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Le projet de banque pour la Méditerranée ficelé

30 août 2010

On ne sait pas vraiment où en est l’Union pour la Méditerranée, mais un projet destiné à la structurer, à lui donner du sens, est sur la bonne voie.

En effet, Charles Milhaud a remis hier à Nicolas Sarkozy un rapport plaidant pour une banque euro-méditerranéenne. Ce document sera discuté au prochain sommet de Barcelone en novembre prochain.

Le rapport Milhaud a été rédigé par une commission internationale d’experts sur le financement du co-développement en Méditerranée. Charles Milhaud, ancien président du directoire de la Caisse nationale des Caisses d’Epargne, a travaillé avec une commission composée de dix experts issus des deux rives de la Méditerranée : parmi eux, il y avait Mohamed El Kettani, président directeur général d’Attijariwafa Bank, Abderrahmane Hadj Nacer, ancien gouverneur de la Banque d’Algérie, et le Tunisien Khalil Ammar, PDG de la BFPME.

La Commission de financement du codéveloppement en Méditerranée avait pour mission « d’évaluer la capacité des institutions financières actives dans la région à mobiliser des financements et de proposer des pistes de réforme visant à une plus grande coordination et/ou à un renforcement des instruments existants, dans le cadre des projets de l’Union pour la Méditerranée ».

Selon des sources ouvertes, le rapport présenté à Nicolas Sarkozy a relevé l’insuffisance de financements pour certains secteurs stratégiques, et ce « malgré l’importance des aides octroyées aux pays de la rive Sud et Est de la Méditerranée (près de 20 milliards d’euros par an) ». Il a relevé aussi les difficultés à trouver le financement à long terme des PME et TPE, de même que pour les grands projets régionaux (eau, plan solaire méditerranéen, développement urbain durable).

Sur la base de ces constats, les experts de la commission ont avancé trois possibilités pour créer cette « institution dédiée au financement du co-développement en Méditerranée  ». La première consiste à la création d’une banque de la Méditerranée, via la filialisation des activités FEMIP (Facilités euro-méditerranéennes d’investissement et de partenariat), pilotée par la Banque européenne d’investissement (BEI). Dans ce cas, la BEI serait actionnaire majoritaire de la future banque de la Méditerranée, avec une participation comprise entre 35% et 50%.

Le deuxième scenario est la création ex nihilo d’une banque, ce qui nécessite un capital important. Enfin pour la troisième option, la Commission a suggéré la mise en place d’une petite institution à partir des caisses de dépôts et consignations des pays méditerranéens concernés.

Dans les trois cas de figure, la Commission a insisté sur un point : l’institution méditerranéenne « devra être conforme au principe du co-développement et de la co-responsabilité en associant les pays du Sud au capital et à la gestion. Elle devra recevoir une notation AAA pour pouvoir fournir des financements adaptés ».

Dans l’ensemble, c’est le profil qui avait été dégagé en mai dernier, lors d’une rencontre- débat à Tunis à laquelle participait l’homme d’affaires Charles Milhaud. Cette banque projetée avait été ainsi esquissée : « elle doit se focaliser sur des activités peu ou mal assurées par d’autres institutions, être subsidiaire au secteur privé et ne pas s’y substituer, elle doit être un instrument de transition.

La nouvelle banque devra impérativement être notée AAA et sera axée sur le soutien au secteur privé, à travers notamment l’aide aux financements longs, l’accompagnement des PME dans l’accès au crédit bancaire, le développement des garanties, l’animation des marchés financiers, le soutien aux fonds d’investissement innovants et le transfert de technologie financière par l’assistance technique. Son capital devrait être supérieur à 10 Md euros afin de pouvoir réaliser des engagements annuels de 2 Md euros… ».

Pour Charles Milhaud enfin, il faut doter l’Union pour la Méditerranée d’une « agence financière avec sa propre gouvernance, capable de financer les actions répondant aux besoins des pays de la zone, comme la Banque mondiale vis-à-vis de l’ONU ». Le rapport final remis au président français sera présenté au sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UPM prévu en novembre prochain à Barcelone.

Tags: Algérie France Maroc Tunisie Libre-échange

Source : Le Quotidien d'Oran

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