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Algérie : le dispositif d’emploi des jeunes en quête de viabilité économique

1er mars 2011
Algérie : le dispositif d'emploi des jeunes en quête de (...)

L’ouverture politique n’est visiblement pas la réponse du pouvoir algérien aux dernières émeutes et à l’effervescence révolutionnaire qui traverse le Maghreb et le Machrek. Au dernier Conseil de ministres, il a décidé de renforcer un dispositif d’emploi des jeunes, jusque-là, plus social qu’économique.

Aperçu sur un dispositif censé résoudre la question du chômage des jeunes dont une proportion de plus en plus importante est faite de diplômés.

La colère de la rue algérienne est venue rappeler entre le 5 et le 8 janvier dernier l’ampleur du processus de marginalisation et d’exclusion d’une grande partie de la jeunesse du pays. Les chiffres officiels sous-estiment largement un phénomène porté par la lame de fond d’une transition démographique tardive qui draine chaque année plus de 600 000 jeunes sur le marché du travail. Les décisions adoptées le 22 février en Conseil des ministres constituent pour l’essentiel une extension des dispositifs existants dont les résultats, loin d’être négligeables, n’ont cependant pas infléchi de façon sensible les taux de chômage relevés chez les jeunes Algériens. On relèvera au passage que les critiques adressées aux dernières décisions gouvernementales par certains représentants du patronat ne sont pas toujours fondées puisque les employeurs bénéficieront notamment des dispositions sur la réduction des charges patronales dont 80% sont désormais prises en charge par l’Etat. Les patrons privés tireront également profit, ainsi qu’ils l’ont déjà fait au cours des dernières années, de l’extension des dispositifs de prise en charge par l’Etat des rémunérations des jeunes diplômés recrutés dans le cadre des contrats de pré-emplois.

DU TRAITEMENT SOCIAL…

Confrontée à la médiocrité des performances de l’économie algérienne en matière de création d’emplois, la stratégie des pouvoirs publics emprunte dans ce domaine et depuis un peu plus d’une décennie, 3 canaux essentiels. Le premier est la création d’emplois de fonctionnaires qui atteint en moyenne un peu plus de 50 000 postes au cours des dernières années. Le traitement social du chômage est le deuxième levier actionné par l’exécutif .C’est le domaine où la « créativité » des gestionnaires de ce dossier s’est exercée avec le plus d’ingéniosité. Les dispositifs relatifs aux « emplois d’attente » à savoir l’emploi saisonnier d’intérêt local (Esil), les travaux d’utilité publique à haute intensité de main-d’oeuvre (Tup-Himo) et l’Indemnité pour activités d’intérêt général (IAIG), permettaient au cours des dernières années de faire bénéficier les 200.000 jeunes employés chaque année dans ce cadre d’une rémunération mensuelle équivalente au salaire minimum. Les dernières décisions adoptées par le Conseil des ministres portent sur l’extension de 9 à 12 mois des contrats de travail relatifs aux emplois d’attente. La création des contrats de pré-emploi (Dispositif d’aide à l’insertion professionnelle et Contrat de travail aidé) à des objectifs plus ambitieux.

Situé à la frontière entre le traitement social et le traitement économique, ce dispositif mis en place depuis quelques années prend partiellement en charge les salaires des jeunes diplômés primo demandeurs d’emplois pendant une période pouvant aller jusqu’à 3 ans. Un dispositif bien assimilé par les employeurs du secteur privé qui ont recruté dans ce cadre plus de 20 000 jeunes diplômés en 2010. Le Conseil des ministres du 22 février a également étendu dans ce domaine la durée des subventions en abandonnant par ailleurs le principe de leur dégressivité.

… AU TRAITEMENT ÉCONOMIQUE

Le volet économique de cette stratégie est le seul qui sollicite les institutions financières du pays ; essentiellement les banques publiques. La pierre angulaire en est l’Agence nationale de promotion de l’emploi de jeunes. Créée en 1997, l’Ansej présente un bilan non négligeable. Plus de 140 000 microentreprises créées en 13 ans générant près de 400 000 emplois. Entre 2008 et 2010, le nombre de projets soutenus par l’Ansej, qui a fusionné entre-temps avec un mécanisme dépendant de la caisse algérienne de chômage (CNAC), a plus que doublé, passant de 10 000 à 22 000. Les dernières décisions ramènent l’apport personnel au niveau symbolique de 1 ou 2% du montant de l’investissement contre 25% il y a encore quelques mois. De création plus récente l’Agence nationale de gestion du microcrédit (ANGEM) présente un bilan plus modeste d’un peu plus de 26 000 crédits octroyés avec le concours de la BADR désigné comme son partenaire exclusif. Le gouvernement a relevé substantiellement le montant des crédits accordés par l’ANGEM en le faisant passer de 30 à 100 000 dinars pour l’acquisition de matières premières et de 400 000 à 1 millions de dinars pour l’acquisition de petits équipements.

Au total, un ensemble d’actions et de mécanismes qui en dépit de la diversité des instruments et de l’ampleur des moyens financiers mobilisés ont jusqu’ici peiné à contenir l’ampleur du phénomène du chômage des jeunes Algériens. Une proportion croissante de ces derniers se présente sur le marché du travail munie d’un diplôme et ne trouve pour exutoire qu’un secteur informel qui représenterait selon les estimations entre 20 et 40% de la population occupée en Algérie.

PAR YAZID TALEB

Tags: Algérie Travail Chômage Jeunesse

Source : Le Quotidien d'Oran

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3 commentaires

  • c bien ce qui se fait mais reste a faire bcp de chose ,comment on peut donner 10 millions da a quelquen qui ne c est jamais specialiser ou passer par un mettier que se soit industriel ou autre par exemple ou qui n a ni de diplome ni au moins un tout petit peu de savoir faire dans le domaine de finance ou d gerance,(sinon les accompagner ).a mon avis modeste bien sur la reouverture des usines et fabriques et des grand societes etatique fera au moins 50% de la solution a executer tant que l argent sera debourser la ou ailleur il faudrait bien qu il sert a un bon plan,comme c bien temps qu on aprennes pa a la generation mentente cette montalite d individualisme et regionalisme etc....et de laisser a chacun sa chance de travailler de parler de dire la verite de connaitre ses droits et de les faire valoir.

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  • je suis tombé sur cette page web au cours de recherches sur le thème du pré emploi en Algérie. je trouve qu’il y’a beaucoup de choses qui se font en Algérie en ce moment, il y’a même des choses bien, la conjoncture pétrolière mondiale y est favorable. mais tout est désorganisé, désorienté, détourné de son contexte. il faut laisser faire les gens capables. qui ont des idées, qui sont formés pour avancer. il faut appeler ceux qui ont vu ce qui se fait ailleurs venir apporter leur savoir au pays, il faut rappeler tous ces milliers d’étudiants algériens, dispersés aux quatre coins du monde, venir apporter leur contribution à l’édifice.
    vous pouvez valider ce message ou pas, c’était juste une pensée matinale

    Répondre à ce message


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