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Les Algériens toujours aussi réticents

Paiement électronique en Algérie

20 septembre 2010
Paiement électronique en Algérie

La monétique, malgré son lancement en 1995 pour certaines banques, peine à se généraliser dans notre pays.

La généralisation de la monétique en Algérie est un processus qui prendra beaucoup de temps. C’est du moins ce qui se dégage des différentes déclarations des experts qui présentent la fiabilisation des opérations comme le seul gage de toute démarche visant à la réussite de cette opération qui pourtant a porté ses fruits ailleurs. Bien que le projet « Système de paiement interbancaire » ait vu son lancement en 2002, ce n’est qu’en 2006 qu’il a réellement démarré, alors que l’année 2007 a vu le déploiement de la carte CIB à l’échelle nationale et la généralisation du paiement interbancaire en novembre de la même année. Le constat fait sur l’évolution de la mise en place de ce système depuis son lancement à nos jours est sans nul doute peu reluisant.

Ainsi, tous les efforts déployés en vue de couvrir l’ensemble du territoire national avec un réseau de plus en plus dense de Distributeurs automatiques de billets (DAB) et de Terminaux de paiement électronique (TPE), visant à la vulgarisation de l’usage des Cartes interbancaires (CIB), ne semblent pas susciter l’engouement du citoyen, qui demeure d’ailleurs réticent à adopter le mode de paiement par carte électronique. L’exemple d’Algérie Poste, qui dispose d’une assez large bancarisation, est édifiant. Alors que près de 6 millions de cartes magnétiques ont été confectionnées pour une clientèle de plus de 12 millions de CCP et de 4 millions de comptes Cnep, 2 millions de cartes uniquement ont été utilisées sur les 4,5 millions retirées des bureaux de poste, soit 44%. Pis encore, 1,3 million des cartes demandées par les clients n’ont pas été retirées des bureaux de poste.

La plupart des banquiers évoquent, pour expliquer cette réticence, l’aspect culturel de ce système, avançant que les Algériens, dans leur majorité, préfèrent toujours des transactions en espèces. Ils estiment, par ailleurs que les banques sont aussi responsables de la lenteur enregistrée dans la vulgarisation de ce système. En effet, des pannes récurrentes sont signalées au niveau des 680 DAB installés. Des pannes dues essentiellement à la dégradation de la qualité des billets de banque en circulation. Aussi les spécialistes précisent que, sur le plan marketing, la carte de retrait n’a pas bénéficié de campagne de sensibilisation et de publicité auprès des clients à même de les amener à l’utiliser, et que la conception de ces cartes n’a pas été soutenue par une bonne définition du profil du porteur. Devant un tel constat et les exigences du marché extérieur, notamment dans le cadre des négociations pour l’adhésion de l’Algérie à l’OMC, les pouvoirs publics devraient sérieusement se pencher sur la question pour que le paiement comptant soit au maximum limité, d’autant plus que la qualité des billets de banque en circulation ne cesse de se dégrader.

Adoption de nouvelles mesures

Face au ralentissement remarqué dans la généralisation de la monétique dans notre pays, les pouvoirs publics décident de nouvelles mesures pour en accélérer le développement...

La Société d’automatisation des transactions interbancaires et de monétique (Satim), filiale de huit banques algériennes (Badr, Bdl, Bea, Bna, Cpa, Cnep, Cnma et El-Baraka), a annoncé récemment une série de mesures prises par les pouvoirs publics en vue d’accélérer le développement du système monétique interbancaire en Algérie. Avec un capital de 1,14 milliard de dinars, cet instrument technique d’accompagnement du programme de développement et de modernisation des banques et de promotion des moyens de paiement par carte compte procéder à l’émission d’un million de Cartes interbancaires (CIB) et à l’augmentation du nombre de DAB pour atteindre 2 000 unités avant la fin 2010. A noter qu’à la fin 2009, le nombre total de CIB dans notre pays devait atteindre 850 000 cartes, tandis que le réseau national de DAB (Distributeurs automatiques de billets) en compte un peu plus de 1 300 - 700 DAB pour Algérie Poste et 600 pour les banques. Par ailleurs, le développement de nouveaux services liés à la monétique portera également sur le paiement des différentes factures : électricité, gaz, téléphonie... S’agissant du domaine des transports, il est prévu l’introduction de cartes de péage électroniques pour les futurs usagers de l’autoroute Est-Ouest et du métro. Pour assurer une meilleure maîtrise de ce système, la Satim prévoit la création d’un pôle de compétences pour la formation des ressources humaines. Et pour mettre en place une véritable politique commerciale, cette société a décidé de mettre à niveau le système d’information et de créer un véritable dispositif commercial qui aura pour cœur les agences bancaires. Pour sa part, Algérie Poste a pris des mesures importantes dans ce sens. Celles-ci consistent en le rallongement de la validité des cartes monétiques, qui était de 2 ans, pour atteindre 4 ans et la réactivation des anciennes cartes dont la date a expiré il y a dix jours. Toujours dans le but d’accélérer le développement du système monétique, Algérie Poste, qui dispose de quelque 680 distributeurs automatiques de billets, compte installer 200 autres au cours de cette année ainsi que le déploiement de 1 000 TPE, et ce, en prévision de la généralisation du paiement électronique.

