Le cabinet Shearman & Sterling
LLP France a été désigné pour
faire une estimation de l’opérateur de
téléphonie mobile Djezzy ainsi que
pour l’accompagner dans l’opération
d’acquisition de cette filiale d’OTA.
« L’étude est en cours et prendra fin
avant la fin juin prochain », a déclaré
le ministre des Télécommunications,
Moussa Benhamadi, qui était, hier et
avant-hier, en visite de travail à Sétif
et à Béjaïa. Le cabinet aura un délai
de 100 jours pour accompagner
l’opération d’acquisition, par l’Etat
algérien d’OTA. Le ministre a indiqué
que « les négociations avec Orascom
Telecom Algérie (OTA -Djezzy)
seront entamées dès la présentation
des résultats par le cabinet d’études ».
Début 2010, le gouvernement algérien
avait décidé de racheter la filiale
algérienne (OTA-Djezzy) de l’opérateur
de téléphonie mobile égyptien
Orascom Telecom Holding, qui négociait
alors la vente d’OTA avec des
opérateurs étrangers. Le gouvernement
a fait valoir son droit de
préemption qui lui donne la priorité
au rachat, en cas de cession d’actifs
ou de capital par une société étrangère
activant en Algérie. Mais, le
groupe égyptien conteste la validité
juridique de ce droit de préemption revendiqué par l’Etat algérien. OTH
a affirmé son intention de recourir à
un arbitrage international. « OTH est
libre de faire comme il veut, mais je
suis sûr que cette société qui est cotée
en bourse ne va pas aller à un
arbitrage car cela produirait un effet
négatif », a affirmé M. Benhamadi.
« Pour nous, poursuit-il, c’est clair :
après l’étude, nous procéderons au
rachat de Djezzy. Il n’y aura pas de
procédures internationales. Il y aura
des négociations et nous trouverons
un terrain d’entente avec le partenaire
et Orascom Telecom Holding
(OTH) ». De son côté, le groupe égyptien
ne veut pas céder Djezzy à moins
de 7,8 milliards de dollars, offre présentée
par le groupe égyptien comme
« proposée par le sud-africain
MTN ». La concrétisation de l’acquisition
par l’Etat algérien de Djezzy
est tributaire de quatre conditions.
Le groupe OTH doit, d’abord, assainir
sa situation fiscale (il est redevable
de 17 milliards de DA). La
deuxième condition porte sur le règlement
par Djezzy de sa dette contractée
auprès d’autres entités en
Algérie, dont l’Autorité de régulation
de la poste et des télécommunications
(ARPT) et le règlement de la
situation des travailleurs de la société
de téléphonie fixe dissoute Lacom,
dont les salaires n’ont pas encore été
payés, ainsi que le paiement de ses
dettes envers les autres opérateurs
de télécommunications. La filiale algérienne
d’Orasom Télécom Holding
a fait l’objet d’un troisième redressement
fiscal d’un montant de
230 millions de dollars. OTH avait
déjà fait l’objet de deux redressements
fiscaux d’un montant de 600
millions de dollars, qui ont été recouvrés
fin avril 2010.
Par ailleurs, le ministre de la Poste
et des TIC a annoncé qu’un observatoire
national des postes et des
technologies de l’information et de
la communication (OPTIC), sera
opérationnel au plus tard dans un
mois. Cet observatoire permettra
d’évaluer et de déceler les insuffisances
dans le domaine, en vue de les
améliorer pour la maîtrise des technologies
de l’information et de la
communication. Le ministère des
TIC presse le groupe Algérie télécoms
afin de généraliser l’Internet à
très haut débit dit MSAN (noeud
d’accès multiservice de nouvelle génération)
incluant d’autres services
tels que la télévision et la téléphonie.
Enfin, le ministre des TIC a annoncé
que tous les salariés contractuels
travaillant dans les entreprises
publiques relevant de son secteur
auront des contrats de travail à durée
indéterminée.
Amine L.
Tags:
Djezzy
Orascom Télécom Algérie
Source : Le Quotidien d'Oran