Dernière mise à jour : samedi 5 juin 2010
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Ils les invitent à « jouer leur rôle en tant que pays garants de la paix dans le monde ». Dans un entretien réalisé par El Khabar, le ministre a évoqué le dossier du Sahara et ses prévisions sur le vote du Conseil de sécurité au sujet du rapport de Ban Ki-moon prévu la semaine prochaine, et le plan de paix sahraoui alors que les Marocains évitent l’organisation d’un référendum d’autodétermination.
El Khabar : Comment évaluez-vous le rapport du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon paru depuis quelques jours sur le conflit du Sahara occidental ?
Abdelkader Messahel : Je pense que la recommandation n° 47 incluse dans le rapport, et qui évoque des négociations entre les deux parties en conflit et le principe d’autodétermination au Sahara occidental, constitue un point de départ pour une solution véritable et juste à la question, ce qui ne représente pas la position de l’Algérie mais celle des Nations unies.
Le rapport s’appui sur trois propositions très importantes, la première est la tenue de négociations directes entre le Maroc et le Front Polisario sans préavis, la seconde consiste à résoudre le conflit de minière à ce qu’il soit accepté par tous, et la troisième stipule que les négociations se tiennent afin de préparer l’autodétermination.
Le rapport demande à l’Algérie et à la Maurétanie d’être des partenaires lors des négociations, suivant le cadre où elles ont eu lieu en 1996 sous le patronage de James Baker. Ici le rôle de l’Algérie est apparent dans la question du retour des réfugiés qui atteignent 160 000 personnes établies dans les campements de Tindouf. Mais le rapport n’a pas été totalement approuvé par certaines grandes puissances dont les voix pèseront lors du vote sur le rapport le 27 avril prochain.
Après la parution du rapport, il s’est avéré que la France et les Etats-Unis ont adopté une position alignée sur l’option marocaine, par la voix de responsables du palais de l’Elysée et du Quai d’Orsay (France) et du secrétariat d’Etat américain aux affaires étrangères.
L’Algérie rappelle à ces deux pays qu’ils sont responsables de la préservation de la sécurité dans le monde, et il est étrange que les déclarations des responsables de ces deux pays sortent de la légitimité internationale, c’est pourquoi nous leur demandons de jouer leur rôle en tant que deux pays qui oeuvrent au respect des chartes des Nations unies, vu qu’ils sont deux membres permanents du Conseil de sécurité, qui a, à plusieurs reprises, appelé au respect du principe d’autodétermination dans le Sahara occidental.
Pour nous, la question du Sahara occidental est une affaire de décolonisation dans cette partie du monde et pas une affaire d’autonomie comme le prétend le Maroc. Elle est inscrite à l’agenda des Nations Unies comme une question de décolonisation. Quant à la situation finale des territoires sahraouis, c’est au peuple sahraoui d’en décider à travers un référendum d’autodétermination.
El Khabar : Le Front Polisario a proposé un plan de paix pour le Sahara occidental, comment l’évaluez-vous ?
Abdelkader Messahel : Les Sahraouis ont le droit de proposer une initiative pour régler le problème, puisqu’ils sont une partie dans le conflit. Ce qui est intéressant dans le document, c’est que les Sahraouis sont prêts à accepter le résultat du référendum.
C’est une donnée importante qui reflète leur engagement à accepter les règles du jeu quels que soient les résultats du référendum. Plus que ça, les Sahraouis donnent des garanties au voisin marocain, basées sur le bon voisinage, dans le cas d’un vote en faveur de l’indépendance.
El Khabar : Les Marocains évitent sciemment l’option du référendum, prétextant qu’il est dépassé, et objectivement inapplicable, pourquoi Rabat a-t-elle peur du libre choix des Sahraouis ?
Abdelkader Messahel : La référence du règlement du conflit du Sahara occidental est le plan de M. James Baker, qui insiste sur le fait que les Sahraouis sont maîtres de leur destin, mais cela n’empêche pas le Maroc de défendre et de propager la position qui le sert sans soumettre la partie en conflit, à savoir le Polisario, à aucun plan. En d’autres termes, le Maroc peut défendre l’option de l’autonomie dans le cadre d’une campagne de sensibilisation au référendum, et s’il réussi à convaincre les Sahraouis de son point de vue, grand bien lui fasse.
Pour notre part, depuis la signature par le Front Polisario et le Maroc d’un accord de cessez-le-feu en 1991, nous avons réclamé la mise en vigueur de l’autodétermination, et nous invitons les Nations unies, le Conseil de sécurité et les parties concernées, y compris la France, à respecter ce principe consacré par le rapport de Ban Ki-moon qu’a approuvé l’Algérie. Mais en même temps, nous ne pouvons décider à la place des Sahraouis.
El Khabar : La présidence allemande de l’Union européenne s’est montrée favorable à un règlement du conflit sur la base des documents des Nations unies, cela ne reflète-il pas une volonté européenne afin de sortir du siège français imposé au Sahara occidental ?
Abdelkader Messahel : L’Union européenne a une position responsable car elle a délimité le règlement du conflit dans le cadre de la légitimité internationale, et le respect des résolutions des Nations unies, et cela conduit au rapprochement des positions sur la nécessité d’organiser des négociations directes entre les deux partis en conflit, sous l’égide des Nations unies.
El Khabar : Comment prévoyez-vous la recommandation générale du conseil de sécurité sur le rapport de Ban Ki-moon, prévue la semaine prochaine ?
Abdelkader Messahel : Un débat préliminaire a au lieu le 20 avril entre les membres du conseil de sécurité à propos du rapport, et selon des sources proches, la majorité des membres ont répondu, fortement, en faveur du rapport du secrétaire général des Nations unies.
El Khabar : Vos regards seront portés le 27 avril sur le vote du conseil de sécurité sur le rapport, cela coïncide avec le début de la campagne électorale pour les législatives du 17 mai, auxquelles vous vous êtes présentés dans les rangs du FLN, à la tête de la liste d’El Bayedh. Quelle événement va le plus focaliser votre attention ?
Abdelkader Messahel : Le dossier du Sahara passe par une phase déterminante et c’est l’un des dossiers les plus importants pour l’Algérie, en tant que pays voisin des parties en conflit, cela nous oblige à suivre continuellement cette question et les autres questions de paix et de stabilité dans la région.
C’est pourquoi ce dossier suscite le plus mon intérêt, comparé à d’autres questions en ma qualité d’Algérien, mais cela ne signifie pas que je néglige mon devoir en tant que candidat aux échéances législatives, et je vais rejoindre mes camarades de liste, sur le terrain, dès le premier jour suivant le vote sur le rapport de Ban Ki-moon.
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