Des politiques qui, si elles sont accompagnées d’une politique d’information, joueront un rôle très important dans la progression de l’usage de ce système, notamment en termes de pénétration des TPE et l’usage des cartes par les commerçants réticents.

Les commerçants peinent à l’adopter

Même si les banques ont mis des TPE à leur disposition, les commerçants refusent l’utilisation de cet outil moderne dans leurs transactions.

Ces appareils qui offrent la possibilité au client de n’importe quelle banque d’honorer des frais de service en se servant de sa carte interbancaire, ne bénéficient toujours pas d’une large utilisation par les commerçants. Jusqu’ici, seuls les grands hôtels, les aéroports, certaines stations-service, grandes surfaces et officines disposent de ce moyen de paiement. Du coup, nombreux sont les porteurs de cartes interbancaires, à savoir la carte Classique proposée aux clients disposant de revenus réguliers et la carte Gold aux clients qui peuvent se payer un café, un repas dans un restaurant ou encore faire un achat dans un supermarché ou une boutique quelconque où le système n’a pas gagné suffisamment de terrain.

« Un dysfonctionnement dont les banques ne sont pas à l’origine », estime un responsable de la Banque d’agricultureet du développement rural (Badr) . Celui-ci affirme que les banques ont mis des TPE à la disposition des commerçants qui, toutefois, refusent l’utilisation de cet outil moderne dans leurs transactions.

Un outil pourtant largement répandu partout ailleurs dans le monde où il est devenu presque une nécessité. Ainsi, l’on se pose la question sur les raisons qui poussent nos commerçants à rejeter ce système de paiement. Une question qui trouvera réponse auprès d’un responsable de la Badr qui avance que les commerçants refusent généralement l’utilisation des TPE simplement pour échapper au fisc. Effectivement, cette option permet une traçabilité des transactions effectuées par le commerçant qui utilise le TPE, ce qui peut représenter une gêne pour ces derniers qui, généralement, sont soumis à une taxe forfaitaire et redoutent un redressement fiscal. Toutefois, le commerçant n’est pas la cause de la lenteur enregistrée dans le développement du système de paiement par carte.

« L’Algérien se montre en général réticent à tout ce qui est nouveau et a du mal à se servir de ces moyens modernes à la place du cash », note ce même responsable. Selon lui, les moyens logistiques existent mais les clients doivent recevoir des assurances, dans le cadre d’une bonne politique de communication et d’un meilleur accueil des clients, tel celui qui est pratiqué par les banques étrangères se trouvant sur le sol algérien. « Un volet qui révolutionne d’ores et déjà notre banque par une meilleure gestion de son portefeuille client, notamment avec la personnalisation des relations avec nos clients », a-t-il expliqué.

Carte Visa et Internet, l’autre challenge

La carte Visa est un moyen de retrait et de paiement électronique permettant d’effectuer des transactions en devises sur des Distributeurs automatiques de billets et Terminaux de paiement électronique (DAB et TPE) ainsi qu’Internet dans tous les pays du monde. Ce nouveau système n’a pas connu une adhésion de l’ensemble des banques algériennes. Pour le moment, seuls le Crédit populaire d’Algérie (CPA), la Banque de développement local (BDL) et la Banque extérieure d’Algérie (BEA) ont adhéré au projet de la Satim à l’effet d’émettre des cartes Visa. Dans une récente intervention sur les ondes de la Radio nationale, El-Hadj Alouane, directeur général de la Satim, a indiqué que la réussite de l’opération est liée étroitement à l’adhésion de l’ensemble des banques. « S’il n’y a pas adhésion des banques, on risque de voir un nombre moins important de cartes distribuées », a-t-il dit. S’agissant de banques étrangères installées en Algérie, l’invité de la radio a expliqué que ces filiales locales peuvent émettre des cartes du genre, d’autant plus que leurs banques mères sont liées avec Visa ou Master Card. Par ailleurs, s’agissant du paiement électronique par Internet, il tend à se généraliser. Ainsi, après l’adhésion d’Air Algérie à ce projet et la mise en vente de ses billets sur la Toile depuis le mois de février dernier, c’est l’Agence Algérie Presse Service (APS) qui compte le même mode de paiement pour ses services (accès au fil d’informations, photos…).

Le projet a été examiné récemment au siège de l’agence avec le CPA, banque domiciliataire et la Société d’automatisation et des traitements monétiques (Satim). « Nous avons la volonté de faire bénéficier l’APS et ses abonnés de ce nouveau service lié à la monétique », a déclaré El-Hadj Alouane à l’occasion de la présentation de la plateforme de paiement en ligne baptisée « Aurès ». Selon les explications qu’il a fournies, ce mode de paiement concernera également Algérie Télécom, notamment les factures de téléphone et les redevances d’abonnement à la liaison Internet ADSL, affirmant que la Satim est en négociation avec d’autres entreprises dans le but d’élargir ce mode de paiement.

