”

Même si le film est centré autour du conflit idéologique entre les deux officiers français, il est tout de même truffé d’anecdotes qui retracent les atrocités de l’armée française. C’est le cas de cette scène où les militaires français prenaient les villageois un à un pour leur faire subir la gégène sur la scène publique ou encore cette scène où ils abattent un sourd-muet tout simplement parce qu’il ne comprenait pas ce qu’ils lui disaient. Une scène qui ressemble d’ailleurs à celle réalisée par Oliver Stone dans Platoon.

D’ailleurs, le réalisateur ne s’en cache pas et affirme que trois œuvres l’ont inspiré pour réaliser ce film Platoon, La Bataille d’Alger et Apocalypse Now. Trois films qui dénoncent ouvertement les atrocités de l’occupant et qui ont été réalisés à contre-courant de la vision coloniale du pays producteur. Ennemi intime a le mérite de raconter un épisode de la mémoire effacée de la guerre de Libération, ceci au moment où les rapports entre l’Algérie et la France ont été détériorés par le vote au Parlement de la loi du 23 février, qui glorifie la colonisation française en Afrique du Nord. Le cinéma va-t-il rétablir les faits historiques comme il l’a fait avec le film Indigènes ? Ce n’est pas la prétention de Florence Siri qui affirme que le parti pris qu’il a choisi n’est pas de juger, même s’il se dit fondamentalement contre la violence, la guerre et la torture en général.

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MessagePosté le: Lun Oct 09, 2006 4:51 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Quel mélange mes amis,sachez que pendant la guerre 39-45 les habitants de l'algérie etaient de nationalité Française divisés en 1er collége pour les français de souche et 2em college pour arabes ,les arabes etaient appellés aservir dans l'armée comme tout autres français,mais a partir de 54 lutte de libération pour l'indépendance de l'algérie,ceux qui s'engagaient dans l'armée française etaient considéré comme harkis ou goumiers unit'é spéciale de combat contre l'aln.
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MessagePosté le: Lun Oct 09, 2006 5:09 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Voili , voilou ! merci pour les précisions Chemsou ! :D
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MessagePosté le: Lun Oct 09, 2006 8:38 pm    Sujet du message: Répondre en citant

merci Chemsou, de préciser ce genre de choses Smile

mardi, sur France 2, il passe le film "Harkis" avec Smaïn, je ne sais pas si ce film relate la vérité, mais je pense que c'est quand même basé sur des faits réels, ça peut peut-être nous éclairer...
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MessagePosté le: Lun Oct 09, 2006 10:54 pm    Sujet du message: Répondre en citant

tu sais <<rosy ,beaucoup de harkis sont restés en Algériesans etre inquietés ceux là ont participé passivement et n'ont pas fait de mal.Par contre d'autres ont participé d'une maniere active le plus grave c d'avoir torturé ,voler des objets en or et violer dans les douars et mechtas et ça Rosy lepopulo ne peut pas oublier.,aucune circonstance atténuante ne peut etre acceptée envers ceux qui ont combattu leurs freres qui luttaient pour la liberté de leur pays.quant à leurs enfants ils sont des innocents et pour ma part les bienvenues ici.cela m'etonnerai que le film "harkis"relate ces faits reels.
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MessagePosté le: Mer Oct 11, 2006 9:35 pm    Sujet du message: Répondre en citant

bedria c t pas des volentaires on les a obligé
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MessagePosté le: Mer Oct 11, 2006 10:10 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Dans le film Dadou, on les incite, c'est ce que j'ai compris en tous les cas.
Si d'autres voient le film, ils pourront donner leur avis au cas où je n'aurai pas bien saisi.
Dans la réalité, je veux bien croire que certains ont été obligés.
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MessagePosté le: Lun Oct 30, 2006 3:30 pm    Sujet du message: Répondre en citant

VOICI LES PROPOS DE Akram Belkaï de la Nouvelle République que j'ai trouvé fort intéressants au sujet de ce film, je vous les rapporte :

" Oublier d’où l’on vient et qui l’on est, même pour deux heures, n’est jamais facile mais c’est ce que j’ai tenté de m’imposer en allant voir le film «Indigènes » de Rachid Bouchareb. J’ai essayé, autant que possible, de me forcer à avoir des préventions à l’encontre de ce qu’auraient pu être mes… propres préventions - celles engendrées par un vécu d’Algérien né et élevé en Algérie au lendemain de l’indépendance. J’ai aussi essayé d’éviter d’être influencé par le vacarme habituel qui accompagne toute sortie cinématographique ou littéraire. En effet, avant de voir un film, ou d’entamer un livre, j’essaie d’ignorer le plus possible tout ce qui a été écrit ou dit à son propos.

