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Dossier

Fortunes éphémères du capitalisme algérien

5 juillet 2010

La règle 51/49% en matière de répartition du capital entre Algériens et étrangers dans les investissements productifs ne sera pas changée par la loi de finances complémentaire 2010.

Les yeux rivés sur les 4 investissements réalisés en 2009, certains avaient pensé, « rationnellement », que l’on allait réviser la mesure. C’est en réalité oublier que les gouvernements algériens n’ont pas l’habitude de changer si vite et d’admettre qu’ils ont peut-être fait fausse route. Comme dans d’autres domaines, on ira « jusqu’au bout… »… C’est ainsi ! Mais le gouvernement pourrait essayer – comme le lui suggèrent des spécialistes – d’améliorer l’emballage de sa politique économique et cesser de la présenter comme un acte de défiance préventif contre l’éventuel partenaire étranger… Deux cimenteries qui sont toujours en Algérie passées, dans une pure logique capitaliste, de mains égyptiennes à des mains françaises, méritent-elles que l’on paraisse si abrupt à l’égard d’investisseurs potentiels si bien accueillis dans le voisinage ? L’emballage d’une politique ou d’un produit, c’est une affaire sérieuse. Il ne faut pas croire que les investisseurs potentiels vont comprendre de facto que le marché algérien est très important. Non, ceux-là, avant de venir, liront les rapports des services économiques de leurs ambassades et quelques rapports d’organisations internationales sur le climat des affaires… Ils n’écouteront pas des ministres algériens disant leur « foi » que le marché algérien est si juteux que les investisseurs ne pourront que venir… Apprenons donc à vendre et à soigner l’emballage.

C’est basique. Il est vrai aussi que cela ne suffit pas. Même le « nationalisme économique  » ne peut se contenter d’édicter ce qu’il ne veut pas s’il n’a pas une idée claire de ce qu’il veut et où il va. Le naufrage silencieux du complexe Tonic Emballage en est un exemple concret. On n’a pas voulu que l’imprudente banque publique qui a accordé le gros crédit donne un large échéancier au propriétaire mais on ne sait pas pour autant ce qu’il faut faire de l’investissement. Devant le risque d’une dégradation irrémédiable de l’outil de production, il ne faut pas attendre un avis du FMI pour agir… Le nationalisme économique dans lequel nous sommes officieusement ne semble avoir ni contenu, ni emballage… Les optimistes attendront encore la LFC 2010, les désabusés hausseront les épaules et passeront Tonic Emballage, comme Khalifa avant lui, dans la case des infortunes d’un capitalisme algérien familial et trop dépendant…

SALIM RABIA

Djilali Hadjadj, de l’Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC)
La note IPC de l’Algérie est « un signe de haut niveau de corruption »

En 2009, l’Algérie se classait à la 111ème position – sur 180 pays - dans l’Indice de Perception de la Corruption (IPC) établi par l’ONG Transparency International. Cela correspond à une note de 2,6 sur 10. Selon toute vraisemblance, le classement pour l’année 2011 sera tout aussi désastreux, affirme Djilali Hadjadj, porte-parole de l’Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC), membre de Transparency International.

La régression de l’Algérie dans le classement de l’IPC au cours des dernières années est assez préoccupante. Pour vous, quel portrait pouvez-vous nous brosser du phénomène de la corruption aujourd’hui ?

Une note inférieure à 3 sur 10 implique forcément un haut niveau de corruption à l’intérieur des hautes sphères des institutions étatiques. Que ce soit l’organe législatif, exécutif ou bien judiciaire, les institutions publiques algériennes sont gangrenées par la corruption aujourd’hui. Il n’y a qu’à prendre par exemple la non-application, à ce jour, du processus de déclaration du patrimoine défini par la loi 06/01 du 20 février 2006. La complexité de ce texte – des catégories de déclarants et des niveaux de gestion des déclarations sont assez difficile à comprendre – complique davantage la tâche à une réelle volonté politique d’appliquer les lois déjà existantes de lutte contre la corruption.

Rappelons que l’Algérie a ratifié en 2004 la Convention des Nations unies contre la corruption et adopté la loi de 2006 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption. Là également, on constate que la mise en place d’une Agence gouvernementale contre la corruption prévue par cette loi n’est toujours pas concrétisée. De même pour la Convention de 2004 où l’on perçoit un réel désengagement de l’exécutif algérien, voire même une opposition officielle, à la mise en place de mécanismes internationaux de suivi de son application.