Qu’en est-il de nos voisins ?

L’Algérie est à la traîne derrière ses voisins maghrébins en matière de généralisation de la monétique. Le Maroc devance de loin les pays du Maghreb en la matière. En 2006 déjà, le royaume chérifien avait dépassé les 2,5 millions de cartes Visa, qui ont effectué plus de 55 millions d’opérations pour un montant global de 40 milliards de dirhams.

« En fait, dans la région de l’Afrique francophone, les deux tiers de l’activité de Visa sont concentrés au Maroc », a tenu à préciser dans une déclaration Daniel Paltrinieri, directeur régional de Visa International pour l’Afrique du Nord, de l’Ouest et du Centre. « Entre juin 2006 et juin 2007, les cartes Visa émises par les banques marocaines ont connu une augmentation de 30,64% », selon la management de Visa. Si le Maroc arrive en première position avec 2,5 millions de cartes Visa, la Tunisie, elle, occupe la seconde place avec seulement 600 000 cartes.

La Tunisie qui connaît un développement remarquable dans ce domaine, se prépare à la généralisation d’un autre mode de paiement, à savoir le téléphone mobile. Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Taoufik Baccar a déclaré que les adeptes de ce système (paiement électronique) bénéficieront de nouvelles solutions de paiement via les téléphones mobiles, dont les services seront développés très prochainement, pour toucher toutes les transactions commerciales. Il a précisé que le cadre juridique est en train de se mettre en place en Tunisie pour régir comme il se doit cette activité appelée à connaître une expansion et une prolifération inédites à l’avenir.

Tags: Algérie Dossier Paiement électronique Carte bancaire

Source : InfoSoir

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6 commentaires

  • Paiement électronique en Algérie par Zohra 11 novembre 2010 14:52

    j’ai deux cartes CIB (poste et CPA), depuis déjà longtemps, mais les organismes tels qu’air algérie, magasin, commerçants etc .........ne suivent pas, alors à quoi elles m’ont servi, à rien
    l’état doit en faire une obligation que d’accepter de se faire payer à l’aide d’une carte
    par exemple : air algérie, c’est affiché payement par CIB, mais qd vs présentez la carte, ils vous disent non, la somme est supérieure à 5000 DA, connaissez un seul billet qui coûte moins cher que cela !, alors ??? bon il y a du travail à faire ......

    Par contre, pour les cartes visa délivrées par CPA, cela marche à merveille à l’étranger

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  • Paiement électronique en Algérie par achourelbiar 8 janvier 2011 20:52

    mais s’est du khorti a chaque fois que je veux retire de l’argent dans ces maudit machine je trouve des chose horrible par ex le service est intérempu y a pas d’argent en panne ah non je ne croix pas a ça le gouvernement se moque de nous a l’instant même je vient de consulter la machine de ben aknoun el biar le golf et air de France y a rient

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  • Paiement électronique en Algérie par Talbi 19 mai 2011 18:06

    bonsoir, moi j’ai utilise le systeme TPE,CIB,a l’etranger c’est assez efficace mais je ne crois pas qu’ici en Algerie ca pourrai marcher (peut etre apres une generation) car les traitement monetaires sont assez materiel du point de vue Confiance, de plus nos operateurs ont demontrees une certaine aptitude a ne menager aucun effort pour leurs client, alors immaginez ce détendeur de carte CIB, qui doit payer ses achats et on lui dit simplement que vous pouvez pas on n’a pas de connexion alors qu’il est loin de sa banque et de son foyer en vacance par exemple.............je vous laisse immaginer la suite messieurs les banquiers ...............

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  • VERSEMENT ESPECE par soso 22 mai 2011 20:01

    j’aimerai savoir quel somme peut on verser sur un compte cpa a alger combien de dinard peut on poser sans justification

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  • Paiement électronique en Algérie par imed23 5 juin 2011 13:02

    salam alikoum, sérieusement ! si on veut dévlopper le tourisme dans notre pays on doit employer les gros moyens pour atteindre les objectifs traçé sur la feuille de route gouvernementale, alors tt le monde doit y participé, une trés grande comagne de sensibilisation, avec une opération de maintenance des DAB, et le tour est joué, et soyé sur que le peuple va suivre. merçi

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  • Paiement électronique en Algérie par marni 20 août 2012 05:58

    Ce développement du paiement électronique est très intéressant ! Le paiement electronique ouvre un grand nombre de porte et il est intéressant de s’y pencher plus en avant pour ouvrir le pays au tourisme comme le dit bien imed !

    Cdt Marni

    Nettoyer sa piscine

    Il existe des solutions qui permettent de nettoyer une piscine. Il s’agit des robots piscine qui offre un confort d’utilisation inégalé. Ces robots peuvent être trouvés sur Internet ou en magasin en Algérie comme en France.

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