Dernière mise à jour : samedi 5 juin 2010


.::Annonce::..

JO de Pékin : la farce du boycott


dimanche 13 avril 2008.

On peut ne pas apprécier la politique du pouvoir chinois, mélange hybride et impérial, qui a conservé le pire du communisme et s’acharne à intégrer le pire du capitalisme.


On peut condamner la politique de destruction sociale d’Hu-Jintao et de ses prédécesseurs qui ont détruit des services publics essentiels comme la santé et l’éducation gratuite, condamné près de 200 millions de personnes à un exode incertain des campagnes vers les villes. On peut s’indigner des multiples violations des droits démocratiques : syndicalistes exécutés, minorités brimées, des régions entières maintenues dans la misère la plus noire... On peut également penser que le pouvoir chinois, qui tolère ou encourage la formation de nouvelles élites fortunées avec le degré de corruption que cela soutend, n’est pas à l’abri dans les années qui viennent à de violents soubresauts sociaux et politiques. On peut enfin s’étonner de la bizarrerie archéologique que constitue aujourd’hui le Parti Communiste chinois, fort de 60 millions de membres (quasiment autant que la France compte d’habitants), traversé de multiples courants, mais qui conserve pieusement la totalité des pouvoirs administratifs, politiques, économiques, culturels dans ses seuls mains.

LE TIBET, POSSESSION CHINOISE DEPUIS LE XIIEME SIECLE

Tout cela est bien vrai. Mais on peut également être consterné de constater que ce tableau, certes un peu noir de la situation, n’ait pas été fait par les autorités olympiques, les pays et l’opinion publique occidentale, il y a huit ans. En attribuant à la Chine, la responsabilité d’organiser les Jeux Olympiques de 2008, les différents acteurs de ces choix subtils n’ignoraient pas que ce pays-continent ne pouvait se transformer que très progressivement. Ne nous y trompons pas, le choix des capitales olympiques est l’objet d’infinies tractations entre les grandes puissances. Et le Comité international olympique (CIO) est surtout là pour avaliser et recueillir les formidables prébendes du sport business international plutôt que défendre les idéaux de Coubertin. Assez donc de tartufferies et que les gouvernants assument leurs responsabilités ! On voit ainsi Mme Hillary Clinton prier Georges Bush de boycotter la séance d’inauguration. On voit Nicolas Sarkozy affirmer gravement qu’il « n’écartait aucune décision » ? Billevesées !

Oui mais, rétorquent à juste raison les défenseurs des Droits de l’Homme, comment ignorer le sort fait aux droits fondamentaux du peuple chinois et des différents peuples qu’ils oppriment ? Bonne question, mais tardive.

Il faut également, quitte à rebrousser le poil de tibetophiles acharnés, rappeler quelques évidences historiques et géopolitiques. La Chine, à la suite de l’instauration du pouvoir mongol sur Pékin, règne sur le Tibet depuis le XII° siècle. Soit cinq siècles avant le rattachement de la Bourgogne au Royaume de France (1678) et six siècles avant que Nice et la Savoie rejoignent l’Hexagone (1860).

Durant toute cette longue période, le Tibet était une province chinoise, gouvernée en délégation par un pouvoir politico-religieux, qui a donné la longue tradition des Dalaï-lama ou Panchen Lama.

Au cours du XIXème siècle, l’empire chinois subit une véritable agression impérialiste, son territoire étant investi de multiples manières par les puissances de l’époque. Le plus bel épisode fut, rappelons le, l’exigence armée de marchands français et anglais pour obtenir des concessions afin de diffuser librement dans la vaste Chine, l’opium provenant des Indes. Magnifique oeuvre de civilisation.

Dans la 2ème moitié du XIXème siècle et au début du XXème, la Russie et la Grande-Bretagne s’affrontent sur le contrôle de l’Asie centrale. Londres cherche à prendre possession du Tibet à partir de sa colonie indienne. En 1904, le colonel Francis Younghusband écrase dans le sang une résistance tibétaine artisanale. Il semble que peu de manifestants à Londres cette semaine se souviennent de cet épisode peu glorieux.

La Chine reprit possession du Tibet en 1908, situation qui perdura jusqu’à l’instauration de la République de Chine en 1911. De 1911 à 1950, retour des troupes du nouveau pouvoir chinois, le Tibet fut l’objet de diverses convoitises, les différents Dalaï-lamas qui se succèdent, cherchant à gagner l’indépendance de leur pays. La Guerre de 1914 vit ainsi la Conférence de Simla, réunissant Tibet, Grande-Bretagne et Chine reconnaissant un « Tibet extérieur » sous suzeraineté chinoise. Mais Pékin ne parapha jamais le texte. En 1942, alors que la Chine était sous occupation japonaise, le pouvoir tibétain autoproclama l’indépendance. Les troupes chinoises arrivèrent en 1950 dans le Haut Pays.

Il ne s’agit pas ici de contester la volonté d’indépendance du peuple tibétain, et encore moins ses fortes aspirations à une autonomie politique, linguistique, culturelle et religieuse. Mais il ne faut pas en revanche considérer que les relations sino-tibétaines commencent avec l’invasion en 1950 du pays par les troupes de l’Armée populaire chinoise.