On le voit donc, les exemples ne manquent pas pour illustrer une insuffisante prise en charge de ce problème. Plus grave encore : cette situation inquiète de plus en plus nos partenaires européens et américains qui se préoccupent de l’ampleur que prend ce phénomène et, surtout, de l’absence de réelles initiatives de la part des autorités algériennes. Je ne vous apprends rien en vous disant que les relations économiques avec des opérateurs étrangers peuvent être largement compromises par un climat de corruption généralisée.

L’application des lois contre la corruption n’est donc toujours pas effective…

Absolument ! Il n’y a qu’à constater le nombre alarmant de scandales de corruption dans les opérations économiques et financières d’entreprises étatiques. Tout le monde a à l’esprit l’affaire Sonatrach, par exemple. Mais ce n’est pas la seule, il en existe plusieurs autres. Je pense notamment au secteur des travaux publics – l’autoroute Est/Ouest – ou bien à celui de la pêche. Sans parler des poursuites judiciaires contre les walis de Blida et d’El Tarf qui sont demeurées à ce jour, au point mort. C’est tout de même aberrant que la Cour suprême devienne un lieu de blocage judicaire.

Toutes ces affaires sont finalement le résultat de règlements de compte. Récemment, à l’occasion des sommets du G20 et du G8, le Président Bouteflika a lancé un cri d’alarme sur l’état de la criminalité et de la contrebande en Afrique. Un paradoxe quand on pense à l’état d’inertie des politiques menées pour venir à bout de ces fléaux ici même en Algérie.

Le fameux Observatoire national de surveillance et de prévention de la corruption, institué en 1996 par l’ancien président Liamine Zeroual, est-il la dernière tentative ?

Pour en revenir à la mise en place de l’Agence de prévention et de lutte contre la corruption, inscrite dans la loi de 2006 et toujours en attente d’être mise en service, la directive adressée par le Chef de l’État à son Premier ministre, Ahmed Ouyahia, en décembre 2009, prévoit plutôt la création de deux instances distinctes, et non pas seulement une seule entité qui serait chargée, à la fois, de prévenir et de lutter contre la corruption. Cette directive prévoit en effet la création d’un « Observatoire de prévention de la corruption » et d’une « Agence de répression de la corruption  ». Il semble a priori incompréhensible que l’on décide de l’instauration d’un observatoire de prévention de la corruption sans apporter des modifications à la loi de 2006 et annoncer préalablement la décomposition de « l’organe » en deux entités. C’est là un manque de rigueur qui illustre l’absence de cohérence et de volonté politique pour mener de front une lutte efficace contre la corruption.

Comment vous accueillez la récente demande initiée par le député Ali Brahimi et parrainée par 24 autres de ses collègues de créer une commission d’enquête parlementaire sur le phénomène de la corruption ?

Ce genre d’initiative est évidemment à saluer et à encourager. Je soutiens à tout point de vue le développement de ce dossier. Habitués à être désavoués par l’ensemble des citoyens algériens, à travers cette démonstration, les députés de l’APN font montre de beaucoup de courage. Je mets tout de même un bémol quant à la concrétisation réelle de cette commission.

En effet, je ne me fais pas beaucoup d’illusion quant à l’adoption par l’ensemble de la classe politique d’un tel projet. De même que pour la lettre instruite par Ahmed Ouyahia et diffusée sous forme de circulaire qui fait état, entre autres, de l’implication de certains cabinets d’étude étrangers dans des pratiques contraires à la loi et à la morale publique. C’est à la fois un bilan complet du phénomène de la corruption en Algérie que dresse le Premier ministre, mais également des questionnements pertinents qu’il soulève sur son évolution. C’est un signe encourageant dans la lutte contre la corruption. Néanmoins, il aurait été beaucoup plus constructif d’en faire une déclaration publique plutôt que de communiquer sous forme de directives aux opérateurs concernés.

