La relance de l’exploration à laquelle Sonatrach veut
consacrer 2 milliards de dollars par an entre 2011
et 2015 ne donnera pas de grands fruits avant la fin
de la décennie. Le développement de nouveaux gisements
de pétrole et de gaz découverts les dernières années devient
pressant. Il accapare la part du lion dans la feuille de route
de 50 milliards de dollars de la compagnie nationale
au cours des cinq prochaines années. Revue des projets.
Bien que son image soit ternie
par un scandale sans précédent
dans l’histoire économique
du pays, Sonatrach veut tourner
la page. La première entreprise
du Maghreb cherche à rebondir
dès 2011. En effet, son plan de développement
2011-2015 réserve
70% de ses investissements à
l’amont », a confié un responsable
de Sonatrach. Soit plus de 30 milliards
sur une enveloppe globale
de 50 milliards de dollars. Elle
compte intensifier ses efforts d’exploration
: « Nous allons doubler
nos investissements dans l’exploration
au cours des trois prochaines
années », avait annoncé en
septembre dernier Noureddine
Cherouati, le PDG de Sonatrach.
Il s’agit dans cette feuille de route
de ramener à 2 milliards de dollars
par an les investissements en
matière d’exploration. Ceci afin de
faire face à l’essoufflement des gisements
de gaz et de renouveler
ses réserves d’hydrocarbures à la
fois pour les besoins locaux à
moyen long terme et ses engagements
à l’exportation.
LA PART DU LION
AUX GISEMENTS GAZIERS
La part de lion dans ce nouveau
programme est affectée
au développement de nouveaux
gisements de pétrole et de
gaz. Il s’agit, tout d’abord, de développer
les nouveaux gisements
de gaz du Sud-Ouest. Les projets
les plus avancés dans le Touat et
le Gourara sont en partenariat
respectivement avec Gaz de France,
Total et Cepsa. Leur mise en
service est prévue en 2013-2014.
Le gisement de l’Ahnet, en association
avec Total, lui, entrera en
production en 2015. Nouveauté,
Alnaft, l’agence nationale pour la
valorisation des ressources en hydrocarbures,
s’apprête à accorder
son feu vert au développement en
partenariat, avec Repsol, du gisement
de Reggane nord dont le niveau
d’extraction serait de 2 milliards
de mètres cubes par an.
Ces quatre gisements du Sud-
Ouest inclus, devraient produire
au total 12 milliards de mètres
cubes de gaz par an. En attendant
la mise en service des gisements
de Ba Hamou en association avec
BG et Hassi Mouina avec Statoil,
dont le feu vert pour leur développement
n’est pas encore accordé.
Le Sud-Est, avec un plus grand
potentiel, ne sera pas en reste. Il
est attendu au cours de la période la fin des travaux de développement
des champs de Rhourde
Nouss- Gassi Touil dont l’objectif est
de produire au total 6 milliards de
mètres cubes/an de gaz. Ces quantités
sont destinées à alimenter le
nouveau train de GNL d’Arzew.
A l’issue d’un tel programme Sonatrach
pourrait voir sa capacité
de production en partenariat croître
de 20 à 30 milliards de mètres
cubes par an, si la production de
plateau du gisement géant de Hassi
R’mel est maintenue. Ce renfort
ne sera pas négligeable en termes
de revenus dans un contexte
de marché pressenti beaucoup
plus favorable à l’échéance de
2014 – 2015, celui de l’éclatement
de la bulle gazière qui scotche actuellement
le prix du million de
BTU à moins de 5 dollars sur le
marché spot.
LE GISEMENT
D’EL MERK POUR TIRER
LA PRODUCTION
DE PÉTROLE
Dans l’amont pétrolier, la
pression sur les réserves
semble beaucoup moindre.
L’objectif des autorités du secteur
n’est plus de rechercher des niveaux
de production de brut dépassant
les 1,5 milliard de barils/
jour. La croissance de la production
sera tirée par le développement
de projets en partenariat. Le
plus grand projet à ce jour est incontestablement
le développement
du pôle pétrolier d’El Merk d’une
capacité de production de 108 .000
barils/jour principalement avec
l’américain Anadarko. De moindre
importance mais néanmoins non
négligeable, les gisements de brut
de Touggourt, de la Zone de Ledjmet
(dans deux périmètres situés
dans le bassin de Berkine), en partenariat
respectivement avec Petrovietnam,
Conoco Philips et Eni
entreront en production avec un
niveau d’extraction de respectivement
35.000 barils/jour et 30.000
barils/jour chacun pour les deux
derniers. La croissance de la production
de pétrole en partenariat
sera d’au moins 200.00 barils/
jour à l’issue de la période.
La feuille de route ne prévoit pas
des investissements massifs dans
l’aval. En effet, l’Algérie n’a pas
encore arbitré entre les projets pétrochimiques
programmés dans
ses plans antérieurs. Une révision
du programme pétrochimique est
attendue. En revanche, y figurent
ses investissements dans la rénovation
de ses raffineries : plus de
4 milliards de dollars.
SALIM DALI
Tags:
Sonatrach
Exportation
Hydrocarbure
Source : Le Quotidien d'Oran