L’Algérie va intensifier l’effort
d’exploration pour accroître ses
réserves d’hydrocarbures, assurer
des revenus suffisants pour le développement
et garantir la sécurité
énergétique du pays à très long
terme, a affirmé hier M. Youcef
Yousfi dans un entretien à l’APS.
Le ministre de l’Energie et des
Mines a expliqué qu’un certain
nombre d’actions seront prises pour
améliorer la sécurité énergétique de
l’Algérie, avec l’intégration des
énergies renouvelables dans cette
stratégie : « Intensifier l’effort d’exploration
pour accroître nos
réserves d’hydrocarbures, introduire
et développer les énergies renouvelables,
la disponibilité à long
terme des hydrocarbures et la
nécessité de diversifier nos sources
de production d’électricité », a souligné
le premier responsable du secteur
de l’Energie.
« Le renchérissement du prix du
pétrole et les obligations de préservation
de l’environnement » participent
également de cette stratégie de
développement et de diversification
des sources d’énergie.
Les mesures qui seront prises pour
intensifier l’effort d’exploration
s’articulent autour du renforcement
des moyens humains et matériels de
Sonatrach, l’augmentation des
capacités nationales en matière de
services pétroliers et parapétroliers
ainsi qu’un partenariat basé sur une
vision à long terme en multipliant
les appels d’offres, tout en étant
attentif à l’évolution des conditions
à réunir et en mesure d’attirer les
investisseurs potentiels ». L’Algérie
recèle des potentialités « très importantes
en hydrocarbures, et c’est
notre tâche de les mettre au jour », a
souligné le ministre, précisant que
dans le domaine minier, il s’agit
également d’ »exploiter et valoriser
les potentiels miniers en intensifiant
l’exploration ». M. Yousfi
refuse, par ailleurs, de remettre en
cause la politique d’investissements
à long terme de Sonatrach.
Pour lui, ces investissements s’inscrivent
dans une vision à long
terme et ne dépendent pas de
conjonctures ou de circonstances
particulières et ponctuelles, et leur
rentabilité ne peut être évaluée que
sur une période de 20 à 30 ans.
Par ailleurs, Sonatrach compte
prospecter « tous les marchés qui
offrent une valorisation intéressante,
y compris le marché asiatique ».
L’état actuel du marché gazier en
Europe, avec une offre abondante
de la Russie et l’arrivée d’autres
fournisseurs sur ce marché très porteur
et où la demande est constante,
n’est pas de nature à mettre en danger
les exportations de gaz algérien,
estime d’autre part M. Yousfi. « Plusieurs
projets ont été réalisés ou
sont en cours de réalisation pour
renforcer les capacités d’exportation
de gaz naturel vers l’Europe.
Depuis 2005 et 2008, les exportations
respectives des gazoducs
Pedro Duran Farrell (GME, vers
l’Espagne) et Enrico Mattei (Transmed,
vers l’Italie) sont en mesure
d’acheminer vers l’Europe des
volumes significatifs de gaz algérien
additionnels, selon le ministre.
De plus, le gazoduc Medgaz
(reliant directement l’Algérie à
l’Espagne) « devrait être mis en service
prochainement et permettra de
livrer à l’Europe quelque 8 milliards
de m3/an de gaz », a-t-il
ajouté.
Le ministre a, d’autre part, souligné
la directive du président de la
République portant sur la réévaluation
des projets pétrochimiques
pour renforcer une industrie en
aval. S’exprimant sur Desertec, M.
Yousfi a estimé que ce projet « ne
concerne pas spécialement l’Algérie.
Nous accueillons tous ces projets
avec un certain intérêt, mais
nous pensons que notre implication
directe doit être compatible avec
nos intérêts. Notre projet des énergies
renouvelables a déjà démarré
avec la réalisation d’une centrale
hybride (gaz/solaire) à Hassi R’mel
et nous allons bientôt être en mesure
de tirer les leçons des choix technologiques
qui ont été faits ».
Pour M. Yousfi, la démarche de
l’Algérie en matière d’énergies
renouvelables intègre les dimensions
« maîtrise technologique,
industrielle et sociale et commerciale
». « Notre priorité pour les
années à venir, dit-il, est de sélectionner
les technologique les plus
appropriées à nos conditions d’environnement
climatique et de développer
des projets niches d’utilisation
permettant une rentabilité
satisfaisante ».
M. B.
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Source : Le Jeune Independant