Dernière mise à jour : samedi 5 juin 2010


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La France informe l’Algérie sur un blanchiment d’argent

Une nouvelle affaire éclabousse le P-DG de l’ex-BCIA
jeudi 17 avril 2008.

Une nouvelle affaire vient enfoncer Ahmed Kharroubi Ahmed, P-DG de l’ex-banque commerciale et industrielle d’Algérie (BCIA). Il s’agit, cette fois, d’une affaire de blanchiment d’argent.


Les autorités algériennes ont été informées par leurs homologues françaises de cette affaire de blanchiment d’argent dans laquelle une douzaine de personnes sont accusées, dont le P-DG de l’ex-BCIA et trois de ses enfants. C’est sur la base de ces informations fournies par les autorités françaises qu’une enquête préliminaire a été menée en Algérie. Les informations fournies par les autorités françaises, des membres de la famille Kharroubi, ont tenté de blanchir de l’argent en tentant de transférer des sommes d’argent en devises de l’ex-BCIA, après la décision de la dissolution de cette banque, vers d’autres banques françaises.

Les autorités françaises évoquaient des « opérations financières douteuses sur le sol français ». C’est ainsi, et selon ces informations, K.K., fille du P-DG de l’ex-BCIA, a tenté d’ouvrir un compte bancaire auprès de Ing bank à Paris, avec tentative de dépôt de deux chèques, l’un d’une valeur de 200 000 euros, comptabilisé sur un compte bancaire au nom de l’ex-BCIA ouvert auprès de cette banque, et le deuxième d’une valeur de 376 530 euros, appartenant à un compte ouvert auprès de la banque Bia, à Paris. La banque française a refusé la demande de cette fille du P-DG de l’ex-BCIA, relative à l’ouverture de ce compte bancaire.

L’instruction judiciaire a révélé que Ahmed Kharroubi a signé un chèque, le 11 août 2003, sans libeller la valeur et que la valeur de 202 590 euros y a été inscrite par sa fille K.K. le 22 août 2003. Le dossier relatif à l’instruction cite que les services de Ing Bank ont reçu, le 27 août 2003, une demande de Ahmed Kharroubi pour le transfert d’une somme de 61 000 euros du compte bancaire de l’ex-BCIA au bénéfice de sa fille K.E. ouvert auprès de la banque CAIDF. Cette demande a été refusée par cette banque puisque cette demande est venue après la décision de dissolution de l’ex-BCIA gérée par Ahmed Kharroubi.

Une douzaine de personnes sont poursuivies par la justice dans cette affaire. Il s’agit de Ahmed Kharroubi, considéré comme étant en état de fuite, sa fille S.H.K., considérée comme étant en état de fuite, son fils B.K., incarcéré, sa fille K.K., considérée comme étant en état de fuite, A.A., incarcéré pour une autre affaire, B.F.A., incarcéré pour une autre affaire, T.L.F., en liberté, E.N., en liberté, M.N., en liberté, A.S., en liberté, A.R., en liberté, et M.A.K., fils de Ahmed Kharroubi, considéré comme étant en état de fuite.

Il est reproché par la justice à ces membres de la famille Kharroubi d’avoir tenté de transférer à leurs comptes des sommes d’argent appartenant à l’ex-BCIA après la dissolution de cette banque. Ce qui constitue un délit vis-à-vis de la loi. Ils sont poursuivis par la justice pour blanchiment d’argent.

Le gérant de la société baptisée « Fawatihe et Nabia », E.N., est accusé par la justice d’avoir transféré la somme de 22 867 euros vers le compte bancaire de M.A.K.

Auditionné par le magistrat en charge de l’affaire, il a rejeté l’accusation relative à « participation au blanchiment d’argent », déclarant qu’il ignorait l’existence de cette opération financière. Il a ajouté qu’il n’a pas libellé un chèque bancaire, avec cette somme au bénéfice de M.A.K. Auditionné par le magistrat, M.E.N., membre gestionnaire dans cette société, a annoncé qu’il ignorait, lui également, l’existence du transfert de cette somme en devises au nom de cette société au bénéfice de M.A.K. Auditionné par le magistrat F.T.L. gérant de la société DIPREL, dont le siège se trouve à Relizane, spécialisé dans la distribution de produits hygiéniques et de beauté, a rejeté l’accusation portée à son encontre et a annoncé qu’il a été chargé par son associé F.B.A. d’ouvrir un compte bancaire auprès de l’agence d’Oran de l’ex-BCIA, ajoutant qu’il n’a effectué aucune opération bancaire auprès de cette banque.

Auditionné par le magistrat, A.W. a rejeté l’accusation, attestant qu’il a libellé un chèque bancaire au bénéfice de M.A.K. d’une valeur de 10 000 euros pour payer une dette. Il a ajouté qu’il ne connaît pas H.K., fille de Ahmed Kharroubi, qui a reçu ce chèque bancaire dont la valeur financière a été transférée vers son compte bancaire, estimant que le frère de cette dernière, M.A.K., aurait éventuellement effectué une opération financière en sa faveur. Auditionné par le magistrat, B.F.A., incarcéré pour une autre affaire, a rejeté les faits qui lui sont reprochés, attestant qu’il est le gérant de la société « Fawatihe et Nabia », avec E.N. et M.E.N.

Il a reconnu avoir libellé un chèque bancaire d’une valeur de 150 000 francs français au bénéfice du compte bancaire de M.A.K. ouvert à l’agence bancaire de la Société Générale de Toulon, ajoutant qu’il était endetté de cette somme auprès de lui. Auditionné, A.H., qui a rejeté l’accusation, a attesté avoir libellé un chèque bancaire d’une somme de 40 000 euros au bénéfice de M.A.K., en contrepartie de transactions commerciales.

Le procès de cette affaire est programmé pour se tenir le 20 du mois en cours au tribunal de Bir Mourad Rais. La mise en liquidation de la BCIA a été effectuée sur décision de la commission bancaire 08/2003 du 21 août 2003.

Par M. Abi — Le Jour d’Algérie

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