C’est d’ailleurs une règle d’hygiène que je conseille à toutes et à tous et c’est pourquoi je recommande, à celles et ceux qui n’ont pas encore vu «Indigènes», d’arrêter là leur lecture et de la reprendre un fois le film vu, et pourquoi pas, revu.

Pour autant, il m’a été impossible de passer outre l’accueil pour le moins hostile qui a été fait à ce film en Algérie et c’est le sens de mon souci d’éviter de le regarder avec, justement, un œil algérien. Alerté par les critiques de mes confrères algérois, irrité par l’affaire du visa refusé à Jamel Debbouze par les autorités algériennes alors qu’il devait assister à la première du film à Alger, je suis entré dans la salle au grand écran en me répétant ces mots : «oublie l’Algérie, ce n’est qu’un film et juge-le pour ce qu’il est : une œuvre de fiction ».

En me disant cela, j’avais à l’esprit les propos de l’historien Mohammed Harbi, ou plutôt ses regrets quant à la manière violement hostile avec laquelle lui et plusieurs militants nationalistes algériens réagissaient dans les années 1950 aux romans de l’écrivain Mouloud Mammeri : pas assez engagés, affirmaient-ils, pas assez révolutionnaires. Déjà, et cela n’a guère n’a changé depuis, le nationalisme sourcilleux et exacerbé, dictait les normes, ordonnait l’orientation des critiques et définissait les dimensions artistiques et esthétiques. Ceci étant dit, que l’on me permette de m’interroger sur la nature actuelle de ce nationalisme qui s’en prend à un film jugé peu critique vis-à-vis de la période coloniale mais qui reste étrangement silencieux lorsqu’un Donald Rumsfeld est accueilli à bras ouvert à Alger…

Parler du film et que du film
Mais revenons au film. Disons-le tout de suite, c’est une fiction assez réussie, agréable à suivre malgré quelques longueurs et digressions qui nuisent au rythme de l’action. J’ai aimé ce film où l’émotion prend le spectateur à la gorge au moment où il s’y attend le moins. Je ne vais pas vous infliger des commentaires d’ordre technique – j’en serai bien incapable – mais j’ai aussi aimé sa musique, propre à cette époque, ainsi que sa lumière y compris lorsqu’il se déroule dans les forêts alsaciennes. Montrer le courage résigné d’hommes ordinaires n’est jamais chose facile. Décrire une nuit de veille avant le combat, la violence d’une embuscade ou la terreur d’un soldat traqué par l’ennemi, sont des passages obligés pour nombre de films de guerre et, dans tous les cas, Bouchareb y parvient parfaitement. De même, est-il très convaincu lorsqu’il rend compte de la religiosité tranquille voire naturelle des tirailleurs «nord’Af» ou du mépris dans lequel ils étaient tenus par leur hiérarchie.

A l’inverse, on se rend très compte vite, malgré la liste impressionnante de soutiens affichés au générique, que les moyens financiers n’étaient pas au rendez-vous de ce film ce qui le fait parfois plus tenir de la télévision que du cinéma. Dans les scènes de bataille, il y a bien des tirs d’artillerie, quelques mortiers et mitrailleuses sans compter plusieurs centaines de figurants mais on sent le caractère limité de la reconstitution. Si Rachid Bouchareb avait pu obtenir un budget comparable à ce dont un Ridley Scott ou un Olivier Stone ont l’habitude de disposer, alors cette impression désagréable de «juste à peine» n’existerait peut-être pas.

