Plus de 30 artistes français, en majorité des réalisateurs et producteurs, sont venus spécialement de France pour
soutenir l’avant-première de Hors-la-loi, jeudi à 18h, à la salle El Mouggar à Alger
Parmi les invités les plus importants,
on cite notamment
Costa Gavras et sa femme Michelle,
qui avaient produit le film Mon
Colonel, Djamel Bensalah, auteur de
Il était une fois dans l’oued, le producteur
Richard Djoudi et Philipe
Faucon qui avaient notamment
produit et réalisé la Trahison, à cela
s’ajoute l’inamovible Jacques
Verges, le cinéaste Amor Hakar, le
producteur de Cartouche Gauloises,
Salem Brahimi, ou encore Yasmina
Adi, auteure notamment du fameux
documentaire l’Autre 8 Mai 45. Il y
avait également de nombreux intellectuels,
producteurs, scénaristes
et auteurs français, qui avaient
notamment signé la lettre de soutien
à Bouchareb dans le quotidien
le Monde.
Tous invités par la ministère de
la Culture, Khalida Toumi, qui a
tenu à mettre le paquet pour
récompenser un film qui avait
redonné au cinéma algérien ses
lettres de noblesse dans les
concert des nations du cinéma.
Plus qu’une avant-première, c’est
une véritable démonstration de
force politique et cinématographique
de l’Algérie après la campagne
médiatique acharnée de la
France contre le film Hors-la-loi lors
du Festival de Cannes.
Le tout en présence de
quelques figures révolutionnaires
du pays, à l’image de l’héroïne de la
Bataille d’Alger, Zohra Drif. Dans le
camp politique, seule Louisa
Hanoune a tenu à assister à cette
avant-première spéciale. Mais la
plus grande attraction de la soirée
à la salle El Mouggar, c’était incontestablement
Djamel Debouzze et
toute l’équipe de Hors-la-loi,
(Roshdy Zem, Bernard Blancand,
Samir Gasmi, Chafia Boudraâ ou
encore Mustapha Djemdjam et
Ahmed Benaïssa), seul Sami
Bouadjila était absent pour cause
de tournage.
Le comédien franco-marocain,
Djamel Debouzze, a pris avec philosophie
le fait que l’Algérie lui ai
refusé deux fois le visa, déclarant
qu’il a bien fait d’attendre. Très sollicité
et toujours disponible, il avait
échappé à la foule, accompagné
d’une discrète protection rapprochée
pour se promener dans et
découvrir pour la première fois de
sa vie les belles ruelles d’Alger.
PROCHAINE ÉTAPE :
LES OSCARS
Mais l’objectif réel de la projection
du film Hors-la-loi à Alger, c’est
d’inscrire avec cette date de projection
le film aux Oscars pour la
course du meilleur film étranger en
mars 2011, a avoué le producteur
et associé Jean Bréhat.
Selon le règlement de
l’Académie des arts et science des
Oscars, le film qui postule pour la
candidature pour l’Oscar du
meilleur film étranger doit être présenté
dans le pays candidat à l’inscription,
même si ce n’est pas le
pays du producteur majoritaire ou
la langue étrangère parlée dans le
film. Ce qui fait que le réalisateur
Rachid Bouchareb a choisi d’inscrire
le film Hors-la-loi au nom de
l’Algérie aux Oscars, comme pour
Indigènes en 2008 et Poussière de vie
en 1995. Des voix vont encore
s’élever contre ce choix du réalisateur
et producteur algérien qui a
choisi la voix du coeur de la patrie à
celle de la raison artistique et productrice
d’un pays. D’ailleurs, l’une
des craintes de la production, c’est
la sortie du film le 22 septembre
prochain en France. Le film risque
de faire l’objet d’une énième
contestation de la part de l’extrême
droite et des partisans de
l’Algérie française.
Mais malgré les pressions politiques
et médiatiques, le film a été
présenté avec succès au Festival de
Cannes. Après la projection tant
attendue au palais du festival, le
réalisateur répondra avec son équipe
et ses producteurs à toutes les
attentes des journalistes, mettant
ainsi un terme à plus de trois
semaines de cabale médiatique
française, alors que le film n’avait
même pas été présenté à la presse.
Une audace artistique et politique
qui a valu au réalisateur d’être écarté
du palmarès, alors que sa présentation
a reçu un accueil royal,
ponctué par un standing ovation
de 15 mn.
L’Algérie, qui aspire à revenir sur
la scène cinématographique internationale,
a tenu à produire ce film
à hauteur de 20%, soit environ 4
millions d’euros (plus de 40 milliards
de centimes), sur un financement
global du film qui a atteint les
19,5 millions d’euros, partagé entre
la France, la Belgique et la Tunisie.
Avec cette avant-première à
Alger, l’Algérie est sur le point
d’être nominée une nouvelle fois
aux Oscars, puisque avec un oscar
gagné en 1969 avec Z, de Costa
Gavras, et 3 nominations pour le
Bal, d’Ettore Scola, Poussières de vie
et Indigènes, de Rachid Bouchareb,
elle se classe à la 15e place des
pays oscarisés et nominés juste
derrière la Russie.
Selon la production, une nouvelle
campagne sera bientôt menée
pour empêcher Hors-la-loi de se
présenter pour les Césars du cinéma
français, mais Rachid
Bouchareb ne semble pas intéressé,
puisque, selon toujours les
mêmes sources, son film sera présenté
dans d’autres festivals internationaux
: Dubaï, Marrakech,
Toronto, Sundance. Rachid
Bouchareb a de toute façon gagné
son pari, celui de présenter un
grand film sur la Révolution algérienne
au palais des Festivals à
Cannes, le plus grand rendez-vous
international du cinéma dans le
monde, attirant tous les projecteurs
de la planète sur la fresque
colorée et dramatique de la guerre
d’Algérie, et devenant plus connu
et célèbre que celui qui a remporté
la Palme d’or en 2010.
ADLENE MELIANI
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Source : Liberté