La contrefaçon reste une activité vigoureuse et… juteuse en Algérie

Depuis l’ouverture au libéralisme, les Algériens se sont découvert une « vocation » : commercer. Dans les normes ou en dehors des normes. C’est dans l’informel – en général – que fleurit, depuis bientôt deux bonnes décennies, le commerce des produits de contrefaçon. Faux sac Chanel, faux costume Pierre Cardin, fausses lunettes Rayban ou faux logiciel Microsoft, la liste est longue.

Allez dire au boutiquier du rez-dechaussée d’une villa blockhaus qui pirate des logiciels et les revend qu’il s’agit d’une contrefaçon répréhensible et vous serez vite éconduit sans avoir le temps d’expliquer quoi que ce soit. C’est une tendance lourde. On vous rétorquera, avec un sourire entendu, que les grandes nations d’aujourd’hui comme le Japon, les USA ou la Chine, ont construit leurs économies en commençant par copier ce que produisaient les autres. C’est vrai, à condition de sortir de la copie et de créer et d’apporter de la valeur ajoutée. En Algérie, on se livre à cet exercice depuis deux décennies au moins sans que nos génies locaux aient pu générer un plus ou stimuler une industrie particulière.

Lorsque Microsoft est arrivé à Alger, il a corroboré ce que lui avaient signalé les services de l’ambassade américaine, à savoir que le piratage dominait le marché des logiciels. La première équipe installée n’a pas attaqué le problème frontalement. Elle a consulté les autorités et s’est attelée à traiter le problème d’abord au niveau des grandes entreprises, elles aussi – comme la Sonatrach, par exemple – touchées par le phénomène. Elle les a convaincus d’installer des logiciels d’origine. Ensuite, la maison de Bill Gates a essayé de sensibiliser les consommateurs algériens. Sans résultat perceptible. Il semble que pour toute sorte de logiciels, la situation ne s’est pas considérablement améliorée puisque un rapport de l’année dernière de Business Software Alliance (BSA) estimait à 84% le taux de piratage des logiciels en Algérie. Vendu entre 100 et 200 dinars en moyenne, avec un investissement maximum de 50 dinars, le créneau est juteux. Le même phénomène s’étend à la musique et aux films repiqués à tour de bras.

L’ALGÉRIE, BIEN CLASSÉE

De temps à autre, les services de police, dans l’Algérois font des descentes dans des magasins, saisissent des produits informatiques et numériques contrefaits et interpellent des commerçants. L’étendue du phénomène est telle que l’option répression, si tant est qu’elle soit efficace, ne paraît pas la plus opportune. On songerait à sensibiliser tous les acteurs de ce marché. Leur faire prendre qu’un renoncement à la contrefaçon, dont le piratage, aura un impact sur l’économie car cela poussera à la production localement, donc à la création d’emplois et procurera des recettes fiscales.

Ce discours, sans relais médiatique, ni soutien constant des services du commerce et des finances notamment, demeure sans impact. On est comme impuissant face à cette situation. Résultat : l’Algérie a été classée à la troisième place, en 2009, d’une liste rouge de onze pays dite « de surveillance prioritaire » de la contrefaçon. Après la Chine et la Russie, l’Algérie serait le pays qui lutte le moins contre la contrefaçon dans le monde, conclut un rapport annuel, élaboré par les services du Représentant au Commerce international (USTR), un organisme américain qui établit, depuis 21 ans, ce classement « infamant  ». Pour 2009, l’USTR place derrière l’Algérie, l’Argentine, le Canada, le Chili, l’Inde, l’Indonésie, le Pakistan, la Thaïlande et le Venezuela. Curieusement, cet organisme fait l’impasse sur l’Italie et certains pays des Balkans. Dans les faits, l’Algérie ne reste pas les bras croisés. Sur son site, la direction des douanes fait dans la pédagogie basique. Elle rappelle la définition légale de la contrefaçon. « La contrefaçon est un délit consistant à porter atteinte sous quelque forme que ce soit aux différents droits de la propriété intellectuelle, qu’il s’agisse des brevets d’inventions, des marques, des dessins et modèles, des appellations d’origine et indications de provenance, des droits d’auteurs et droits voisins ».

Les douanes algériennes soulignent que pour « les Etats en développement le non respect des droits de la propriété intellectuelle génère un environnement non favorable à l’installation des investisseurs étrangers dans ces pays qui connaissent un recul du niveau d’investissements. » A côté du discours, les douanes ont mis au point, en accord avec les entreprises concernées, un système d’alerte à la contrefaçon.