Une autre réserve concerne le choix des acteurs. Jamel Debbouze en tirailleur ? La vérité, c’est qu’on a du mal à y croire vraiment. Une astuce aurait peut-être permis de faire avec son infirmité en le présentant, dès le départ du film, comme étant l’ «ordonnance» du sergent pied-noir Martinez (excellent Bernard Blancan). De même, j’ai eu du mal à être convaincu par le personnage joué par Samy Naceri tant ses problèmes au quotidien transparaissent à l’écran (et de cela, je l’avoue, je n’ai pas pu faire abstraction).

Voilà pour ce film et, pour être franc, je ne saurai faire preuve de sévérité avec une fiction qui rend un tel hommage à des oubliés de l’Histoire. Qui avant Bouchareb a parlé de ces Africains qui ont contribué à la défaite des nazis ? En France, la Guerre d’Algérie et ses drames ont tout recouvert et l’on continue, le plus souvent, à se déterminer, à créer, vis-à-vis d’elle.

Quand à l’Algérie, qui a jamais évoqué le rôle de ces soldats dont certains se sont ensuite battus en Indochine ? J’ai moi-même découvert, par hasard, que l’un des mes oncles avait fait toute la campagne italienne, arrivant même jusqu’en Allemagne avec son unité. Lui a-t-on jamais tendu un jour un micro ? Et de mémoire de journaliste, je n’ai que rarement entendu ou lu les souvenirs ou commentaires de cette guerre de la part d’un Ahmed Ben Bella qui, pourtant, fut décoré pour son comportement au feu dans la bataille des pitons italiens.

De plus, je ne peux qu’avoir de la sympathie vis-à-vis d’une fiction cinématographique qui offre un clin d’œil appuyé à Terrence Malick et sa fine Ligne rouge (le vent dans les colline, les nuages qui glissent sur les pitons, Debbouze qui, instant végétal, hume une motte de terre dans une oliveraie de Provence,…).

Petite plongée dans l’agacement algérien
Essayons maintenant de comprendre les réactions critiques des Algériens, ou du moins de plusieurs médias et officiels – de nombreux spectateurs ayant, à l’inverse, visiblement apprécié le film. La critique majeure concerne le fait qu’ «Indigènes» insisterait trop sur l’attachement ou supposé tel des tirailleurs pour la France, une «mère patrie» qu’ils ne connaissaient pas. On touche, dans le cas présent, à l’un des dogmes du nationalisme algérien ou du moins de sa version d’après l’indépendance. Selon lui, les tirailleurs ne pouvaient être volontaires et ce n’est que par la coercition que les autorités de la France libre ont pu les obliger à s’engager.

Des indigènes disant «on va lutter pour ‘França’» ? Impensable, difficilement acceptable dans un cadre où une vision manichéenne et toujours sans nuance prévaut. Non, dit la vision héritée du FLN, les indigènes étaient forcés à prendre les armes. Ils n’aimaient pas la France, ils subissaient son joug mais ils se sont battus parce que forcés à le faire. D’autres, ajoute cette parole qui continue à ne pas supporter la moindre contestation, se sont uniquement engagés pour une solde, pour échapper à la misère.

Et il est d’autant plus difficile de parler de ces Algériens engagés de la Seconde Guerre mondiale que cela peut obliger à faire le lien immédiat avec les harkis et les raisons qui firent que ces dernières s’engagèrent aux côtés de la France dans sa guerre contre l’indépendance de l’Algérie. Et là, bien sûr, l’affaire se complique…

Il est plus que probable que ceux qui se sont engagés en 1943 pour l’amour de la France, de la liberté et d’autres beaux sentiments n’étaient guère nombreux mais cela ne suffit absolument pas pour discréditer le film de Bouchareb. Certes, ce dernier en rajoute un peu sur les «vive la France !» clamés par les soldats indigènes mais c’est le tribut qu’il doit payer à la réalité actuelle et faisandée de la France où des personnalités, des intellectuels, de droite comme de gauche, travaillent à faire croire que les enfants d’immigrés sont la cinquième colonne potentielle et déjà agissante d’une internationale terroriste. Dans le film de Bouchareb, on voit bien que Debbouze s’engage pour fuir «el-misiriya el-kahla», la misère noire.

