L’Egypte et l’Ukraine devraient
aller très vite vers un accord de
livraison de GNL égyptien à Kiev.
C’est du moins ce qu’a affirmé il y
a quelques jours le Premier ministre
égyptien Ahmad Nazif.
Selon
lui, l’Egypte pourrait acheminer du
gaz naturel liquéfié (GNL) vers le
terminal que l’Ukraine projette de
construire à Odessa. Il a précisé,
lors d’une conférence de presse
conjointe avec son homologue
ukrainien Nikolaï Azarov, que
‘’nous soutenons la participation
de l’Ukraine aux projets liés à la
production de gaz et jugeons nécessaire
d’examiner la possibilité
de fournir du gaz liquéfié et des
matières premières aux usines de
transformation ukrainiennes’’.
La fourniture de GNL égyptien
à l’Ukraine, qui veut diversifier ses
approvisionnements en gaz, pose
plusieurs questions. Certes, Le
Caire est producteur de gaz, à hauteur
de 40 milliards de mètres cubes
par an, et possède une chaîne
de liquéfaction de gaz. Mais, a-telle
vraiment les capacités de production
qui lui permettent autant d’exporter vers l’Ukraine, Israël et
approvisionner sa population ? Au
début de 2010, une grave crise de
gaz butane avait provoqué des
manifestations dans les faubourgs
du Caire, au moment où des médias
rapportaient que l’Egypte exportait
‘’beaucoup’’ de son gaz vers
Israël. Mais, pour certains, l’accord
qui devrait être signé entre Kiev et
Le Caire sur la livraison de GNL
devrait être en réalité honoré par
la partie égyptienne grâce à ses
importations de gaz algérien. Au
point que beaucoup d’experts ne
sont pas loin de penser que l’Egypte
veut, sur ce segment, faire coup
double : importer à faible coût du
gaz algérien et le réexpédier vers
l’Ukraine à un prix moyen de 190
dollars les 1.000 M3. Tout concorde
à dire, selon des experts, que
les exportations futures de GNL de
l’Egypte vers l’Ukraine seraient
pompées sur les importations de
gaz algérien. Pour l’Ukraine, ce serait
une belle revanche contre Moscou
qui avait réduit drastiquement,
début 2010, ses exportations de
gaz vers Kiev, provoquant alors une
grave crise énergétique entre la
Russie et les pays de l’UE, approvisionnés
en gaz russe via l’Ukraine
qui en prélève une bonne partie.
La construction d’un terminal
GNL sur le littoral de la mer Noire
est l’une des solutions retenues par
Kiev afin de réduire les achats de
gaz russe. Selon le groupe public
Naftogaz Ukraine, les travaux de ce
terminal gazier débuteront en 2011
avec un délai de réalisation de 12
à 18 mois. Le coût du projet est
évalué à 2,5 milliards de dollars.
Le site sera en mesure de recevoir
10 milliards de m3 de GNL par an.
Beaucoup de groupes gaziers sont
intéressés par ce projet, dont les canadiens
SNC Lavalin International
Inc. et EDS, le japonais Mitsubishi
Corp. et les turcs Cilyk Holding,
Gap Insaat et Sancakli Group. Pour
sa part, l’Algérie a été déjà contactée,
selon des sources médiatiques
ukrainiennes, pour approvisionner
en gaz le terminal d’Odessa, au
même titre que le Qatar et l’Azerbaïdjan.
Selon le ministre ukrainien
de l’Energie, Iouri Boïko, grâce au
terminal GNL, le gaz naturel coûtera
au pays 190 dollars les 1.000
m3, soit moins cher que le prix des
Russes, qui le vendent à 250 dollars
les 1.000 m3.
Yazid Alilat
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Source : Le Quotidien d'Oran