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Un son doux de chez nous

Le Malouf, musique classique algérienne

23 juin 2004

Le Malouf est une musique classique algérien héritière de la Musique arabe, basée sur un système de 24 Noubates, qui sont les règles théoriques et inchangées depuis la fin du IXème siècle, ces noubates se sont maintenues grâce à une tradition orale dans laquelle mélisme, et autres ornementations, restent difficiles à symboliser par le système de notation emprunté à l’Occident.

Cette musique c’est implanté dans la culture de plusieurs grandes villes du Maghreb, Fez, Tlemcen, Alger, Constantine, Tunis, Annaba…

Basée sur des mélodies, elle a subie les influences des régions où elle était perpétuée, trois grandes écoles se sont distinguées celle de Tlemcen (se revendique de Grenade), celle d’Alger (se revendique de Cordoba), et enfin celle de Constantine (se revendique de Séville). Le mot Malouf vient du mot arabe MAALOUF (habitué), qui signifie habitué à la tradition, ou plus précisément ; fidèle à la tradition, Et l’un de ces fidèles est Cheikh Raymond

Cheikh Raymond :

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Cheikh Raymond

« Raymond Leyris avait 48 ans lorsqu’il fut assassiné le 22 juin 1961, d’une balle dans la nuque, sur le marché de Constantine. Le musicien était le symbole de cette ville. Elle comptait alors 40.000 Juifs sépharades, près de la moitié de sa population. Symbole du mariage des cultures occidentales et orientales, Raymond Leyris était né d’une Bretonne et d’un juif sépharade, adopté par une famille juive modeste. »

« C’est de ce rocher et de cette musique que Raymond était emblématique. Et comme le Pont suspendu, symbole de la ville, passerelle entre ses rives aux contours déchiquetées, Raymond était un lien entre les communautés juive et musulmane que l’histoire était en train de séparer. Figure charismatique de la culture traditionnelle constantinoise, il était une notabilité révérée par les deux communautés. Ses concerts hebdomadaires à la radio puis à la télévision locale vidaient les rues de la ville. A l’instar de Cheikh Bestandji, son maître, Raymond était un symbole et, à ce titre, il n’était ni juif ni musulman. Il était Cheikh Raymond, c’est tout ! » ©Liberté-Algérie

Hadj Mohamed Tahar Fergani, le maître absolu

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Hadj Mohamed Tahar Fergani

De son vrai nom Reganni, fils de Cheikh Hamou, célèbre chanteur de hawzi, il est né le 9 mai 1928 à Constantine. Epaulé par son frère Abdelkrim, il s’initie à la broderie, un métier très prisé dans sa ville natale, puis, à l’âge de 18 ans, il décide de se consacrer entièrement à sa vocation première qui est la musique. Il débute comme joueur de fhel (petite flûte) dans l’orchestre d’Omar Benmalek, avant de se tourner vers le genre charqi (oriental, d’inspiration égyptienne) au sein de l’association Toulou’ el Fadjr (l’aurore). Sa voix chaude et puissante impressionne dans l’interprétation de chansons d’Oum Kalthoum ou de Mohamed Abdel Wahab. Un peu plus tard, après s’être essayé au style hawzi (populaire des faubourgs de Tlemcen), sur les conseils avisés du fameux Cheikh Hassouna Amin Khodja, il s’oriente vers le malouf, le genre, d’origine andalouse, le plus enraciné à Constantine, mais également à Annaba, à Tunis et à Tripoli, dont son père lui enseignera les bases essentielles.

En 1951, à Annaba, il se fait remarquer à un concours musical, dont il remporte le premier prix, et, dans la foulée, enregistre un premier album qui l’impose, à la fois, comme chanteur populaire et maître du malouf. Au contact des grands maîtres de l’arabo-andalou algérien, tels Dahmane Ben Achour ou Abdelkrim Dali, il perfectionne son art, parvenant à maîtriser le répertoire des trois écoles : l’algéroise et sa sana’a, la tlemcénienne avec son gharnati et, bien sûr, la constantinoise avec son malouf plus vif qu’ailleurs.

Primé en plusieurs occasions et honoré tant sur le plan national qu’international, Hadj Tahar Fergani demeure l’une des références majeures et l’invité incontournable de toutes les manifestations culturelles où la qualité artistique prime sur l’effet de mode. Son sens mélodique aigu, son génie sans pareil dans l’improvisation, la richesse de son style, sa virtuosité dans le maniement du violon, tenu à la verticale, et son audace à dépasser ses limites ont fait école et, pour lui, c’est la plus belle des récompenses pour une aussi longue carrière, encore en mouvement.

Hamdi Benani, le chantre annabi

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Hamdi Benani

Le représentant et le meilleur ambassadeur du Malouf el-annabi, né le 1er janvier 1943 à Annaba, quatrième ville d’Algérie, dont saint Augustin fut l’évêque, il montre très tôt des aptitudes pour le chant, avec les encouragements de son oncle, musicien de feu Mohamed El Kourd. A 16 ans, il remporte un premier prix de la chanson, mais ce n’est qu’en 1963 que sa carrière de musicien et chanteur se concrétise publiquement. En effet, un récital au théâtre d’Annaba, où il interprète le classique "Ya bahi El Djamel" lui ouvre les portes de la reconnaissance et du grand public et de ses pères. Sa ténacité, sa détermination et son acharnement au travail feront le reste et le hisseront au niveau de ses illustres aînés comme Hadj Fergani, Hassen El Annabi et Abdelmoumène Bentobbal.

Celui que l’on surnomme « l’ange blanc », en raison de la couleur de son violon, a su apporter du changement et un souffle neuf à un genre, le malouf, qui gagne, ainsi, en dynamisme et en vivacité avec ses "Adala ya adala", "Mahbounati".

Tags: Musique Cheikh Raymond Hadj Mohamed Tahar Fergani Hamdi Benani Malouf

Source : El-annabi.com

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