De même, le caporal Abdelkader (Sami Bouajila), est un bon exemple de ces engagés musulmans qui n’en pouvaient plus de l’injustice coloniale mais qui savaient aussi que le nazisme devait être combattu car ce n’était ni plus ni moins que le Mal – et de cela, quoiqu’on en dise aujourd’hui, ils avaient conscience. En entendant ce même caporal Abdelkader expliquer au sergent Martinez le pourquoi de son engagement – combattre les nazis – on pense bien sûr à ces «soldats des colonies» qui, plus tard, écoeurés par la duplicité des autorités françaises, rejoignirent le FLN. Mais j’ai également pensé à Frantz Fanon, engagé lui aussi dans la France libre au nom de la lutte contre le Mal nazi avant d’épouser le combat anticolonial.

Un film sans Algériens
En fin de compte, je pense que ce qui n’a pas plu aux Algériens dans le film de Bouchareb c’est qu’en réalité, ils en sont absents. Jamel Debbouze joue bien le rôle d’un Algérien mais il s’exprime en marocain avec un accent introuvable en Algérie y compris aux confins de la frontière ouest. Le caporal Abdelkader, s’exprime en Tunisien, et, malgré tous ses efforts, Roschdy Zem (Messaoud), n’arrive pas à masquer son accent marocain. De fait, dans tout le film, il n’y a pratiquement aucune expression typiquement algérienne. Détails futiles me direz-vous ?

Pas si sûr… Continuons. Au début du film, exhortés par un caïd ou un bachagha, des Algériens s’engagent et montent dans un camion sans rechigner ni se révolter. A l’inverse, Yassir, le personnage marocain joué par Naceri, décide de porter l’uniforme uniquement pour marier son frère et quand un officier français célèbre la bravoure de ses soldats, c’est à deux tribus berbères marocaines qu’il adresse ses louanges. En Algérie ce type de nuances différenciatrices ne passe jamais inaperçu et exacerbe, disons, une certaine susceptibilité régionale...

Il est vrai qu’on y est un peu excédé par tous ces films qui, censés se dérouler en Algérie, sont tournés au Maroc ou, moins souvent, en Tunisie, avec des accents et des costumes qui ne sont en rien algériens, cela sans oublier les fictions sur la guerre d’Algérie, comme par exemple «L’Adieu» de François Luciani (2003), où les combattants du FLN apparaissent comme des clones annonciateurs du GIA…

Mais, n’étant jamais mieux servis que par soi-même, tout cela n’existerait pas si l’Algérie, où soixante milliards de dollars dorment actuellement dans les coffres de sa Banque centrale, se décidait enfin à faire renaître son cinéma qui, en des temps déjà presque oubliés, lui faisait honneur à Cannes, à Venise ou Berlin.

J’ai donc vu Indigènes en essayant de remiser mes filtres algériens, lesquels, on a pu le constater, sont tout de même ressortis dès que j’ai tenté de réfléchir à ce film. Par contre, je n’ai pas mis de côté mon vécu français et c’est ce qui motive l’unique critique sérieuse que je vais formuler à l’encontre d’ «Indigènes». Plutôt que de fustiger les «bons sentiments» qui, quelque part font ce film – comme ils font l’essentiel des grands films de guerre (à quelques exceptions près), je regrette en effet l’absence d’un personnage principal noir.

Il y a bien une scène, où ce que l’on devine être des tirailleurs Sénégalais (lesquels, dans la réalité, étaient d’ailleurs souvent Burkinabais) plantent le drapeau français au somment d’une colline prise aux Allemands mais ce n’est guère satisfaisant.

J’ai conscience que cela aurait compliqué encore plus la tâche du réalisateur mais quand, au nom du «vivre ensemble», on décide de réaliser un film dont on souhaite qu’il ait un impact sur la situation actuelle de la France et de ses banlieues, on ne peut ignorer le sentiment croissant d’abandon et de sous-représentation des populations originaires d’Afrique noire mais aussi des Antilles. Je ne suis pas favorable aux quotas mais, parfois, très rarement, mais nécessairement, il est judicieux de composer avec toutes les susceptibilités.