56 NATIONALITES EN CHINE

Du côté de Pékin, on voit évidemment l’affaire de sa fenêtre : le Tibet est une province chinoise depuis neuf siècles. C’est un territoire grand comme deux fois la France, peu viable économiquement, peuplé selon les démographes pékinois de 5 millions d’habitants dont 2,3 seraient non tibétains, c’est-à-dire chinois. Les Tibétains en exil contestent ces statistiques et avancent une population tibétaine de cinq millions de natifs. Ils ont certainement raison mais quel écart vertigineux avec le 1,3 milliard d’habitants recensés en Chine !

Ce dernier pays est par ailleurs composé de nombreuses régions avec des populations non chinoises. La République populaire de Chine reconnaît en son sein l’existence de 56 nationalités, autres que les Hans (les Chinois) à qui le pouvoir communiste reconnaît seulement l’autonomie linguistique et culturelle. Dans de grandes régions, outre le Tibet, comme le Xinjiang (ex-Turkestan chinois) où dominent les Ouigours, de langue turque et de religion musulmane, la province du Qinghai, la Mongolie extérieure, le Heilongjiang, du Yunnan, existent des cultures souvent très majoritairement non-chinoises.

Le problème ? Ces régions faiblement peuplées représentent près de 60 % du territoire national chinois ! On comprend donc que le pouvoir pékinois, qui n’est déjà pas exempt d’une certaine faculté à la paranoïa, campe sur des positions radicale en matière d’unité nationale. D’autant que la Chine se voit encerclée par des grandes puissances comme l’Inde (qui soutient la cause tibétaine), la Russie qui a permis la scission de la Mongolie et l’indépendance de la Mongolie extérieure, le Japon ex-occupant et, par-delà de l’Océan Pacifique, les Etats-Unis qui ont armé militairement dans les années 50 un certain nombre de maquis nationalistes, surtout au Tibet.

Le nationalisme chinois renaissant n’est en aucun cas une excuse au sort fait à des minorités nationales. Mais là encore le consensus international ne doit pas aller à hue et à dia.

Il y a une dizaine d’années, les grandes puissances occidentales ont fait le pari que la réforme du marché chinois allait aboutir progressivement à une démocratisation relative de la société chinoise. Ces processus bien que balbutiants sont à l’oeuvre. Ils sont d’abord de la responsabilité du peuple chinois. Celui-ci, comme toutes les populations, n’acceptera pas longtemps d’oeuvrer à une croissance de 6 à 8 points l’an depuis une décennie, sans bénéficier des retombées économiques et démocratiques que cela soutend. Redevenue grande puissance internationale, la Chine a déjà largement permis une croissance économique forte de la zone asiatique et a largement facilité la résolution de dossiers internationaux difficiles comme la question de la Corée du Nord. Demain, elle pourra faciliter le dossier iranien ou les difficiles relations indo-pakistanaises.

Dans une période stratégiquement délicate et à l’heure où l’économie internationale se prépare à une vaste crise, faut-il vexer inutilement le partenaire chinois, surtout quand on sait que demain, les gouvernants et les grandes entreprises feront le voyage de Pékin pour y solliciter appuis et commandes de contrats juteux ? Hypocrisie !

BRUXELLES ET LA MARIANNE

Les hasards de la vie m’ont donné quelques responsabilités dans la tenue d’une réunion importante de l’Hexagone, la tenue des premiers « Etats-Généraux de la Philatélie », sous l’égide de la Poste française. N’étant pas philatéliste moi-même, je n’étais pas peu fier de la fonction qui m’était donnée !

J’y ai pu constater une nouvelle fois les effets dévastateurs et inattendus du dogmatisme néo-libéral. Explications : le timbre fait partie des outils symboliques d’une nation au même titre que le drapeau, l’hymne, la monnaie. Jusqu’à aujourd’hui, l’Etat décidait par décret chaque année des quelque 80 nouveaux timbres que réalisait l’administration postale. Le timbre servait d’outil de paiement et montrait à la population française et à l’étranger, la richesse du patrimoine historique, culturel ou touristique français.

Patatras ! Bruxelles décide de libéraliser le marché postal. Ce qui sera fait le 1er janvier 2011 dans toute l’Europe. Hélas, dans le fourmillement des textes, directives, règles édictés par la Commission européenne, on a bêtement oublié le fameux décret de l’Etat français qui n’a plus vraiment de fondement juridique. En un mot, la célèbre Marianne en a pris bêtement un bon coup sur le nez ! Seigneur ! Protégez-nous des bureaucrates fous, surtout quand ils sont Européens.

Le Quotidien d’Oran

Retour à l'Accueil

 

 

.::Actualité::.

A la Une
Société
Economie
Sports
Science/Tech
Culture
Tourisme
Santé
Nationale
Chroniques
Monde
Bône Infos
Evenement

.::Annaba et +::.

Historique
Récit sur Annaba
Maghreb forum
Annaba-chat
Hôtel à Annaba
Annaba vidéo
Annaba photos
Infos pratiques

.::ART::.

El-Malouf
Le Raï
Le Rap Algérien

.::Algérie::.

Villes d'Algérie
Associations
Web Algérien
Medias algérien

.::Webmaster::.

Votre site
Contact
Plan du site

.::Sites Amis:.

Rap Algérien
Cheb Hasni
 


Powered by El-annabi © 2004, 2006