La majeur partie du gaz consommé à
l’avenir en Europe lui sera fournie par la Russie,
l’Algérie et le Qatar, a déclaré avant-hier
le ministre russe de l’Energie, Sergueï Chmatko,
lors d’une conférence de presse organisée
à l’issue d’une rencontre ministérielle du
Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG).
« La Russie, l’Algérie et le Qatar resteront les
principaux fournisseurs de gaz pour l’Europe », a-t-il indiqué, soulignant que la production
de gaz schisteux aux Etats-Unis avait pratiquement
atteint ses limites et que la Russie
« ne prenait pas au sérieux les possibilités de
transport de gaz de l’Amérique vers l’Europe. » Le ministre russe a soutenu son homologue
algérien Youcef Yousfi, selon lequel de
nouveaux projets, dont les gazoducs transsaharien
et South Stream, seront très sollicités
au cours des prochaines années. D’après M.
Chmatko, les participants à la rencontre ont
évoqué les questions relatives au transport de
gaz dans le monde. « Ces questions deviennent
de plus en plus pertinentes […] et nous avons
l’obligation d’étudier le domaine du transport
de gaz », a-t-il affirmé. « L’un de nos objectifs
consiste à garantir la compétitivité du gaz par
rapport aux autres matières énergétiques sur le
marché mondial », a fait savoir le ministre
russe. Selon lui, pour y parvenir, il est nécessaire
d’optimiser les itinéraires d’acheminement
de gaz, car les coûts de transport influent
considérablement sur le prix de cet hydrocarbure.
Institué en 2001 à Téhéran, le Forum des
pays exportateurs de gaz réunit actuellement
11 pays membres (Algérie, Bolivie, Venezuela,
Egypte, Iran, Qatar, Libye, Nigeria, Russie,
Trinité-et-Tobago, Guinée-Equatoriale), et
trois pays observateurs (Kazakhstan, Pays-
Bas, Norvège). La septième rencontre
ministérielle du FPEG, dont le siège se trouve
à Doha (Qatar), s’est tenue en décembre 2008
à Moscou. L’organisation qualifiée d’« Opep
de gaz » s’est dotée d’une structure administrative
et d’une charte qui en ont fait une organisation
internationale à part entière. Dans
leur communiqué final, les ministres ont
décidé de tenir le premier sommet du FPEG
en 2011, à Doha.
Les prix actuels
du gaz inquiètent le FPEG
Les ministres ont exprimé, par ailleurs, leur
inquiétude concernant les cours actuels du gaz
qui « compromettent l’investissement dans de
nouveaux gisements et l’infrastructure du
gaz », tout en soulignant que les prix devraient
refléter une parité avec le pétrole. « J’espère
que nous pourrons contrôler les prix du gaz »,
a déclaré le ministre qatarien de l’Energie,
Abdallah Al-Attiyah. « Mais qui peut contrôler
les prix du pétrole ou ceux de l’or ? », s’est-il
demandé. Les participants ont désigné le
ministre égyptien de l’Energie, Sameh Fahmi,
nouveau président du FPEG, et convoqué leur
prochaine conférence ministérielle le 2 juin à
Charm El-Cheikh (Egypte). Ils se sont
engagés à coopérer étroitement pour établir un
marché du gaz stable et transparent. Mais le
ministre russe de l’Energie, Sergei Shmatko,
dont le pays est le plus grand producteur avec
30 % des réserves mondiales de gaz naturel, a
exprimé son opposition à toute restriction de
la production pour augmenter les prix.
« Rechercher un prix équitable ne signifie pas
mettre en place des quotas de production du
gaz naturel », a-t-il affirmé, estimant « plus
important de développer des mécanismes de
coopération entre les producteurs, les pays de
transit et les consommateurs ».
Les prix du gaz sont déterminés soit par des
contrats à long terme entre vendeurs et acheteurs,
soit sur le marché spot (libre). La
demande mondiale a chuté de 2,1 % en 2009
en raison de la crise financière mondiale,
selon un rapport du Forum international de
l’énergie et de l’Union internationale de l’industrie
du gaz pour qui cette industrie nécessiterait
des investissements de quelque 7 100
milliards de dollars durant les 25 prochaines
années.
Z. M.
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Source : Le Jeune Independant