30-10-2006
Akram Belkaï - La nouvelle république
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MessagePosté le: Sam Nov 04, 2006 7:45 am    Sujet du message: au Festival international du cinéma du Caire Répondre en citant

Indigènes de Rachid Bouchareb à l’honneur au Festival international du cinéma du Caire.

Le film Indigènes du réalisateur algérien Rachid Bouchareb sera à l’honneur au 30e Festival international du cinéma du Caire.

Il est prévu le 28 novembre 2006, a affirmé le président du Festival Ezzat Abou Aouf. Le film "Indigènes" a remporté le prix de la meilleure interprétation masculine au Festival de Cannes en mai dernier, a rappelé Ezzat Abou Aouf dans une déclaration à la presse.

Cette édition sera dédiée à la mémoire du défunt Naguib Mahfouz, prix Nobel de littérature, à travers la projection de deux films inspirés de ses romans, a-t-il indiqué.

Une partie du festival sera consacrée au cinéma égyptien moderne, a expliqué le président du festival, rappelant que le cinéma latino-américain a été choisi comme invité d’honneur de cette édition.

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MessagePosté le: Lun Nov 06, 2006 4:07 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Au sujet du film "Indigènes", un autre point de vue, celui de Benjamin Stora.

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3476,36-816962,0.html


Vous enseignez l'histoire de la colonisation française à l'Inalco ("Langues O"), vous avez publié un livre sur les séquelles laissées par la guerre d'Algérie et la guerre du Vietnam dans la mémoire française et la mémoire américaine (Imaginaires de guerre, La Découverte, 1997). Quel regard portez-vous sur Indigènes ?

Il n'y a pas de problèmes de vraisemblance dans le film. La réalité y est restituée de manière subjective, ce qui est logique : ce n'est pas un documentaire. Je salue le travail de Rachid Bouchareb, qui manifeste un fort désir de vérité. Il y a cependant des aspects qui auraient mérité d'être développés...



Lesquels ?

D'abord le problème de l'enrôlement. On voit un notable indigène venir interpeller les hommes dans les villages, pour les convaincre de venir défendre la France. Et puis les volontaires montent avec enthousiasme dans des camions... Cela ne s'est pas passé comme cela partout. Il y a certes alors, au Maghreb, une tradition d'engagement dans l'armée d'Afrique, acte de promotion sociale et souci de nourrir sa famille. On obtient des avantages, une pension, on profite du passage à l'armée pour apprendre à lire et à écrire. Mais il y a aussi énormément de méfiance, de refus, de désobéissances, en particulier dans la paysannerie.

Cela a été le cas avant même la première guerre mondiale. En 1911, plusieurs centaines de familles de Tlemcen refusent de donner leurs fils et leurs pères à la conscription, et préfèrent quitter l'Algérie pour le Moyen-Orient. En 1916, un soulèvement éclate dans les Aurès. A l'exception des Français du Maghreb, il s'agissait donc souvent d'un enrôlement forcé.

Par ailleurs, le film occulte quelque chose d'important : au fil de leur périple, les indigènes ont découvert la société française. De nombreux témoignages reflètent l'étonnement de ces ruraux transplantés dans un univers urbain, où ils sont beaucoup plus respectés que dans la société coloniale, très hiérarchisée ! Ils effectuent leur premier voyage hors de leur terre, se rendent compte qu'ils sont mieux traités en métropole : ils font l'apprentissage de l'immigration. L'Algérien et futur leader nationaliste Messali Hadj raconte comment, en permission à Bordeaux, il découvre le vouvoiement de respect.



Les indigènes découvrent le respect des Occidentaux, mais restent victimes de discriminations sous l'uniforme !

L'armée reste l'armée, avec ses codes, ses rites, son machisme, ses humiliations. C'est vrai qu'il était difficile aux Maghrébins et aux Noirs de dépasser le grade de sergent. Mais l'armée est moins bloquée, moins raciste que la société coloniale. On y reconnaît le prix du sang, on y pratique la fraternité des armes. Contrairement à une opinion répandue, on ne propulsait pas systématiquement les indigènes aux avant-postes, on créa même des régiments mixtes.