LE FILTRE INEFFICACE

Depuis le début 2010, pas moins de sept marques contrefaites sont signalées sur le marché local. Parmi elles, « Braun » une marque allemande d’appareils électroménagers ainsi que « Silk – Epil », tous deux appartenant à la société BRAUN GMBH. Tout peut faire l’objet d’une contrefaçon, même une marque de thé. C’est le cas de la marque de thé vert « Empereur - Al Imbrator  », appartenant à la société « El Fettouh  », dont le siège est à Oran. Celle-ci signale qu’une contrefaçon est commercialisée sur le marché.

Depuis, au moins 2008, la législation a donné les outils nécessaires à la lutte contre ce phénomène mondial. Ainsi les douanes peuvent s’autosaisir ou être saisies par des entreprises détentrices de droits et brevets pour des interventions sur le terrain. Récemment, Henkel, l’entreprise allemande spécialisée dans la fabrication de détergents et produits d’entretien en Algérie notamment le réputé Isis, a été victime de la contrefaçon de ses produits phares, comme Nadhaf, Isis liquide vaisselle et en poudre. La même situation a été constatée chez l’Enad, l’entreprise nationale spécialisée aussi dans la fabrication de détergents, notamment pour son eau de Javel. Les produits de ces deux entreprises étaient fabriqués clandestinement dans une villa à Bordj El-Kiffan, par un groupe de cinq personnes.

Détergents, shampoings, pièces détachées d’automobiles, lunettes de soleil, sacs de luxe, costumes de grande marque, ces produits et bien d’autres inondent les artères commerciales de presque toutes villes d’Algérie. Ils sont, en général, importés de pays asiatiques. Qui dit importation, dit entrée sur le territoire, autrement dit le filtre n’est pas efficace. Pour ne pas dire autre chose. Tant que la source ne sera pas tarie ou réduite à sa plus simple expression, ce commerce illégal et informel, très rémunérateur, se poursuivra.

Dans le Maghreb des banques, les marocaines affichent leur avance

Les banques du Maghreb qui affichent des performances contrastées se portent plutôt bien dans un contexte économique régional qui a peu ressenti les contrecoups de la crise mondiale. Les systèmes bancaires de l’Algérie, le Maroc et la Tunisie évoluent dans des contextes économiques nettement différenciés. L’économie algérienne reste déterminée par les exportations d’hydrocarbures et des investissements infrastructurels massifs financés sur le budget de l’Etat tandis que les économies marocaines et tunisiennes sont tirées par des secteurs privés plutôt dynamiques et attirent bien plus d’investissements directs étrangers.

Le système bancaire marocain a réalisé en 2009 un résultat net remarquable de l’ordre de 9,3 milliards de dirhams (un peu plus d’un milliard de dollars) selon les chiffres de la Banque Al Maghrib (Baque centrale), soit une progression de 6% par rapport à 2008. Le crédit a, également, repris en 2010, avec une hausse de 12% à fin février, contre 9% en 2009, selon la Banque centrale du Royaume, qui considère que le niveau des créances en souffrances en 2009 (environ 5%) est « acceptable  ».

Le système bancaire marocain est très concentré autour de sept à huit opérateurs qui font le marché. Ce secteur s’est beaucoup développé et modernisé ces dernières années grâce aux mesures de régulation, notamment l’instauration de ratios prudentiels forts et aux performances, aujourd’hui en recul, du secteur de l’immobilier. L’accent mis sur la qualité des personnels et la formation porte ses fruits. Le point faible des banques marocaines réside néanmoins dans l’insuffisant développement de l’épargne à long terme.

TUNISIE : RÉDUCTION DU VOLUME DES CRÉANCES NON PERFORMANTES

De son côté, le système bancaire tunisien qui pâtit d’un marché de taille restreinte a globalement réussi à réduire l’important volume des créances non performantes qui plombaient les bilans des banques. La part des créances en souffrance a baissé entre les deux années de référence et ce, en passant de 23,6% en 2004, à 13,2% en 2009. Le taux de couverture de ces créances par les provisions a connu une croissance continue, passant de 45,1% en 2004, à 58,3% en 2009. La part des créances classées du total des provisions bancaires est passée de 14,5% en 2004 à 6% en 2009.

