Dans son rapport sur la situation des droits
de l’homme dans le monde rendu public,
hier, l’ONG américaine Human Rights
Watch a maintenu sa note négative à l’égard
de l’évolution de la situation en Algérie.
Human Rights Watch rejoignant d’ailleurs
les militants des droits de l’homme en Algérie
pointe directement la permanence d’un
Etat d’urgence, instauré en 92 et renouvelé
par décret pour une durée indéterminée. Les
arguments des responsables algériens selon
lesquels cet état d’urgence est nécessaire pour
les seuls besoins de la lutte contre le terrorisme
sont très clairement rejetés par une ONG
qui y voit un moyen pour le pouvoir algérien
de restreindre les libertés publiques. Pour Human Rights Watch, dont les rapports sont
très lus, cet état d’urgence est davantage
qu’un dispositif sécuritaire. Il a créé un « cadre
propice à des restrictions généralisées pesant
sur la liberté d’expression, d’association
et de réunion ». Cet état d’urgence, dont la
levée est une des revendications de l’opposition
et des militants des droits de l’homme,
entraine une persistance en 2010 de « violations
généralisées des droits humains ».
Human Rights Watch relève également que
« l’impunité générale » reste de mise pour les
« forces de sécurité et les groupes armés » en
rapport avec les méfaits commis dans les années
90. Tout en relevant que les groupes
armés ont continué à mener des « attaques
meurtrières » mais « à moindre échelle qu’au
cours des années précédentes », Human Rights
Watch insiste particulièrement sur les limitations
aux libertés.
Si les médias audiovisuels contrôlés par
l’Etat « proposent la retransmission en direct
des sessions parlementaires », ils ne diffusent
« presqu’aucune émission critique sur les politiques
gouvernementales ».
L’IMAGE D’UN PAYS FERMÉ
Les journaux privés bénéficient d’une plus
grande liberté mais vivent sous la menace
des « lois répressives sur la presse et leur dépendance
vis-à-vis des revenus de la publicité
du secteur public limitent leur liberté de
critiquer le gouvernement et l’armée ».
Quant à la liberté de manifester, elle est réduite
à néant à Alger où un décret de 2000
interdisant les manifestations est toujours en
vigueur. HRW relève que les petits rassemblements
silencieux organisés chaque semaine
par SOS Disparu(e)s ont été dispersés en
août dernier tandis que les réunions des organisations
de droits de l’homme sont empêchées.
L’ONG américaine cite à cet effet le
refus d’autoriser la Ligue algérienne de défense
des droits de l’homme (LADDH) de
tenir son congrès national les 25 et 26 mars
dans un lieu public de la banlieue d’Alger.
Le rapport 2011 sur les droits de l’homme
dans le monde de Human Rights Watch dresse
en définitive de l’Algérie l’image d’un pays
fermé, verrouillé, où les droits à l’expression
et à la réunion sont bafoués. Une note négative
pour reprendre les évaluations des agences
de notation économique.
Salem Ferdi
Tags:
Algérie
Droits de l’homme
Source : Le Quotidien d'Oran