Quel rôle les indigènes de l'armée d'Afrique ont-ils joué dans les combats de la seconde guerre mondiale ?

Un rôle considérable, le grand mérite du film est de le souligner ! La participation des Maghrébins fut de 400 000 hommes, dont 300 000 indigènes. Gaston Monnerville a pu affirmer : "Sans l'Empire, la France ne serait qu'un pays libéré. Grâce à lui, elle est un pays vainqueur." Ce que le cinéma français avait jusqu'ici occulté.



Le film a aussi le mérite de souligner l'importance de la campagne d'Italie, où les pertes indigènes furent considérables. On dit aussi qu'à Monte Cassino il y eut quelques exactions, des viols...

Il y en eut, comme dans toutes les guerres, comme celles perpétrées par des Américains à Naples, mais ce que l'on impute aux soldats maghrébins vient de la propagande allemande et italienne. Cela appartient à l'imaginaire, nourri par les fantasmes sexuels attisés par ces troupes noires et arabes.



Le cinéaste fait l'impasse sur les massacres de Sétif, en mai 1945, et les soulèvements algériens réclamant l'indépendance.

On y saute en effet directement de la fin de la guerre à la demande de versements de pensions pour les anciens combattants. Or il s'est passé quelque chose de capital pour les indigènes au cours de ces campagnes, qui n'apparaît pas : le passage à la conscience politique.

Il y a d'une part le développement d'un processus migratoire : revenir en métropole le plus rapidement possible pour s'immiscer dans des interstices de liberté. D'autre part, le refus de continuer à endurer un statut inégalitaire en rentrant chez eux provoque un développement du mouvement nationaliste.

Beaucoup de futurs chefs du FLN, dont Ahmed Ben Bella, ont fait Monte Cassino. Ils intègrent leur expérience militaire, se mettent à envisager de ne pas en rester à la revendication politique, d'avoir recours à la lutte armée. Même si, après la seconde guerre mondiale, se poursuit la tradition d'engagement dans l'armée française, ce que montre Philippe Faucon dans son film sur la guerre d'Algérie La Trahison.



Pourquoi le rôle des indigènes au combat fut-il minimisé ?

Ce que raconte Rachid Bouchareb dans Indigènes n'est pas seulement occulté dans l'histoire du colonisateur, mais aussi dans celle des Etats africains. En France, on a voulu faire silence sur les exactions de l'ordre colonial et laisser ce pan d'histoire en marge de l'histoire nationale. En Algérie, on ne voulait pas se souvenir que des Algériens s'étaient battus pour sauver la France ; l'idée de nation est fondée sur la révolte, l'indépendance. Le retour de mémoire de part et d'autre, un demi-siècle plus tard, est lié à une revendication sociale : l'égalité dans le montant des pensions, que les "indigènes" sont d'ailleurs en passe d'obtenir.

Propos recueillis par Jean-Luc Douin
Article paru dans l'édition du 27.09.06
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Joséfa
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MessagePosté le: Lun Nov 06, 2006 5:14 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Mon arrière grand-père et mon grand -père se sont retrouvés dans le même régiment , en France( en Picardie , ou je suis maintenant Wink ), durant cette guerre , pour défendre la France , pays ou ils n 'avaient jamais mis les pieds : étant français mais nés de parents espagnols sur un territoire français à l 'époque !! Wink

Bon , le plus vieux n 'est pas revenu , mais mon grand- père avait une pension , je crois car il a été blessé d 'un éclat d 'obus ! Tous auraient du avoir la même pension , je ne comprend , même pas pourquoi depuis le temps cette grossière erreur ( on va dire ) n 'a pas été corrigée !

Le FNS , fond national de solidarité était accordé aux citoyens français retraités ayant de faibles revenus , cette loi a bien été changé( en 1998 , je crois ) pour l 'étendre à toutes les personnes touchant une retraite de la France , même étrangères ! Donc pourquoi la pension de guerre des maghrébins n 'a pas pu être revalorisée ?? Rolling Eyes
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Dernière édition par Joséfa le Lun Nov 06, 2006 5:28 pm; édité 1 fois
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