Les banques du pays évoluent dans un contexte de vive concurrence rude exacerbée par l’exiguïté croissante d’un marché réparti entre 20 banques commerciales. La rentabilité des banques contraintes d’effectuer d’importants provisionnements, en est bien sûr particulièrement affectée. Les dépôts de clientèle, principale ressource des banques tunisiennes, connaissent une amélioration nette mais la gamme relativement restreinte des produits d’épargne constitue un handicap dans la mesure où leurs revenus sont très impactés par les fluctuations des taux d’intérêts. Les marges d’intérêts constituant pour de nombreuses banques la principale composante de leur produit net bancaire (PNB, chiffre d’affaires des banques).

UN MARCHÉ ALGÉRIEN SOUS-BANCARISÉ

En Algérie, l’apparition de nombreuses enseignes de banques étrangères – essentiellement françaises – n’a pas beaucoup entamé la domination du secteur public sur un marché largement sous-bancarisé. Les banques publiques en état de surliquidité structurel depuis plusieurs années peinent à se moderniser et à améliorer leur offre de crédits et à diversifier la gamme de produits. La critique est particulièrement véhémente de la part du patronat et du secteur privé en général. Selon une récente étude de la Banque Mondiale, l’Algérie est classée au 135ème rang en matière d’octroi de crédit bancaire. La moyenne de la part financée par les banques publiques dans les projets d’investissement ne dépasse pas les 30%. Un niveau plutôt faible qui ne permettra sans doute pas d’atteindre l’objectif gouvernemental de création de 200.000 PME entre 2010-2014.

Le classement des banques maghrébines réalisé par African Banker confirme une hiérarchie déjà établie par des précédentes études. La prééminence régionale des institutions financières marocaines semble établie. Ainsi pour Jeune Afrique Economie, dans son classement des 10 plus grandes banques africaines en termes de crédit en 2008, la première banque du Maghreb est ATTIJARIWAFA BANK, classée au sixième rang, immédiatement suivie par le Crédit Populaire du Maroc et de la BEA (Banque extérieure d’Algérie). Aucune banque tunisienne ne parvenant à s’insérer parmi les dix premiers.

LA BEA, AU TOP TEN GRÂCE AU CLIENT SONATRACH

La concentration de la BEA, banque de Sonatrach, dans le secteur des hydrocarbures explique pour une large part sa performance. Le marché marocain bénéficie d’un maillage bancaire plus resserré et d’une croissance économique tirée par l’agriculture, le tourisme et des PME qui jouent un rôle croissant.

Selon African Banker, avec total d’actifs de 105,7 milliards de dollars, les banques marocaines devancent les cinq banques publiques algériennes (81,3 milliards $ d’actifs) et surclassent leurs homologues libyennes (31,2 milliards $ d’actifs pour deux établissements) et tunisiennes (4,4 milliards $ pour une seule banque, la Société tunisienne de banque ‘STB’, classée dans le Top 15). Même constat au plan des résultats. La performance marocaine est d’autant plus remarquable quand elle est rapportée aux bénéfices nets cumulés des 30 premières banques classées par African Banker. Les huit premières banques marocaines représentent environ 54 % du total. Elles sont suivies par les huit premières banques algériennes avec 722 millions et les banques tunisiennes pour 302 millions de dollars.

Selon l’Union des Banques Maghrébines (UBM), le réseau bancaire marocain est le plus dense avec 2.632 agences, soit 51% de l’ensemble, suivi de l’Algérie avec 1.131 agences et de la Tunisie avec 1.102 agences. Rapporté à la taille du marché, le réseau algérien est le moins développé de la région. En termes de bancarisation, l’Algérie compte une agence pour 31.000 habitants, le Maroc une agence pour 12.540 habitants et la Tunisie qui se place en première position compte une agence pour 9.530 habitants.

Au plan continental, les banques maghrébines malgré l’amélioration globale de leurs indicateurs restent éloignées des volumes des banques sud-africaines qui ne sont suivies que de très loin par la seule National Bank of Egypt. Il est vrai qu’autant que les dimensions des économies concernées, la concentration bancaire joue un rôle dans la taille des institutions.

Tags: Algérie Dossier Economie

Source : Le Quotidien d'Oran

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